‹ La kabbaleChapitre 162 sur 224 · VA · texte numérisé non relu

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1° La division de l'être unique en une série d'êtres-androgynes Adams-Eves ;

2° La matérialisation et la subdivision de chacun de ces êtres androgynes en deux êtres matériels et de sexes séparés, un homme et une femme. C'est l'état terrestre.

Il faut cependant remarquer, ainsi que nous l'enseigne le Tarot, que chaque homme et chaque femme contiennent en eux une image de leur unité primitive. Le cerveau est Adam, le Cœur est Eve en chacun de nous.

2° Transition du Départ à l'Arrivée. — L'homme matérialisé et soumis à l'influence des passions doit volontairement et librement retrouver son état primitif; il doit recréer son immortalité perdue. Pour cela il se réincarnera autant de fois qu'il le faudra jusqu'à ce qu'il ait su se racheter par la force universelle et toute-puissante entre toutes : l'Amour.

La Kabbale, à l'image des centres indous d'où nous vient le mouvement néo-bouddiste, enseigne donc la réincarnation et par suite la -préexistence, ainsi que le remarque M. Franck ; mais elle s'écarte totalement des conclusions théosophiques indoues sur le moyen du rachat, et nous ne pouvons ici que reproduire l'avis d'un des occultistes les plus instruits que possède la France, F. Ch. Baillât:

« S'il m'est permis de hasarder ici une opinion personnelle, je dirai que les doctrines hindoues me semblent plus vraies au point de vue métaphysique^ abstrait, les doctrines chrétiennes au point de vue moral, sentimental, concret: le Christianisme, le Zohar, la Kabbale, dans leur admirable symbolisme, laissent plus d'incertitude, de vague dans l'intelligence philosopiiique (par exemple, quand ils représentent la chute comme source du mal, sans définir ni l'un ni l'autre, car cette définition donnerait un tout autre tour intellectuel à la question).

« Mais ce Panthéisme indien, qu'il soit matérialiste comme dans l'école du Sud, ou idéaliste comme dans celle du Nord, arrive à négliger, à méconnaître, à repousser même tout sentiment et spécialement V Amour avec toute son immense portée mystique, occulte.

« L'un ne parle qu'à l'intelligence, l'autre ne parle qu'à l'âme.

« On ne peut donc posséder complètement la doctrine théosophique qu'en interprétant le symbolisme de l'un par la métaphysique de l'autre. Alors et alors seulement les deux pôles ainsi animés l'un par l'autre font resplendir, par les splendeurs du monde divin, l'incroyable richesse du langage symbolique, seul capable de rendre pour l'homme les palpitations de la Vie absolue I ^)

3° Arrivée. — L'homme doit donc constiluor d'abord son androgynat primitif pour réformer synthétiquement l'être premier provenant de la division du grand Adam-Eve.

Ces êtres androgynes reconstitués doivent, à leur tour, se synthétiser entre eux jusqu'à s'identifier à leur origine première : Dieu. La Kabbale enseigne donc, aussi bien que l'Inde, la théorie de Tinvolution et de l'évolution et le retour final au ISirvâna.

Malgré mon désir de ne pas allonger ce résumé par des citations, je ne puis résister ici au plaisir de citer d'après M. Franck (p. 189) un passage très explicatif:

« Parmi les différents degrés de l'existence (qu'on appelle aussi les sept tabernacles), il y en a un, désigné sous le titre de saint des saints, oh toutes les âmes vont se réunir à l'âme suprême et se compléter les unes par les autres. Là tout rentre dans l'unité et dans la perfection, tout se confond dans une seule pensée qui s'étend sur l'univers et le remplit entièrement ; mais le fond de cette pensée, la lumière qui se cache en elle ne peut jamais être ni saisie, ni connue, on ne saisit que la pensée qui en émane. Enfin, dans cet état, la créature ne peut plus se distinguer du créateur; la même pensée les éclaire, la même volonté les anime ; l'âme aussi bien que Dieu commande à l'Univers, et ce qu'elle ordonne, Dieu l'exécute. »

En résumé, toutes ces données métaphysiques sur la chute et la réhabilitation se réduisent exactement à des lois que nous voyons chaque jour en action expérimentalement, lois qui peuvent s'énoncer à trois termes :

L Unité.

n. Départ de l'Unité. Multiplicité.

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