‹ La kabbaleChapitre 129 sur 224 · ET LA CLASSIFICATION DES OUVRAGES QUI S'Y RAPPORTENT · texte numérisé non relu

ET LA CLASSIFICATION DES OUVRAGES QUI S'Y RAPPORTENT

Celui qui, pour la première roiï=, aborde l'étude de la Kabbale, ne saurait trop être renseigné sur la place exacte qu'il faut attribuer aux ouvrages purement kabbalistiques, comme le Seplier Jesirah et le Zohar, par rapport aux autres traités se rapportant à la tradition hébraïque.

Ainsi l'on sait généralement qu'on trouve dans la Kabbale l'exposé des règles théoriques et pratiques de la Science Occulte; mais on a peine à discerner le rapport existant entre le texte sacré proprement dit et la tradition ésotérique.

Tous ces embarras proviennent de la confusion qui s'établit dans l'esprit dès qu'il faut classer les immenses compilations hébraïques parvenues jusqu'à nous.

Nous allons faire nos efforts, dans Texposé suivant, pour établir une classification aussi claire que possible des divers ouvrages ayant pour objectif de fixer la tradition orale.

Il n'existe pos, à notre connaissance du moins, un travail assez complet, résumant en un ou plusieurs tableaux les données techniques complétées par une sérieuse bibliographie.

On trouvera à la fin de notre étude la liste des ouvrages modernes dans lesquels nous avons puisé pour notre exposé et l'on |)Ourra se rendre compte, en se reportant à ces ouvrages, de la diKiculté que nous avons rencontrée dans cette tâche. C'est pourquoi nous ne sommes pas sûr d'avoir encore épuisé définitivement cette question, et nous sommes tout prêt à roconnaitre les faut(,'s que nous

puurriuns avoir commises dans cet exposé, si quelqu'un de plus auU»risé que nous veut bien nous les signaler.

Tous ceux qui sont un peu au courant des choses d'Israël «avent qu'à côté de la Bible il a, sinon toujours, du moins depuis un temps très reculé, existé une tradition destinée à mettre à même certaine classe d'initiés d'expliquer et de comprendre la Loi (la Thorah).

Cette tradition, transmise presque uniquement par la voie orale pendant de longues années, portait sur plusieurs points différents :

1° Il y avait d'abord tout ce qui concernait le corps tnafériel de la Bible. De même que nous verrons au moyen âge cerlaines corporations posséder des règles strictes et tenues cachées pour la construction des cathédrales, de même, la construction de chaque exemplaire rie la Bible hébraïque était soumise à des règles fixes, constituant une paille de la tradition;

2° Il y avait de plus tout ce qui concernait Vesprit du texte sacré. Les commentaires et les interprétations portaient sur deux grandes parties: d'un côté la Loi, l'ensemble des règles qui déterminent les rapports sociaux des membres d'Israël entre eux, entre les voisins et entre la Divinité ; d'un autre côté la Doctrine secrète, l'ensemble des connaissances théoriques et pratiques grâce auxquelles on pouvait connaître les rapports de Dieu, de l'Homme et de l'Univers.

Corps du texte sacré, partie législative de ce texte et partie doctrinale, telles sont les trois grandes divisions qui font de la tradition ésotérique un tout complet formé de corps, de vie et d'esprit.

Lorsque, suivant le commentaire placé en tête du SepherJesirah, « vu le mauvais état des affaires d'Israël », il fallut se décider à écrire les divers points de cette tradition orale, plusieurs grands ouvrages prirent naissance, destinés à transmettre chacun une partie de la tradition.

Si l'on a bien compris ce qui précède, il sera on ne peut plus facile d'établir une classification claire de ces ouvrages.

Tout ce qui avait rapport au corps du texte, les règles concer- lALc^i liant la manière de lire et d'écrire la Thorah (la Loi), les considérations spéciales sur le sens mystique des caractères sacrés, tout cela fut tixé dans la Massora ('ou Mashore).

Les commentaires tradilionnels sur la partie législative de la lAtc^ Thorah formèrent la Misu.\a, et les additions faites ultérieurement à ces commentaires (correspondant à notre jurisprudence actuelle) formèrent la Gemarah (ou Gemmare). La réunion de ces deux frac- %jjf^ lions de la partie législative en un seul tout forme le Talmud. «y Voilà pour la partie législative.

La Doctrine secrète comprenait deux divisions, la théorie et la prati^ue^ échelonnées en trois degrés : un degré historique, un degré social, un degré mystique.

L'ensemble des connaissances renfermées dans ces deux divisions V /Q constitue la Kabbale proprement dite.

La partie théorique seule de la Kabbale a été fixée par l'écriture et surtout par l'impression. Cette partie théorique comprend deux études: 1° celle de la création et de ses lois mystérieuses (Bkrescuit), /n^ résumée dans le Sep her^Jesira h ; 2° celle, plus métaphysique, de Vessence divine et de ses modes de manifestation, ce que les kab- V^ balistes appellent le Char céleste (Mercavah), résumée dans le Zohar.

La partie pratique de la Kabbale est à peine indiquée dans quelques manuscrits épars dans nos grandes collections. A Paris, la Bibliothèque Nationale en possède un des plus beaux dont l'origine est attribuée à Salomon. Ces manuscrits, généralement connus s>v sous le nom de clavicules, ont servi de base à tous les vieux grimoires qui courent les campagnes {Grand et Petit Albert, Dragon rouge et Enchiridion) ou à ceux qui poussent les prêtres à l'aliénation mentale par la sorcellerie [Grimoire d'Honorius).

Nous allons entrer dans quebiues détails au sujet de chacun des ouvrages dont nous venons de parler; mais auparavant, résumons ce qui précède en un tableau qui permettra de tout embrasser d'un coup d'œil.

fafi-2

* os

es

fa

TJ

Page 1