‹ La Kabylie de ColloChapitre 119 sur 184 · NI 20 O Y © © © 29 D GI © M © 20 0 D ND M · texte numérisé non relu

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de Michel-Lévy (fig. 27) soulignent de façon particulièrement frappante cette similitude des compositions des schistes éocènes analysés. Les légères différences existantes ne traduisent pas d'évolution dans un sens déterminé, et, à mon avis, sont tout à fait de l’ordre de grandeur de celles dues aux différences initiales de composition des sédiments envisagés.

En définitive, si l’on confronte le résultat des observations au microscope (composition minéralogique, structure) avec les propriétés chimiques des sédiments étudiés et sil'on suppose — ce qui paraît bien vraisemblable — que tous ces sédiments étaient primitivement voisins, on arrive à la conclusion suivante : L'apparition de minéraux nouveaux (biotite, chlorite, andalousite) au sein des schistes les plus atteints par le métamorphisme ne correspond à aucune variation globale de composition chimique. Ces cristallisations résultent de mouvements moléculaires effectués in situ, sous l'influence d'une augmentation de la température et peut-être de variations de pression. Mais on peut dire que le magma granitique n'a apporté aucun élément étranger ; les phénomènes d'exomorphisme sont praliquement nuls.

Dans son mémoire sur « Le Granite des Pyrénées et ses phénomènes de contact » [76] M. A. Lacroix a discuté longuement la question de l'exomorphisme produit par le granite et a conclu que les phénomènes exomorphes étaient dus à l’action des fumerolles accompagnant le magma, confirmant en cela les idées émises antérieurement par MM. Fouqué et Auguste Michel- Lévy. Au cours de cette discussion devenue classique, il est fait allusion (loc. cit., p.63) au granite de Kristiana décrit par Brügger, et M. À. Lacroix termine le paragraphe sur la mise en place du granite de l'Ariège par la phrase suivante :

« N'est-ce pas à des différences dans la profondeur à laquelle le magma granitique s’est trouvé en contact avec les sédiments qu'il faut attribuer toutes ces différences qui sautent aux yeux dans l'histoire de cette même roche (le granite) étudiée dans des gisements aussi éloignés que Kristiania et l'Ariège? Cette opinion paraît se justifier par la nature même des roches granitiques décrites par M. Brôgger dans son laccolite; ce sont, en effet, surtout des microgranites et des micropegmatites ! (granophyres), alors que dans nos gisements il n'y a qu'une tendance au microgranitisme et seulement aux contacts

1. (Note infrapaginale du mémoire de M. Lacroix). «On sait que le plus souvent les microgranites et les microgranulites ne déterminent à leur contact que des phénomènes métamorphiques insignifiants : les laccolites constitués par la microdiorite (porphyre bleu) de l’Estérel offrant la même structure porphyrique ne présentent à leur contact que des indices de métamorphisme., »

MARCEL ROUBAULT

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immédiats. Le refroidissement paraît donc avoir été dans le premier cas beaucoup plus brusque, les minéralisations moins abondantes : les conditions sont opposées et les comparaisons poussées plus loin seraient sans motifs réels. »

Ainsi les phénomènes observés dans la partie orientale de la Kabylie de Collo rentrent dans le cadre de faits déjà connus ailleurs et il semble que l’on puisse rapprocher du laccolite de Kristiana les laccolites de la région de Collo-Cheraïa.

Il en est tout autrement dans le secteur occidental dont les caractéristiques essentielles se résument ainsi : granite franc avec microgranitisme nul ou très peu développé, métamorphisme atteignant d'assez grandes épaisseurs de sédiments et exomorphisme nul.

L'étude détaillée des roches éruptives montre qu'il en est de même de l’endomorphisme ; je n’ai jamais observé au contact du granite et à son intérieur de transformation montrant un emprunt de la part du magma aux roches voisines. L'état de fraîcheur du microgranite qui emballe les blocs de cipolin près du Cap Bougaroun me paraît assez symptomatique à cet égard !.

Me basant sur lestravaux de M. A. Lacroix, je crois qu'il faut voir dans cet ensemble de faits la preuve que le magma granitique est monté à l'état pâteux et après avoir perdu ses fumerolles ; iln'y a pas eu digestion même partielle des sédiments mais véritablement infrusion à travers des sédiments. La présence au contact ou dans les régions voisines de recristallisations et remises en mouvement de molécules ayant conduit à la formation des cornéennes à biotite et andalousite naissante, indique que cette intrusion s’est produite sous une couverture néanmoins assez importante * ; cette couverture me paraît indispensable pour expliquer la température et la pression nécessaires à ces échanges moléculaires.

1. L'existence au sein du granite d’enclaves mésocrates est indépendante des phénomènes que nous envisageons actuellement. Personnellelement, je les ai considérées comme homæogènes : ces enclaves sont riches en silicates d'alumine et on pourrait penser qu'elles résultent de la digestion de fragments de schistes argileux. Mais en admettant même cette deuxième hypothèse il ne pourrait s'agir que de digestions de fragments de schistes du socle cristallophyllien effectuées en profondeur, bien avant que le granite n'’ail atteint la zone des terrains éocènes.

2. M. A. Lacroix a montré que dans certains cas il a pu se produire des roches grenues près de la surface, à l’intérieur même des appareils érup- Lifs ; mais il s’agit alors d’enclaves homæogènes limitées qui ne sauraient être comparées à la masse entière du granite du Nord de la Kabylie de Collo (CR. Acad. Se., t. 149, p. 541, 1909 et t. 154, p. 630, 1912)

Enfin, j'ajouterai que l'ascension de cette masse énorme de magma granilique « éventé » est très vraisemblablement la conséquence de phénomènes tectoniques affectant des compartiments voisins de l'écorce terrestre, On sait que dans le Nord du département de Constantine la direction SW-NE est une direction tectonique privilégiée [L. Joleaud, 38-39]. La bordure méridionale du « granite du Nord », d’ailleurs presque rectiligne dans l’ensémble, est précisément orientée vers le NE: il en est de même des trois éperons microgranitiques (Ras el Kbiba, Sidi Yahia, presqu'ile de Djerda) qui découpent la côte orientale de la presqu'île du Cap Bougaroun.

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