Papus, le Sepher Jesirah, p
4. Préface à la 3e édit. de Salverte (Sciences occultes). o. Article Esotérisme.
Zoroastre, l'histoire nous montre Orphée dévoilant l'ésotérisme aux initiés par la création des mystères, Moïse sélectant une tribu de prêtres ou initiés, celle de Lévi, parmi lesquels il choisit ceux à qui peut être confiée la tradition. Mais la transmission ésotérique de cette tradition devient indiscutable vers l'an 550 avant notre ère, avec Pythagore initié aux mômes sources qu'Orphée et Moïse, en Egypte.
Pythagore avait un enseignement secret basé principalement sur les nombres, et les quelques bribes de cet enseignement que nous ont transmises les alchimistes', nous montrent son identité absolue avec la Kabbale dont il n'est qu'une traduction.
Cette tradition se perd d'autant moins parmi les disciples du grand philosophe qu'ils vont se retremper à sa source originelle, en Egypte, ou dans les mystères grecs. Tel est le cas de Socrate, de Platon et d'Aristote.
La lettre d'Alexandre le Grand adressée à son maître et l'accusant d'avoir dévoilé l'enseignement ésotérique, prouve que cet enseignement traditionnel et oral subsistait toujours à cette époque.
Nous en retrouverons encore mention dans Plutarque quand il dit que les serments scellent ses lèvres et qu'il ne peut parler; enfin il est inutile d'allonger notre travail de toutes les citations que nous pourrions encore faire, ces détails sont assez connus des occultistes pour qu'il ne soit pas nécessaire d'insister davantage.
Signalons en dernier lieu l'existence de cette tradition orale dans le christianisme alors que Jésus dévoile à ses disciples seuls le véritable sens des paraboles dans le discours sur la montagne, et qu'il confie le secret total de la tradition ésotérique à son disciple favori, saint Jean.
L' Apocalypse est entièrement kabbalistique et représente le véritable ésotérisme chrétien.
[j'antiipiilé de cette tradition ne peut donc faire aucun doute, et la Kabbale est bien plus ancienne que l'époque que lui assigne M. Franck, du moins pour nous autres, occultistes occidentaux. En outre, elle a pris naissance sur une terre très éloignée de celle où est né le christianisme, ainsi que nous le montreront les Séphiroths indoiis.
Mais il est temps d'arrêter là le développement de notre première question et de dire quelques mots des enseignements de la Kabbale.
i. Voy. Jean Dée, MoJias hieroglyphica in Theatrum Chemicum.
IT
On peut faire à M. Franck quelques critiques au sujet de la manière dont il présente les enseignements de la Kabbale. En eiïet, si les données kabbalistiquessur chaque sujet particulier sont analysées avec une science merveilleuse, aucun renseignement n'est fourni sur l'ensemble du système considéré synthétiquement. Par exemple, après avoir lu le chapitre iv, intitulé : Opinions des Kabbalistes sur le Monde, le lecteur connaît certains points de la tradition concernant les Anges, l'Astrologie, l'unité de Dieu et de l'Univers; mais il est impossible de se faire, d'après ces données, une idée générale de la constitution du Cosmos.
Nous allons nous efforcer de présenter à nos lecteurs un résumé aussi clair que possible de ces traditions kabbalistiques, si bien analysées d'ailleurs par notre auteur. Pour être compréhensible dans des sujets aussi ardus, nous partirons dans notre analyse de l'étude de THomme, plus facilement appréciable pour la généralité des intelligences, et nous n'aborderons qu'en dernier lieu les données métaphysiques sur Dieu.
1" Enseifpieme/its de la Kabbale sur V Homme.
La Kabbale enseigne tout d'abord que l'homme représente exactement en lui la constitution de l'Univers tout entier. De là le nom de Microcosme ou Petit Monde donné à l'homme en opposition au nom Macrocosme ou Grand Monde donné à l'Univers.
Quand on dit que l'Homme est l'image de l'Univers, cela ne veut pas dire que l'Univers soit un animal vertébré. C'est des principes constitutifs, analogues et jwn semblables, qu'on veut parler.
Ainsi des cellules de formes et de constitution très variées se groupent chez l'Homme pour former des organes, comme l'estomac, le foie, le cœur, le cerveau, etc.. Ces organes se groupent également entre eux pour former des appareils qui donnent naissance à des f'o7icfions (groupement des poumons, du cœur, des artères et des veines pour former Vappareil de la circulation, groupement des lobes cérébraux, de la moelle, des nerfs sensitifs et des nerfs moteurs pour former l'appareil de Vinnervation, etc.).
Eh bien ! d'après la méthode de la Science Occulte, l'analogie, les objets qui suivront la même loi dans l'Univers seront analogues aux organes et aux appareils dans l'Homme. La Nature nous montre des êtres, de formes et de constitution très variées (êtres minéraux, êtres végétaux, êtres animaux, etc.) se groupant pour former des planètes. Ces planètes se groupent entre elles pour former des systèmes solaires. Le jeu des Planètes et de leurs satellites donne naissance à la Vie de V Uiùvers comme le jeu des organes donne naissance à la Vie de V Homme. L'organe et les Planètes sont donc deux êtres analogues, c'est-à-dire agissant d'après la même loi ; cependant Dieu sait si le Cœur et le Soleil sont des formes difi'érentes ! Ces exemples nous montrent l'application des données kabbalisliques à nos sciences exactes, ils font partie d'un travail d'ensemble en cours d'exécution depuis bientôt cinq ans et qui n'est pas près d'être terminé. Aussi bornons là ces développements sur l'analogie et revenons à la constitution du Microcosme, maintenant que nous savons pourquoi l'Homme est appelé ainsi.
La Kabbale considère la Matière comme une adjonction créée postérieurement à tous les êtres, à cause de la chute adamique. Jacob Boehm et Saint-Martin ont suffisamment développé cette idée parmi les philosophes contemporains pour qu'il soit inutile de s'y attarder trop longtemps. Cependant il fallait établir ce fait pour expliquer pourquoi dans la constitution de l'Homme aucun des trois principes énoncés ne représente la matière de notre corps.
L'Homme, d'après les Kabbalistes, est composé de trois éléments essentiels :
1° Un élément inférieur, qui n'est pas le corps matériel, puisque essentiellement la matière n'existait pas, mais qui est le principe déterminant la forme matérielle :
NEniESCU.
2° i'n élément supérieur, étincelle divine, l'âme de tous les idéalistes, l'esprit des occultistes :
NESCUAMAll.
Ces deux éléments sont entre eux comme l'huileet l'eau. Ils sont d'essence tellement différente qu'ils ne pourraient jamais entrer en rapports l'un avec l'autre, sans un troisième terme, participant de leurs deux natures et les unissant '.
1. Comme eu chimie les carbonates alcalins unissent l'iuiile et l'eau par la saponification.
3° Ce troisième élément, médiateur entre les deux précédents, c'est la vie des savants, l'esprit des philosophes, l'àme des occultistes :
RUAH.
Nephesch, Ruah et Neschamah sont les trois principes essentiels, les termes ultimes auxquels aboutit l'analyse, mais chacun de ces éléments est lui-même composé de plusieurs parties. Ils correspondent à peu près à ce que les savants modernes désignent par :
Le Corps, la Vie, la Volonté.
Ces trois éléments se synthétisent cependant dans /'wn?7e c/e /'é/re, si bien qu'on peut représenter l'homme schématiquement par trois points (les trois éléments ci-dessus) enveloppés dans un cercle ainsi :
Maintenant que nous connaissons l'opinion des Kabbalistes sur la constitution de l'Homme, disons quelques mots de ce qu'ils pensent des deux points suivants : D'où vient-il? Où va-t-il?
M, Franck développe très bien ces deux points importants. L'Homme vient de Dieu et y retourne. H nous faut donc considérer trois phases principales dans cette évolution :
1° Le point de Départ ;
2° Le point d'Arrivée ;
3° Ce qui se passe entre le Départ et l'Arrivée.
1° Départ. — La Kabbale enseigne toujours la doctrine de l'Emanation. L'homme est donc émané primitivement de Dieu à l'état d'Ksprit pur. A l'image de Dieu constitué en Force et Intelligence (Chocmah et Binah) c'est-à-dire en positif et négatif, il est constitué en mâle et femelle, Adam-Ève, formant à l'origine un seul être. Sous l'intluence de la chute * deux phénomènes se produisent :
1. Le cadre Irop restreint de notre élude ne nous permet pas d'approfondir ces données métaphysiques et de les analyser scientifiquement. Voy. pour plus de détails, le Cain de Fabre d'Olivet.