AUTHEISTICITÉ DU ZOUAR. DT
elles par l'esprit qui les anime ; car alors on connaissait déjà la Mercaba, qui n'est pas autre chose, comme nous savons, que cette partie de la kabbale à laquelle le Zoliar est spécialement consacré ; et Simon ben Jochaï nous apprend lui-même qu'il avait des prédécesseurs. Il nous est également impossible de les faire naître dans un temps plus rapproché de nous : parce que nous ne connaissons aucun fait qui nous y autorise. Ainsi, les difficultés insurmontables que l'on rencontre dans les opinions qui se distinguent de la nôtre, deviennent dans celles-ci des faits positifs qui la confirment et qui, parmi les preuves dont nous nous sommes servi, ne doivent pas être comptées les dernières.
Il nous reste cependant encore deux objections à résoudre : on a demandé comment, dans un temps aussi éloigné de nous que celui auquel nous rapportons le principal monument du système kabbalistique, on a pu connaître le principe qui fait la base de la cosmographie de nos jours, ou le système de Copernic, si clairement résumé dans un passage dont nous avons plus haut donné la traduction. Nous répondrons que, dans tous les cas, môme en admettant que le Zohar n'est qu'une imposture de la fin du treizième siècle, ce passage était connu avant la naissance de l'astronome prussien. Ensuite, les idées qu'il renferme étaient déjà répandues parmi les anciens, puisque Aristote le? attribue à l'école de Pythagorc. « Presque tous ceux, dit-il, « qui affirment avoir étudié le ciel dans son ensemble, « prétcntlent que la terre est au centre; mais les pbilo- « sophes de l'école italique, autrement appelés les pylha- « goriciens, enseignent tout le contraire. Dans leur opinion, « le centre est occupé par le feu, et la terre n'est qu'une « étoile dont le mouvement circulaire autour de ce même « centre produit la nuit et le jour', m Dans leurs attaques
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contre la philosophie, les premiers Pères de l'Eglise n'ont pas cru devoir épargner celte opinion, qui est en effet inconciliable avec le système cosmologique enseigné dans la Genèse. « C'est, dit Lactance, une absurdité de croire qu'il « y a des hommes qui ont les pieds au-dessus de leurs « têtes, et des pays où tout est renversé, où les arbres et « les plantes croissent de haut en bas.... On trouve le « germe de celte erreur chez les philosophes qui ont prête tendu que la terre est ronde \ » Saint Augustin s'est exprimé sur le même sujet en termes à peu près semblables^ Enfin, même les auteurs les plus anciens de la Guémara avaient connaissance des antipodes et de la forme sphérique de la terre, car on lit dans le Thalmud de Jérusalem' qu'Alexandre le Grand, en parcourant la leri*e pour en faire la conquête, apprit qu'elle est ronde ; et l'on ajoute que c'est pour cela qu'il est ordinairement représenté un globe à la main. Mais le fait même dans lequel on a cru trouver une objection contre nous, prouve au contraire pour nous; car, pendant toute la durée du moyen âge, le vrai système du monde est resté à peu près ignoré et le système de Plo- Icmée régnait sans partage.
On pourrait aussi s'étonner de trouver, précisément dans cette partie du Zohar que nous regardons comme la plus ancienne, des connaissances médicales qui semblent accuser une civilisation assez récente. Par exemple Vldra Raba, ou le morceau intitulé la Grande assemblée, renferme ces
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1. « Ineplum crederc esse homines quorum vestigia sint superiora quam capita, aut ibi quœ apud nos jacent inversa pendere ; fruges et arbores deorsuna versus crescere — flujus erroris originem philosophis fuisse quod exislimarint rotundura esse mundum. » Lib. III, cap. xxiv.