PREMIÈRE SECTION
Des semences, comprenant onze chapitres.
1° De la prière et de la bénédiction journalière; 2° du coin de champ appartenant au pauvre; 3° des fruits dont on refuse la dîme, comment il faut en user; 4" des hétérogènes ou des animaux qui ne doivent pas être accouplés; des semences qu'on ne doit point mêler ensemble dans la terre; des fils qu'on ne peut tisser ensemble; 5° des rapports de l'année sabbatique ; 6° des présents faits au prêtre ; 7° de la dîme des lévites; 8° de la seconde dîme que doit fournir le propriétaire à Jérusalem; 9° des cuisines des prêtres; 10° de la défense de manger des fruits d'un arbre pendant les trois premières années; 11° des prémices, des fruits qu'on doit apporter dans le temple.
Des jours de fête, comprenant douze chapitres.
1° Du rapport du sabbat; 2° des biens sociaux, c'est-à-dire que toute la ville est considérée comme une seule maison; 3° de la fête de Pâques; 4° du sicle que chacun est obligé de donner annuellement à l'église; 5° des fonctions aux fêtes propitiatoires; 6° de la fête des tabernacles; 7° des différents mets défendus aux jours de fête; 8° du jour de nouvel an; 9° des différents jours d'abstinence; 10° de la lecture du livre (ïEsther; 11° des demi-jours de fête ; 12° du sacrifice annuel; des trois apparitions à Jérusalem.
Des contrats de mariage et du divorce, cojnprenant sept chapitres.
1° De la permission, de la défense d'épouser la femme de son frère; 2° du contrat de mariage ; 3° des fiançailles; 4° de la manière de divorcer; 5° des vœux; 6° des personnes consacrées à Dieu ; 7° des femmes soupçonnées d'adultère.
Des dommages causés, comprenant dix parties.
i° Des droits pour les dommages; 2» des droits sur les objets trouvés, prêtés, mis en dépôt; 3° de la vente, de l'achat, de l'héritage, de la caution et d'autres rapports sociaux ; 4" de lajuridiclion
en général et des punitions; 6° des quarante coups moins un; 6° des serments ; 7° des conclusions générales, du droit et des témoignages; 8° ce que doit faire le juge si par erreur il a porté un faux jugement; 9° de Tidolâtrieet du commerce avec les païens; 10° proverbes moraux.
Des offrandes sacrées, comprenant onze parties.
1° Des offrandes; 2° de l'offrande de farine; 3° des premiers nés; 4° de l'immolation des animaux sains ou malades; o" de la taxe des choses consacrées à Dieu et de son paiement; 6° de l'échange de l'offrande; 7° violation des choses sacrées ; 8° des 36 péchés à cause desquels a lieu la peine d'extermination ; 9° de l'offrande journalière; 10" de la construction du temple; 11° des colombes et des tourterelles.
Des purifications, comprenant douze parties.
i° Des meubles et de leur purification ; 2° delà tente où se trouve la mort; 3° de la lèpre; 4° des cendres de la vache de purification; 5° des différentes purifications; 6° des bains pour la purification ; 7° des menstrues; 8° qu'on ne doit rien manger d'impur, à moins qu'on n'ait répandu dessus quelque chose de liquide; 9° du flux séminal; 10° celui qui a pris un bain est encore impur jusqu'au coucher du soleil; 11° du lavement des mains; 12° comment la queue du fruit le rend impur.
Gemurad. — La Gemurah forme un véritable recueil de jurispi'udence basé sur la Mischna. La réunion de la Mischna et de la Gemurah forme le Talmud.
A propos de ces deux recueils, je rencontre avec le plus grand plaisir l'occasion de signaler un travail tout personnel et d'une grande valeur de l'auteur de la Mission des Juifs : c'est l'histoire des divers éléments de la tradition à propos du Talmud (p. 650 et suiv.). Voici un extrait de cette histoire :
« L'encombrement de littérature casuistique et scolastique, qui depuis le retour de l'exil remplaça la puissante intellectualité des prophètes, et continua à se multiplier après la destruction du troisième temple, pendant dix siècles, est généralement comprise sous le nom de Midrash, commentaire.
t Les deux prinripaJes routes de celte forêt de papier s'appellent
HaUac/iah, l'allure ou règle de la marche; Ilaggadah, ron-dit ou la légende.
« C'est dans ce dernier chapit; e que les commuriau.lés ésolériques ont laissé transpirer un peu de leur sejence : Kabbale, Shemata.
(( Les premiers recueils de VHallachnh sont un mélainge inextricable de droit civil et de droit canon, de politique nationale et de méthodisme individuel, de lois divines et humaines, enchevêtrées et se ramifiant dans des détails infinis.
« Cette œuvre, d'ailleurs infércssante à consulter à bien des points de vue, évoque les noms fameux d'Hillel, d'Akiba et de Simon B. Gamaliel.
« Mais la rédaction finale est due à Juda Hamassi en 220 ap. J.-C.
« Elle forme la Mischna, de shana, apprendre; et ses suppléments sont connus sous le nom de Toseflah, les Boraïlha.
« Les rédacteurs de la période mischnaïque, après les Soferim d'Esdras, sont les Tannim, auxquels succédèrent les Amoraïm.
« Les controverses et les développements de la Mischna par ces derniers forment la Ghemarah ou le complément.
« Elle eut deux rédactions : celle de Palestine ou de Jérusalem, au milieu du iv° siècle; et celle de Babylonc, au v'' siècle après J.-G.
« La Mischna et la Gemurah réunies sont connues sous le nom de Talmud, continuation et conclusion de la réforme primaire d'Esdras. »
Le Talmud. — D'après ce qui précède, on voit que le Talmud est forme par la réunion des deux principaux recueils se rapportant à la parlie législative de la Thorah.
Le Talmud constitue donc la Vie même de la tradition condensée en plusieurs traités. Outre les deux recueils que nous avons cités (Mischna et Gemurah), le Talmud contient, si l'on s'en réfère à d'autres auteurs que Molilor, l'ensemble d'une nouvelle série de commentaires (Medrashim) et d'autres adjonctions [Tosiflha).
En somme, voici la nomenclature des recueils dont la réunion forme le Talmud :
Mishna Ghemarah Medrashim Tûsiftha
Talmud
Le lecteur curieux de nouveaux développements pourra consulter avec fruit la Philosophie de la tradlfion, de Molitor, et
surtout Ja Mission des Juifs, de Saint-Yves (p. Go3 et suiv.). Ce dernier ouvrage contient une histoire fort bien faite des vicissitudes du Talmud à travers les âges.
Nous arrivons maintenant, à la partie supérieure de la tradition, à la Doctrine secrète ou Kabbale,^ l'âme véritable de cette tradition.
On peut voir, en consultant le tableau ci-dessus, que la partie théorique de la Kabbale nous est seule bien connue, la partie pratique ou magique étant encore tenue secrète, ou étant à peine indiquée dans quelques rares manuscrits,
1" Kabbale théorique.
Cette partie théorique a même été considérée de façon bien différente au point de vue du classement par les auteurs qui se sont occupés de la question. Nous allons dire quelques mots des principaux de ces travaux.
Un premier groupe de chercheurs, le plus nojiibreux, a suiji les divisionsjdçMnLnéexpjlJes Kai)haUsies eux-mêmes. C'est là le plan suivi par M. Ad. Franck dans son bel ouvrage (1843), par Eliphas Lévi (1833) et par M. Isidore Loeb (article Cabbale dans la Grande Encyclopédie).
Les principaux sujets de la spéculation mystique du temps s'appidlent œuvre du char [maasse mercaba), par allusion au char d'Kzéchiel, et œuvre de la création [maasse bercschit).
L'œuvre du char qui est aussi le grand œuvre [dabar gadol), ^f^Ccomprend les êtres du monde supra-naturel. Dieu, les puissances, %J*^ les idées premières, la « famille céleste », comme on l'appelle '^^'^ quelquefois ; l'œuvre de la création comprend la génération et la '•^ nature du monde terrestre '. /*^
Voici cette division :
,, . , \ Maasse Mercal)a — Z()nAH {o'uvre du char).
I Maasse Beresdiil. — Ski-ukr Jesiraii [œuvre de la création).
i . h'u\. LoOb.