OBSERVATIONS EN LAMES MINCES
Toutes les roches provenant de ces divers gisements font parlie de la même série. Les divers types recueillis ont donc été rassemblés et décrits dans l’ordre imposé par leur texture, abstraction faite de toute considération d'origine.
a) Les phénocristaux. Les cristaux du premier temps se présentent d'une façon assez uniforme dans toute la série en général rares et formés de biotite.
: ils sont ?
quartz, de plagioclases et de
Le quartz se présente en cristaux à peine corrodés, à bords très nets sans zone d'accroissement et dont la particularité la plus remarquable est d’être souvent craquelés (PI. XLVII, ph. 3 et 4). Ces craquelures ne résultent pas d’une action dynamique ; elles sont la conséquence d'un éclatement ou d'une fragmentation du minéral sus l'effet d'une variation brusque de température (par exemple, refroidissement rapide du Magma dans le cas d'une coulée).
Les fragments peuvent être Jjointifs et la section conserve alors sa forme primitive : ils peuvent aussi être dissociés et baignent au hasard dans la pâte. Dans ce dernier cas, ils sont rarement éloignés les uns des autres ; on en peut conclure que léclatement s'est produit à un moment où le magma était très visqueux et les possibilités de transport limitées.
Les plagioclases sont aussi constants que le quartz et même prennent parfois la prédominance sur ce dernier minéral, Ces minéraux sont peu corrodés, non zonés (PISXLVIT; ph. 4). Le détermination de leur nature exacte est malaisée en raison de la rareté des sections ; en appliquant la méthode statistique à un groupe de plaques minces, je suis arrivé à déterminer un pourcentage probable de 42 0}, d'anorthite (andésine-labrador), voisin par conséquent des pourcentages mesurés pour les roches microgrenues de la série calcoalcaline.
La biotite est beaucoup moins constante que le quartz et les feldspaths et, dans nombre d'échantillons, elle est rigoureusement absente.
b) La pâte. L'intérêt de ces rhyolites réside surtout dans les particularités de leur pâte. Son examen au microscope met en évidence un certain nombre de caractères qui traduisent son évolution postérieurement à la sortie du magma, évolution qui aboutit à une dévitrification plus ou moins complète. Pour mettre ces phénomènes en évidence, la description détaillée d'un certain nombre d’échantilions caractéristiques s'impose ; je commencerai par les types les plus riches en verre.
N° 1 (Redir, près de Koudiat Aourar). En lumière naturelle
on observe un fond incolore compartimenté par des fissures per-
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litiques droites ou circulaires dont la présence est soulignée par un minéral vert en fibres extrêmement ténues disposées perpendiculairement aux parois des fissures. Ces fibres vertes, qui communiquent sa couleur verte à la roche considérée en masse, sont à peine discernables, même aux forts grossissements ; elles polarisent avec des teintes du début de l'échelle chromatique de Newton et sont constituées par une chlorite.
Les fissures perlitiques se sont développées dans un verre isotrope dont la tendance à la cristallisation apparaît seulement en quelques points où existent des agrégats sphérolitiques ténus d'un minéral fibroradié à extinction droite et allongement positif. En lumière polarisée ces sphérolites sont peu visibles et, hormis les phénocristaux, le champ entier est pratiquement obscur.
N° 9 (Redir, près du Koudiat Aourar). La pâte, à fluidalité prononcée, montre des bandes parallèles étroites, sinuenses, assez réfringentes et séparées par des zones incolores et moins réfringentes. A proximité des phénocristaux, ces bandes s'incurvent et dessinent des remous. La striation parallèle n'est pas générale dans toute la préparation et, en certaines régions, les minces filets font place à des agrégats également verdâtres et réfringents de même constitution. Ces filets et plages plus réfringents sont viltreux et isotropes.
Les zones intermédiaires moins réfringentes résultent de l'agglomération de sphérolites fibro-radiés, parfois alignés en trainées ; malgré leur ténuité, ces sphérolites montrent une eroix noire dont les fibres sont à allongement positif.
No 3 (Redir, près du Koudiat Aourar). Le deuxième temps comprend deux éléments : a) des zones annulaires vitreuses circulaires ou polygonales, très réfringentes, Jaunâtres et de constitution identique aux filets de l'échantillon n° 2 ; b) les intervalles entre ces couronnes ainsi que leur partie centrale sont incolores et moins réfringents en lumière naturelle ; entre nicols croisés, ils se résolvent en une multitude de sphérolites fibreux, parfois à croix noire (fibres à allongement positif) et qui polarisent peu, de telle façon que la tonalité générale de la préperaion est très sombre. Aux forts grossissements on discerne, dans ces zones sphérolitiques, de multiples paillettes de chlorite.
N° 4 (Kef Cheraïa), La pâte est divisée (figure 13) en compartiments de forme variable, à l'intérieur desquels existe une couronne Jaunâtre assez réfringente (1) comparable, en lumière naturelle, au zones annulaires vitreuses de la plaque n° 3 ; mais, au lieu d'être constituée par du verre, cette couronne résulte du
rassemblement de fibres elles-mêmes groupées en sphérolites, ou secteurs de sphérolites, à croix noire ; ces fibres polarisent peu et sont à allongement positif. L'ensemble de la préparation
est tout ponctué de petits globules de chlorite, de taille nettement inférieure à celle des sphérolites,
AAEEUA
F16. 13. — Aspect schématique de la rhyolite du Koudiat Aourar (n° 4. p. 162). Lumière naturelle X 50 env.
Dans les intervalles (4) entre les compartiments à parois fibreuse ainsi qu'à l’intérieur des géodes, le fond peu réfringent et peu biréfringent, montre, aux forts grossissements, une texture à éponges de quartz. À l'immersion, j'ai pu y discerner quelques microlites allongés, rectangulaires et de signe négatif (orthose).
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Enfin, certaines géodes (2) sont remplies d’un minéral en agrégats fibroradiés jaune-orangé en lumière naturelle et conservant une teinte très voisine entre nicols croisés. Ces agrégats ne montrent pas le phénomène de la croix noire et je n'ai pu déterminer avec certitude le signe d’allongement des fibres.
N° 5 (Cote 309). Texture voisine de la précédente bien que moins nette dans l'ensemble (PI. XLVII, ph. 5). Néanmoins, dans un coin de la préparation, existent quelques fissures perlitiques, garnies à l’intérieur d’une couronne de fibres de même nature que celles de l'échantillon n° 4.
N° 6 (Kef Cheraïa). Fissuration perlitique surtout visible en lumière naturelle, marquée par des filets plus réfringents que le fond de la préparation et imprégnés de chlorite. En plusieurs points, on observe, à l'intérieur des plages circulaires créées par la fissuration perlitique, de grands sphérolites bruns à croix noire et fibres à allongement positif (PI. XLVII, ph. 6) ; ces sphérolites bruns sont l'équivalent des géodes (2) de l'échantillon n° 4.
Entre ces sphérolites, des zones sans contours ni formes caractérisés, assez réfringentes et à peine teintées de jaune, sont constituées par de très fines plages à tendance fibreuse et aliongement positif. ;
Enfin, le fond de la pâte est fait de quartz en éponges globulaires avec fines granulations mais dépourvu de microlites allongés.
Tous ces minéraux sont peu biréfringents et la préparation est très sombre entre nicols croisés.
N° 7 (Kef Cheraïa). Fissuration perlitique très régulière marquée par des filets réfringents avec chlorite. Ces fissures sont invisibles entre nicols croisés ; la section se présente alors avec une texture homogène et une teinte moyenne gris foncé presque noir (PI, XLVII, ph. 2) ; aux grossissements élevés (objectif n° 7 ou immersion) on y distingue de minuscules éponges de quartz et du verre.
Un échantillon de même provenance ne contient pas de verre, mais des microsphérolites associés aux éponges de quartz et, à l'intérieur des éponges, des microlites ténus à allongement négaüf (orthose).
No 8 (Kef Cheraïa). Fluidalité nette avec zones granuleuses assez réfringentes, jaunâtres et zones plus claires, moins réfringentes, divisées en plages arrondies souvent alignées. Les zones granuleuses sont constituées par du verre, les zones claires sont cristallisées et contiennent du quartz en cristaux à contours
arrondis et même circulaires qui correspondent aux plages arrondies observées en lumière naturelle.
N° 9 (Kef Cheraïa). Pâte avec éponges de quartz globulaire associées à des plages de quartz nettement secondaire qui imprègne toute la masse, Filonnets avec veinules de calcédoine en sphérolites (calcédonite) (PI. XLVII, ph. 8).
N° 10 (Kef Cheraïa). Le deuxième temps est uniquement constitué par des plages engrenées et à contours flous de quartz ;
l'aspect de la plaque rappelle un peu certains quartzites.
c) Interprétation des observations. — Dans son important mémoire sur les roches éruptives de l'Estérel [85], M. Albert Michel-Lévy analyse en détail tous les stades d'évolution des pyromérides el pechsteins de cette région depuis le moment de leur éruption Jusqu'à leur consolidation définitive à la température ordinaire du sol. A la suite de cette étude, il conclut dans les termes suivants :
« En résumé, les cristallisations qui ont pu se produire durant le refroidissement du magma pâteux amorphe des pyromérides ou dans
le verre de ce magma, ont donné naissance aux structures suivantes dans leur ordre d'apparition :
[ 1° Str. cristallitique.
Structures \2 Str. micropegmatitique.
; | promorphiques. 3° Str. microlitique.
Etat pâteux, fluidal 4 Str. sphérolitique (or- (hautes températures) those).
Structure secon- (
RE: ; Str. granitoïde.
daire immédiate. | ë
Éd { Str. microgranulitique.
(verre recuit à basse) Séructures de Str. sphérolitique (quarttempéraiure et ac-) dévitrificalion. zine, calcédonite).
tion de l’eau)
La série d'échantillons recueillis — échantillons dont je ne soupçonnais pas l'intérêt avant de les avoir examinés au microscope — ma néanmoins permis, bien que limitée en nombre, de
retrouver certains des stades décrit par M. Albert Michel Lévy dans l'Estérel.
Hormis les échantillons n° 9 et 10 qui appartiennent à la catégorie des structures secondaires immédiates (structure granitoïde) les autres roches montrent très nettement des structures de dévitrification ; il y a une similitude assez frappante entre les
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types que j'ai examinés et les types décrits dans le mémoire cité.
A l’origine des aspects divers observés est la production des fissures de retrait perlitique, conséquence d’un abaissement brusque de la température et d’une prise en masse du magma fluide ; la fragmentation des quartz du premier temps, éclatés en débris anguleux, vient à l'appui de cette affirmation.
La température du magma ainsi abaissée, sous l'influence d'un recuit, produit selon M. Albert Michel Lévy aux environs de 500°, des cristaux ont pris naissance dans la masse vitreuse ainsi compartimentée; l'orientation des éléments cristallins nouveaux a été dirigée par la présence de ces fentes de retrait.
Dans l'échantillon n° 1, on a vu la masse presque entièrement vitreuse simplement découpée en zones circulaires ou polygonales; à partir de ce réseau directeur tracé par les fissures perlitiques vont naître, vers l’intérieur des aires, des couronnes dont nous voyons la cristallinité augmenter dans les échantillons n° 3 et 4. Les fibres à allongement positif qui constituent les couronnes sont faites de quartzine. L'aspect observé sur le n° 4 est très comparable à celui figuré d’un pechstein du Col de la Motte [85, p. 35, fig. 6] ; toutelois, je noterai une différence : le quartz qui remplit le centre des globules perlitiques ainsi que les intervalles entre ces globules n'est pas microgranulitique, mais plutôt poecilitique avec, çà et là, quelques microlites d'orthose.
Dans d'autre cas, c'est la naissance de grandes plages homogènes de quartz qui a été dirigée par les fissures perlitiques : ainsi, dans la plaque n° 8, des cristaux aux angles arrondis ou même à sections circulaires occupent la totalité de certaines aires comprises entre ces fissures.
L'échantillon n° 7 fournit un exemple de cas où la naissance du quartz n’a pas respecté le retrait perlhtique puisque celui-ci est invisible entre nicols croisés.
Les sphérolites bruns signalés dans la description du n° 6 ne m'ont révélé aucun caractère qui me permette d'en diagnostiquer la nature exacte; à ce propos, je mentionnerai que Dupare et Pearce ont signalé des sphérolites analogues dans les plagioliparites du Cap Marsa [11], sans donner de description plus précise.
Entin, je soulignerai la constance d'une imprégnation chloriteuse, imprégnation dont M. Albert Michel Lévy a également signalé l'existence dans les roches qu'il décrit. C’est à la présence de ces minéraux qu'est due la couleur verte si frappante des rhyolites pétrosiliceuses de la Kabylie de Collo.
Si0?
AO Fe203
Mg0
CaO
Na?0
Ti0?
Perte à 110° Perte au feu
COMPOSITION RÉELLE
0,36 Do 1,80
0,10 traces
CouPposiTION VIRTUELLE ;
Si0? libre 40,92 Or 29357 Ab 19.10) An 8,89 APOS% libre 0,71 Ga0:S102 —
pese | reO:Si0: = ou Di } Mg0.Si0? 1,30 He 052 Ma 0,92 Il 0,15 Eau 8,10 99,98
An°}, 40 Le 1,16
Plag
Zb 2,69
Paramètres
0,45 0,25 0,26 0,45 7,10 0,10 traces 0,80 JSK
40. Rhyolite monzonitique à plagioclases. — 500 m. NW Bord) de Cheraïa (42 41. Rhyolite, même origine.
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