‹ La kabbaleChapitre 69 sur 224 · Zoliav, 2" part., fol. 229, verso, sect. 1^^p · texte numérisé non relu

Zoliav, 2" part., fol. 229, verso, sect. 1^^p

réhabilitation'. C'est toujours, sous une autre forme, l'ennoblissement de notre existence terrestre et la sanctification de la vie comme le seul moyen offert à l'ame d'atteindre à la perfection dont elle porte en elle le besoin et le germe.

11 n'entre pas dans notre plan de prononcer un jugement sur le vaste système que nous venons d'exposer; ce que d'ailleurs nous ne pourrions pas faire sans porter une main profane sur les plus fortes conceptions de la philosophie et sur des dogmes religieux dont le mystère est justement respecté. Nous ne nous sommes destiné que le modeste rôle d'interprète; mais nous avons du moins la conviction que, malgré les difficultés sans nombre contre lesquelles nous avions à lutter; malgré l'obscurité du langage et l'incohérence de la forme ; malgré ces rêveries puériles qui viennent à chaque pas interrompre le cours des idées sérieuses, la vérité historique n'a pas trop à se plaindre de nous. Si maintenant nous voulons mesurer, de la manière la plus sommaire, l'espace que nous venons de parcourir, nous trouverons que, dans l'étal où nous la présentent le Sepher ietzirah et le Zohar, la kabbale se compose des éléments suivants :

i" En faisant passer pour des symboles tous les faits et toutes les paroles de l'Ecriture, elle enseigne à l'homme à avoir confiance en lui-même ; elle met la raison à la place de l'autorité; elle fait naître la philosophie dans le sein même et sous la sauvegarde de la religion.

2" A la croyance d'un Dieu créateur, distinct de la nature, et qui, malgré sa toute-puissance, a dû exister une éternité dans l'inaction, elle substitue l'idée d'une substance universelle, réellement infinie, toujours active, toujours pensante, cause immanente de l'univers, mais que l'univers ne renfei-me pas; pour laquelh', enfin, créer n'est pas autre chose que penser, exister et se développer elle-même.

1. Yoy. Elz 'llaïm, Trailé de l(i Mcloiipsiicose, liv. I, cli. i.

5° Au lieu d'un monde purement matériel, distinct de Dieu, sorti du néant et destiné à y rentrer, elle reconnaît des formes sans nombre sous lesquelles se développe et se manifeste la substance divine suivant les lois invariables de la pensée. Toutes existent d'abord réunies dans l'intelligence suprême avant de se réaliser sous une forme sensible : de là deux mondes, l'un intelligible ou supérieur, l'autre inférieur ou matériel.

4° L'iiomme est de toutes ces formes la plus élevée, la plus complète, la seule par laquelle il soit permis de représenter Dieu. L'homme sert de lien et de transition entre Dieu et le monde; il les réfléchit tous deux dans sa double nature. Ainsi que tout ce qui est limité, il est d'abord renfermé dans la substance absolue à laquelle il doit de nouveau se réunir un jour, quand il y sera préparé par les développements dont il est susceptible. Mais il faut distinguer la forme absolue, la forme universelle de l'homme et des hommes particuliers qui en sont la reproduction plus ou moins affaiblie. La première, ordinairement appelée Vlwmme céleste, est entièrement inséparable de la nature divine ; elle en est la première manifestation.

Plusieurs de ces éléments servent de base à des systèmes qu'on peut regarder comme contemporains de la kabbale. D'autres étaient déjà connus à une époque bien plus reculée. Il est donc du plus haut intérêt, pour l'histoire de l'intelligence humaine, de rechercher si la doctrine ésotérique des Hébreux est vraiment originale ou si elle n'est qu'un emprunt déguisé. Cette question et celle de l'influence exercée par les idées kabbalistiques seront traitées dans la troisième et dernière partie de ce travail.

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