part., fol. 165, recto et verso
pins haut. « Avant d'avoir péolié, Adam n'écoutait que cette « sagesse dont la lumière vient d'en haut; il ne s'était pas « encore séparé de l'arbre de la vie. Mais quand il céda au « désir de connaître les choses d'en bas et de descendre au « milieu d'elles, alors il en fut séduit, il connut le mal et il « oublia le bien ; il se sépara de l'arbre de vie. Avant d'avoir « fait cela, ils entendaient la voix d'en haut, ils possédaient « la sagesse supérieure, ils conservaient leur nature lumi- « neuse et sublime. Mais après leur péché ils cessèrent « même de comprendre la voix d'en bas *. » Comment ne pas admettre l'opinion que nous venons d'exprimer, lorsqu'on nous apprend qu'Adam et Eve, avant d'avoir été trompés par les ruses du serpent, n'étaient pas seulement affranchis des besoins du corps, mais qu'ils n'avaient pas de corps, c'est-àdire qu'ils n'appartenaient pas à la terre? Ils étaient l'un et l'autre dépures intelligences, des esprits bienheureux comme ceux qui habitent le séjour des élus. C'est là ce que signifie cette nudité avec laquelle l'Ecriture nous les représente au milieu de leur innocence ; et quand l'historien sacré nous raconte que le Seigneur les vêtit de tuniques de peau, cela veut dire que, pour leur permettre d'habiter ce monde, vers lequel les portait une curiosité imprudente ou le désir de connaître le bien et le mal. Dieu leur donna un corps et des sens. Yoici l'un des nombreux passages où cette idée, adoj)téc aussi par Pliilon et par Origène, se trouve exposée d'une manière assez claire : « Lorsqu'Adam, notre premier père, hâte bilait le jardin d'Eden, il était vêtu, comme on l'est dans (( le ciel, d'un vêlement fait avec la lumière supérieure, ce Quand il fut chassé du jardin d'Eden et obligé de se sou- « mettre aux nécessités de ce monde, alors qu'arriva-l-il ? <■( Dieu, nous dit l'Ecriture, fit pour Adam et pour sa femme u des tuniques de peau dont il les vêtit; car, auparavant, ils