‹ La kabbaleChapitre 34 sur 224 · Âboda Zarah, chap. m · texte numérisé non relu

Âboda Zarah, chap. m

AUTHENTICITÉ DU ZOIIAR. 99

lignes remarquables que l'ou croirait empruntées à quelque traité d'anatomie de nos jours : « Dans l'intérieur du crâne, « le cerveau se partage en trois parties, dont chacune « occupe une place distincte. Il est, en outre, recouvert d'un « voile très mince, puis d'un autre voile plus dur. Au « moyen de trente-deux canaux, ces trois parties du cer- « veau se répandent dans tout le corps en se dirigeant par « deux côtés : c'est ainsi qu'elles embrassent le corps sur « tous les points et se répandent dans toutes ses parties'. » Il est impossible de ne pas reconnaître à ces mots, et les trois organes principaux dont se composent l'encéphale et ses principaux téguments, et les trente-deux paires de nerfs qui en partent dans un ordre symétrique, pour donner la vie et la sensibilité à toute l'économie animale. Mais nous ferons remarquer qu'obligés de se soumettre, relativement à leur nourriture, à une foule de prescriptions religieuses, obligés d'observer et les divers états et les diverses constitutions des animaux, dans la crainte de manger de ceux que la loi déclare impurs, les Juifs ont été excités de bonne heure, par le plus puissant des mobiles, à l'étude de l'anatomie et de l'histoire naturelle. C'est ainsi que dans le Thalmud, parmi les affections qui peuvent atteindre les animaux et en font proscrire la chair, on compte généralement la perforation des enveloppes du cerveau, maS^^ Diip3p''J. Mais il y a une condition sur laquelle les avis sont partagés : selon les uns, la défense n'est légitime que lorsqu'elle atteint à la fois les deux téguments; selon les autres, il suffit qu'on la trouve dans la dure-mère. Enfin, d'autres se contentent d'une solution de continuité dans les deux enveloppes infé-

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rieiires*. Dans le même traité, on parle aussi de la moelle épinière, nii^n :3in, et des maladies qui lui sont propres. Nous ajouterons à cela que, dès le milieu du deuxième siècle, il existait parmi les Hébreux des médecins de profession; car on raconte encore dans le Thalmud^ que Judas le Saint, le rédacteur de la Mischna, a souffert pendant treize ans d'une affection ophtalmique, et qu'il avait pour médecin R. Samuel, l'un des plus zélés défenseurs de la tradition, et qui, outre la médecine, cultivait l'astronomie et les mathématiques. On disait de lui qu'il connaissait les chemins du ciel comme les rues de Néhardéa, sa ville natale^

Nous terminerons ici, et sans doute il en est temps, ces observations purement bibliographiques et ce que nous appellerions volontiers l'histoire extérieure de la kabbale. Les livres que nous avons examinés ne sont donc pas, comme des enthousiastes l'ont affirmé avec confiance, ou d'une origine surnaturelle, ou d'une antiquité qui échappe à l'histoire. Mais ils ne sont pas non plus, comme le prétend aujourd'hui encore une critique superficielle et incrédule, ils ne sont pas le fruit d'une imposture conçue et consommée dans un intérêt sordide, l'œuvre d'un charlatan pressé par la faim, dénué d'idées, de convictions, et spéculant sur une grossière crédulité. Ces deux livres, encore une fois, ne sont pas moins que l'œuvre de plusieurs générations. Quelle que soit la valeur des doctrines qu'ils enseignent, ils mériteront toujours d'être conservés comme un monument des longs et patients efforts de la liberté intellectuelle, au sein d'un peuple et dans un temps sur lesquels le despotisme religieux s'est exercé avec le plus

\. Thalm. Babyl., tract. Clioidin, chap. m. 2. Schalschdctli liakabalah. M. 24, verso.

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