‹ La Kabylie de ColloChapitre 87 sur 184 · Famille C de A, Lacroix (voir tableau page · texte numérisé non relu

Famille C de A, Lacroix (voir tableau page

; Oligoclase en petites baguettes.

Pâte :

Pyroxène en petites plages.

/ Plagioclase rare.

: Fer oxydulé Anc. cristaux Ey ï Chlorite.

Calcite.

Les feldspaths et le pyroxène paraissent de formation simultanée.

On peut désigner cette roche sous le nom de dolérite andésilique.

L'examen des plagioclasolites de la Kabylie de Collo va être fait d’après les données pétrographiques, dans l'ordré correspondant à l’appauvrissement de leurs plagioclases en albite.

1° Gabbro andésinique à diopside-augite. — Entre la Leriba Azeggar et le Marabout de Sidi Bou Barnous, en pleine masse grenue de gabbro labradorique et à 25-30 m. au sud du marabout, pointe un filon d’une roche à grain très fin de couleur gris verdâtre moyen (Puissance du filon 80 cm. Direction NS. Plongement 75° NE

Cette roche est nettement microlitique. Le premier temps de cristallisation, d'ailleurs très peu abondant, est représenté par du pyroxène (diopside-augite) et des plagioclases corrodés et altérés, à macle de l'albite à peine visible, Le deuxième temps comprend comme minéraux prédominants du diopside en petits cristaux parfois altérés en chlorite et des microlites de plagioclases (andésine à 36-38 °/, An). À cela s'ajoutent quelques grains de magnétite et des agrégats fibreux ou sphérolitiques de chlorite (pennine). |

L'analyse chimique (analyse n° 52, page 190) met en relief une forte proportion de soude (Na °/, — 5,80 pour K:0°/, — 0,37) d’où un peu de néphéline virtuelle. Le plagioclase calculé a exactement la même composition que le plagioclase réel; à noter enfin la très faible valeur du rapport ee (0,04). (E b=

D 34,20) indique une roche mésocrate (3° groupe des plagioclasolites). Enfin les paramètres sont 6 6%268).5:1249%2.2;) Le filon du Marabout de Sidi Bou Barnous est done constitué par un microgabbro andésinique à diopside [q — 5, r = 2(3), s = 5,i— 2].

Au pied du sémaphore, dans les éboulis, on rencontre des blocs d’une roche grenue à grain fin, gris verdâtre, de tonalité plus claire que la roche du promontoire du Cap Bougaroun.

En lame mince, la structure grenue est nette: les constituants sont le pyroxène (pyroxène monoclinique, incolore en lumière

51. Gabbro andésinique à diopside-augite. — Sémaphore du Cap Bougaroun (38-39,5).

52. Microgabbro andésinique à diopside-augite. — Filon entre la Zeriba Azeggar et Sidi Bou Barnous (37,8-39,9).

53. Gabbro labradorique à hornblende verte. — Près du marabout, à 200 m. S de Mersa di Demet el Djied (30-34).

54. Gabbro labradorique à amphibole monoclinique. — Entre le pont et le Sémaphore du Cap Bougaroun.

CoMpPoOSITION RÉELLE :

pi 59 23 54 SION 90,00 49,80 53,05 49,25 Al203 16,70 15,80 16,83 16,46 Fe203 2,90 3,60 2,50 1,15 FeO 6,65 5,76 5,15 6,12 MgO 7,45 7,27 6,25 10,70 Ca0O 120 7,00 11,30 11,10 Na20 4,60 2,80 2,85 1,96 K20 0775 0,37 0 0,61 TiO? 0,60 0,80 0,60 0,20 P205 0,10 0,12 0,16 0,04 Perte à 110° 0,50 0,80 0,05 0,35 Perte au feu 2,70 3,00 0,80 210 100,15 100,12 100,27 100,04 ComPosiTiON VIRTUELLE :

Si0? libre PORT — 2,76 Or 4,45 229 4,45 3,34 Ab 36,68 38,25 24,10 16,77 An 29,79 15,85 30,86 34,19 Ne 1NIS 5,96 — — Hy{FeO.Si0? — 2 æ 3,96 MgeO.SiO? — " = 10,50 CaO,Si0? D.10 7,54 10,21 8,39 Di : FeO.S10? 1,45 Le 6,34 2e | MsO.Sio? 330 5,20 15,60 5:60 | { 2Fe0.Si0? EN | 3.47 =- 3,06 OT 9MyO.SiO2 10,78 9,10 F 7,42 Ma 4,17 5,34 A A 1,62 Il HAE 159 1522 0,46 Ap 0,31 0,31 0,31 0,31 Eau 3,20 __ 3,80 0,85 2,45 100,08 100,28 100,41 100,14

An °/ 38 29 56 57

= 0,07 0,04 0,08 0,07 2b 31,83 34,20 37,39 43,39 Para [pra Œrs. 11,5.3.(4)5. INTIT).5.2(3).5. II(III).5.'4.4(5) TII.5.4.4' mètres | h,k,l 72.3(4)-(3)4.(1 )2.9' DS I (1:23) DR TOS

naturelle, groupe du diopside-augite), les plagioclases et un peu de magnétite. Les blocs sont en général altérés de telle sorte que les mesures sur les plagioclases sont rendues difficiles par la présence de la damourite : les quelques chiffres obtenus indiquent néanmoins que l'on est en présence de labrador. Outre la damourite, les minéraux d'altération sont la chlorite (pennine), l'épidote et même des traces de calcédoine.

La composition chimique de cette roche est très voisine de celle du filon de Sidi Bou Barnous (analyse n° 51, page 190). Les paramètres sont 1L.5.3.(4)5-[72.3(4)-(3)4.(1)2.2 et en font un gabbro andésinique à diopside- augite. |

La faible valeur de ! met en relief une légère tendance vers le groupe des Norites et Allivalites.

2 Gabbro labradorique à hornblende verte. — J'ai recueilli de bons échantillons soit à l'embouchure même de l’'Oued Djeballah ben Aïech (30,5-38), soit près du Marabout situé à 200 m. environ au sud de Mersa di Demet el Djied. En masse, la roche est sombre, de teinte moyenne gris foncé, parfois légèrement verdâtre, montrant de très fines baguettes blanches de feldspaths: son aspect rappelle beaucoup celui de certaines dolérites. Le grain est assez fin.

La plaque mince montre une belle structure grenue avec tendance doléritique et, comme éléments prédominants, l’amphibole et les plagioclases. L'amphibole est de la hornblente verte, assez pléochroïque dans les tons vert bleuté et vert jaunâtre ; les clivages mm sont bien marqués (PI. L, pl. 5). Cette hornblende englobe parfois pæcilitiquement de petites microlites de plagioclases. Les plagioclases, en baguettes allongées bien délimitées, s'éteignent, dans la zone perpendiculaire à g!, avec un angle angle maximum de 30 à 33° (labrador à 45 An).

En outre, j'ai noté du quartz en proportion variable, toujours faible, un peu de biotite (accidentelle), de la magnétite {constante), des traces d’apatite et de sphène ; dans les sections altérées, il y a de l'épidote. Il est intéressant de noter que, dans certains échantillons, la magnétite est très abondante et devient un des minéraux constituants au même titre que l’amphibole ou les plagioclases (PL. L, ph. 3).

L'ordre de cristallisation est le suivant : amphibole, plagioclase, quartz.

L'analyse chimique (analyse n° 53, page 190) révèle une forte proportion de chaux. Le calcul de la composition virtuelle donne

192 MARCEL ROUBAULT

Or Plag une grande prédominance des plagioclases, surtout de l’anorthite (le plagioclase calculé contient 56 °/, An) et une forte valeur de Eb (37,39 °/,); enfin les paramètres sont II (III). 5. ‘4. 4 (5) [(4) 2.1.2.2-2’]. En résumé, on est en présence d'une roche mésocrate pour laquelle q = 5, r — ‘4, s = 4 (5) et 1 — 2, et dont le plagioclase réel et virtuel est du labrador : c'est un gabbro labradorique à hornblende verte.

2,76 °/, de silice libre, très peu d’orthose (4,45 o},, — 008}

La roche qui constitue le Cap Bougaroun, et en particulier les assises du phare, est tout à fait comparable à celle de l'Oued Djeballah ben Aïech; malheureusement, en raison même de l'exposition remarquable des lieux à toutes les actions érosives, les échantillons recueillis sont assez altérés. La hornblende verte est transformée pour une bonne part en chlorite (pennine) : les plagioclases sont. damouritisés ; le quartz et la magnétite sont présents.

À l’aplomb du phare et à plusieurs dizaines de mètres en contrebas, la roche est à grain très fin et de couleur un peu plus claire que celle des assises du bâtiment. L'examen d’un échantillon m'y a montré la structure microlitique. Le premier temps, peu abondant, est uniquement représenté par de rares sections de plagioclases ; le deuxième temps, très bien cristallisé, est constitué par des microlites de plagioclases acides (l'extinction se fait avec un angle faible dans la zone perpendiculaire à g! et correspond à l’oligoclase-andésine) (PI. L, ph. 1). L'élément ferromagnésien est entièrement transformé en chlorite J'ai également noté un peu de quartz, de cristallisation postérieure aux plagioclases, de multiples grains noirs d'ilménite et de magnétite, du sphène, de l’épidote (d'altération).

Je n'ai observé aucune ligne de démarcation entre le type grenu à amphibole et ce type microlitique ; le passage de l’un à l’autre est progressif.

Curie et Flamand disent avoir observé une roche microlitique à pyroxène dans la tranchée du phare de Bougaroun (loc. cit.) ; peut-être font-ils allusion à une roche voisine de celle décrite ci-dessus. Personnellement, je n'ai recueilli dans cette région aucune roche à pyroxène en dehors de celle du filon du marabout de Sidi Bou Barnous. Au surplus, ces auteurs se contredisent eux-mêmes ; deux pages avant l'extrait cité, ils écrivent en effet

€ Au Cap Bougaroni, même, la tranchée laillée dans la montagne

pour la construction du phare forme une coupe remarquable ; elle permet de voir un filon blanc de trois mètres de puissance, qui traverse une roche amphibolique d’un vert foncé ;

Cette affirmation est en parfait accord avec mes observations. Au total, un doute pèse donc sur l'existence en contrebas du phare de roche pyroxénique; j'ail'impression nette que la masse du cap est essentiellement amphibolique,

3° Gabbro labradorique à amphibole monoclinique.— Je désigne ainsi une roche dont l'amphibole n'est pas de la véritable hornblende veïte mais dont les caractères chimiques sont très voisins de ceux des gabbros précédents. Elle affleure sur le sentier de la Zeriba Azeggar au sémaphore, à la traversée du ravin qui draine les eaux du Koudiat Taferchat (ravin oriental, fig. 14) ; à l'œil nu, elle se présente sous l'aspect d’une roche gris vert foncé à gros grains avec une très forte proportion de cristaux vert foncé sub-bacillaires et peu d'éléments blancs.

Au microscope, on observe la structure grenue avec, comme minéraux essentiels, de l'amphibole et des plagioclases (PLAT ph. 6). L'amphibole, Jaune verdâtre clair, peu ou pas pléochroïque est souvent dissociée en fines aiguilles ; elle se présente avec les caractères de la trémolite ou d’une actinote peu colorée si ce n’est l’angle d'extinction maximum dans g' qui est supérieur à 20° et la rapproche de la hornblende comniune. Les plagioclases, en sections allongées, sont basiques : l’angle d’extinclion maximum pour les sections de la zone perpendiculaire à g! est de 41°, ce qui indique du labrador à 60 °/, An.

Parfois on note en outre du quartz, ce minéral étant de dernière cristallisation ; j'ai retrouvé quelques sections de pegmatite de quartz et de plagioclase, déjà signalée par Curie et Flamand (loc. cit.). La magnétite est absente ou rare.

L'analyse chimique (analyse n° 54, page 190) donne des chiffres très voisins de ceux obtenus pour le gabbro de Mersa di Demet el Djied. A noter toutefois une plus forte proportion de MgoO °}, (10,70 au lieu de 6,25) d'où de l'hypersthène virtuel en quantité notable. Le feldspath calculé est identique au feldspath réel (An °/, — 57, les mesures d'angles ont conduit à 60 °/°). Enfin les paramètres sont IILX.4.4 [2.2."2.2]; la roche est donc encore un gabbro labradorique à amphibole.

Si l’on en peut juger d’après l'aspect des arènes, le promontoire Zeriba Azeggar-Phare de Bougaroun est formé en majeure partie par cette roche, laquelle passe sans doute progressivement au type à véritable hornblende verte quand on se rapproche du phare.

M. Rousaurr, —- La Kabylie de Collo, 13

194 MARCEL ROUBAULT

De ce gabbro labradorique, je rapprocherai deux échantillons recueillis dans des blocs détachés mais volumineux, au fond du ravin sous la Zeriba Rir Mezemour (exactement sur le bord du sentier de cette zeriba à Chabet el Mordj !).

Le grain de ces échantillons est un plus fin que celui de la roche précédemment étudiée, la magnétite existe en quantité assez notable (PI. L, ph. 4); ces deux caractères rapprocheraient la roche du gabbro labradorique à hornblende verte de Mersa di Demet el Djied, mais l'’amphibole, en cristaux bacillaires ou dilacérés en fines aiguilles, est tout à fait identique à celle du gabbro du ravin du Cap Bougaroun. En fait, on est en présence d'un terme de passage.

Page 1