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LE QUATERNAIRE

Le littoral de la presqu île du Cap Bougaroun présente en plusieurs régions et sur d'assez grandes longueurs des placages importants de Quaternaire.

Un premier lambeau débute près de l'embouchure de l’Oued Tamanart et se poursuit jusqu’au Cap Bougaroun ; ses caractères sont surtout bien définis dans sa partie septentrionale, du pied du Koudiat el Ardem jusqu'au cap {PL X;-ph.2: PL: XI, ph. 4 et 2). Il s'agit d'un talus incliné, d'une largeur pouvant atteindre 200 m. et qui est plaqué contre la montagne granitique ; le raccord entre cette montagne abrupte et la banquette quaternaire a lieu à une altitude régulière d'environ 100-110 m. Si, de cette cote, on se dirige vers la mer, on descend d’abord suivant une pente régulière jusqu'à une altitude de 40-50 m.; on est alors sur le bord d'une falaise à peu près verticale au pied de laquelle est Le rivage actuel.

La coupe donnée par cette falaise montre une stratification régulière et légèrement inclinée de sables et de galets roulés parfois très volumineux ; il s’agit évidemment d'une formation marine. À sa partie supérieure cette formation, toujours stratifiée, se raccorde à des formations continentales ainsi que le mettent en évidence des coupes taillées par quelques ravins profonds, en particulier l’oued qui aboutit au pied et à l’est du phare de Bougaroun ; on observe en effet un mélange de galets roulés torrentiels et de cailloux anguleux provenant des éboulis des pentes granitiques.

Enfin, sur toute sa longueur, ce talus quaternaire repose à sa base sur le socle cristallin par une surface horizontale qui semble bien être une surface d’abrasion marine et dont l'altitude varie

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de 2 à 3 m. à une dizaine de mètres suivant les points. Actuellement la mer est directement en contact avec les roches cristallines.

Des placages de Quaternaire tout à fait identiques existent immédiatement à l'ouest du Cap Bougaroun, puis sur la face occidentale de la presqu'île, de la Djemaa el Kmaken à l’embouchure de l’Oued Damous (PI. XII, ph. 2). Là encore la rupture de pente est très nette entre la falaise granitique et la surface du talus; ce dernier, dont la partie inférieure surplombe le rivage, repose sur un socle granitique.

Le débouché de la plaine alluviale de l’'Oued Zhour vers la mer est presque entièrement obstrué par une masse de dunes importantes actuelles et anciennes (PI. XIV, ph.2; PL. XV, ph. 2). Les dunes anciennes atteignent une altitude de 78 à 80 m. et sont adossées au massif cristallophyllien des Beni Ferguen; vers l’ouest, elles surplombent le cordon littoral actuel et leur pente est très raide. La distinction entre les deux éléments est très facile sur la carte topographique au 1/50.000€.

Juste à l'aplomb de l'embouchure de l’'Oued Zhour on retrouve un placage de dunes sur les schistes satinés de la Zeriba Azemmor, placage qui est à la même altitude que les dunes anciennes de la rive gauche de l’oued ; en poursuivant le long de la côte, vers le nord, on trouve encore des lambeaux de quaternaire parfois sableux, parfois stratifiés avec lits de cailloux, jusqu'à la

Zeriba Kreraïf (PI. XIII, ph. 2).

Au sud de l'embouchure de l'Oued Guebli et abstraction faite de sa plaine alluviale actuelle, 1l existe, au pied du Koudiat Azbaouet (50-25,5), une bande de cailloutis stratifiés qui atteint et dépasse même par places le niveau 30-35 m. La même formation est bien développée dans la vallée qui sépare le chaiînon Kt Dra Doubis-Kt Azbaouet des montagnes du Douar Tokla; elle apparait alors comme une terrasse ancienne qui domine la terrasse actuelle de l’oued. Du sommet de cette terrasse ancienne, par une pente douce, on atteint la cote 47-50 m. près du marécage (Redir), au pied de la Zeriba Kerkera.

Ces divers affleurements de qualernaire sont à des altitudes concordant avec le niveau de certaines des lignes de rivages déjà reconnues sur d'autres points du littoral de l'Algérie. Les talus de la côte granitique (Cap Bougaroun-Klel Ardem-Oued Damous) correspondent à la ligne de rivage de 60 m. dans le Sahel d’Alger [de Lamothe, 44-45] et de 48-53 m. dans la région de Bône- La Calle [Ch. Depéret et L. Joleaud, 7].

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