pari., foi. 52, recto et verso
« avaient des tuniques do lumière; de celte lumière supé- « rieure dont on se sert dans l'Eden — Les bonnes actions « que l'homme accomplit sur la terre font descendre sur lui « une partie de cette lumière supérieure qui brille dans le « ciel. C'est elle qui lui sert de vêtement quand il doit en- « trer dans un autre monde et paraître devant le Saint, dont « le nom soit béni. C'est grâce à ce vêtement qu'il peut goû- « ter le bonheur des élus, et regarder en face le miroir lumi- « neux'. Ainsi l'àme, afin qu'elle soit parfaite en toute « chose, a un vêtement différent pour chacun des deux « mondes qu'elle doit habiter, l'un pour le monde terrestre « et l'autre pour le monde supérieur '. »
D'un aulre côté, nous savons déjà que la mort, qui n'est autre chose que le péché lui-même, n'est pas une malédiction universelle, mais seulement un mal volontaire; elle n'existe pas pour le juste qui s'unit à Dieu par un baiser d'amour; elle ne frappe que le méchant, qui laisse dans ce monde toutes ses espérances. Le dogme du péché originel semble plutôt avoir été adopté par les kahbalisles modernes, principalement par Isaac Loria, qui, croyant toutes les àmcs nées avec Adam, et supposant qu'elles formaient d'abord une seule et môme âme, les regardait toutes comme également coupables du premier acte de désobéissance. Mais en même temps qu'il les montre ainsi dégradées depuis l'origine de la création, il leur accorde la faculté de se relever par ellesmêmes, en accomplissant tous les commandements de Dieu. De là l'obligalion de les faire sortir de cet état, et d'exécuter, autant qu'il est en notre pouvoir, ce précepte de la loi : Croissez et multipliez. De là aussi la nécessité de la métempsycose, car une seule vie ne suffit pas à cette œuvre de
1. C'est-à-dire, comme nous l'avons expliqué plus haut, connaître la vérité par intuition ou face à face.