‹ La kinésithérapie gynécologique [electronic resource]Chapitre 16 sur 19 · SUITES DE COUCHES · texte numérisé non relu

SUITES DE COUCHES

La suBiNVOLimoN, les hémorrhagies, la métrite, la métro-salpingite, conséquence très ordinaire des suites de couches et de l'avortement, indiquent la Kinésithérapie.

Gymnastique. — Décongestionnante.

Massage. — Voyez le paragraphe suivant.

Le défaut d'hygiène et surtout la reprise prématurée des rapports conjugaux (choc traumatique, infection), beaucoup plus que la scepticémie des accouchées, aujourd'hui à peu près disparue dans les hôpitaux bien tenus, sont la cause de la plupart des inflammations utéro-annexielles.

Je pense qu'en règle les accouchées de nos services hospitaliers devraient être soumises au traitement kinésique, à leur sortie, pendant quelques semaines. Elles y trouveraient un préservatif et le très prompt relèvement de leurs forces. Avec cela et la suppression de quelques usages administratifs, contraires à l'hygiène la plus élémentaire, on diminuerait certainement le nombre des affections gynécologiques.

Pour les accouchées de la ville, le bénéfice ne serait pas le même à cause du repos prolongé qu'elles peuvent s'accorder; niais je traite systématiquement les suites d'accouchement et d'avorton eut par la gymnastique seule on

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par le massage et la gy mnastique si J'ihvolution est lente ou si les hémorrhagies s'installent.

Je modère ou arrête chez les accouchées par La gymnastique les lochies sanguines qui, faisant recrudescence ou réapparition suivant la règle Le dixième jour et Le vingtième (molimens), ont tendance à s'installer malgré Les injections chaudes. J'arrête de même, par La gymnastique, ou je préviens U'S UÈGLES DES [NOURRICES.

M É T RITES. - MÉTRO-SALPINGITES. - OOPHORITKS

Gymnastique. — Décongestionnante le plus souvent.

Massage. — Décongestionnant dans la pluralité des cas. Exécutez dès que vous pourrez les frictions circulaires sur la face postérieure de l'utérus, La face antérieure reposant sur le doigt qui louche. L'isthme et Le col, le fond et les cornes ensuite, puis les lianes. L'organe diminue rapidement de volume quand les tissus ne sont pas dégénérés. Les trompes saisissables , isolées des œdèmes ambiants par fonte de ces œdèmes sous l'influence du traitement, doivent être massées des cornes au pavillon.

Les cols érodés ou même ulcérés, même justiciables de l'opération de Schrœder, se cicatrisent tantôt très vite, tantôt lentement et quelquefois avec aggravation momentanée de l'ulcère dans les premières séances; mais la disparition de ce dernier est définitive parce que le traitement guérit là môtrite, principe de l'ulcère, et non pas seulement l'ulcère comme les pansements locaux.

Les écoulements utérins et salpingiens de mucus, de muco-pus elles écoulements aqueux sont d'autant plus difficiles à modifier que la lésion primitive est plus ancienne, siège plus haut dans le canal génital et que les organes sont plus difficiles;! saisir. Les vieilles leucorrhées des arthritiques sont rebelles lors même que l'état général a été nettement modifié par le traitement.

Je me suis expliqué (page 32) sur la valeur nosologique du terme môtrite et métro-salpingite. Ces lésions primitives se compliquent plus ou moins vite, d élais morbides divers, pour le traitement desquels le lecteur doit glaner dans tous les paragraphes de cet opuscule.

OEDÈMES PELVIENS (CELLULITE)

Ce sont les infiltrations du tissu cellulaire du paramètre et les altérations chroniques nue la permanence des états congestifs détermine par l'obstacle aux fonctions normales des tissus. Ceux-ci sont tellement modifiés à la Longue qu'ils perdent toutes leurs propriétés.

[] j a : I - les oedèmes séreux, conséquence de simples troubles de fonction. Ils s'observenl chez les femmes dont les organes génitaux sont indemnes. A plus forte raison chez celles qui présentenl des altérations utéroannexielles. Les femmes enceintes j sont sujettes.

U LA KINESITHERAPIE GYNÉCOLOGIQUE [586]

2" Les cedèmbs fibro-plastiques (cellulite), qui accompagnent ousuivenl les affections de l'ovaire, de la trompe et de L'utérus. Ce n'est plus la conséquence d'un simple trouble fonctionnel. Ces œdèmes dépendent d'un processus inflammatoire suhaigu qui les engendre, et ils persistent après que toute trace inflammatoire a disparu, créant ainsi le l'acteur principal de la oforonieité gynécologique, puisque, outre L'infiltration, il y a hyperplasie conjonctive. C'est une tumeur (exsudai des Allemands). Nous donnons au mot fibro-plastique le sens qu'on lui donnait autrefois et non pas celui de sarcome. (Geoffroy Saint-Hilaire.)

La cellulite ne suppure que par exception. C'est une affection subaiguë dont les poussées souvent confondues avec la pelvi-péritonite sont en relation directe avec les troubles vaso-moteurs périodiques qui se manifestent chez les femmes dont la circulation abdomino-pelvienne n'est pas normale, du 8° au 15e et du 20° au 27° jour, en comptant du début des menstrues.

La péri-salpingite, la péri-oopborite, la péri-paramétrite ne sont pas autre ebose que la cellulite. Il y a des œdèmes très tenaces qui sont entretenus par des varices ambiantes.

Gymnastique. — Décongestionnante.

Massage. — Frictions circulaires, vibrations manuelles, effleurage des parois pelviennes. Ayez soin de ne jamais attaquer d'emblée la tumeur. Tournez autour, non seulement à. travers la paroi abdominale, mais par le rectum en effleurant de bas en haut les parois pelviennes, quelquefois par le vagin, car il y a des œdèmes mous qui forment un coussinet élastique inlra-pariétal vaginal et des œdèmes durs qu'on perçoit dans la même paroi comme des plastrons. Partout où il y a du tissu conjonclif l'œdème ou infiltration peut exister.

Lorsque la cellulite pelvienne date de loin, la guérison est affaire de temps et de patience. Ne comptez ni les semaines ni les mois. Le résultai sera excellent.

Lorsque les œdèmes sont récents la guérison est rapide. Je ne me laisse pas arrêter par les poussées aiguës à moins d'accidents pelvi-péritonitiques très nets. Dans ce cas j'emploie la glace et je reprends le massage dès que les vomissements cessent et que la sensibilité est suffisamment atténuée. A plus forte raison, je ne me laisse pas arrêter par les poussées subaiguës, même avec subfébricité ou fébricilé, ni par ce soupçon de purulence pour lequel nous n'avons pas de critérium clinique et que les pièces anatomopathologiques après opération démentent si souvent ou réduisent à de très petits foyers disséminés dans une tumeur œdémateuse dure comme une racine de chou. J'en ai probablement fait résorher plus d'un; mais ayez la main légère.

Voici quelle est la marebe des traitements en général : amélioration de l'état général et de la locomotion; mobilisation, changement de consistance de la tumeur. Fonte des œdèmes périphériques. Persistance plus ou moins longue du noyau central qui finit par disparaître. Les annexes distinctes émergent de la niasse. L'utérus, primitivement soudé à la tumeur, se libère. Enfin il ne reste que des ligaments raiêes auxquels vous rendre/.

,v INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS 37

ime souplesse absolue ou relative. N'abandonnez pas trop vite votre malade, car ses ligaments raides deviendront une cause de déviation et de fixation.

Certains malades présentent des phénomènes pelviens douloureux nullement en rapport avec la gravité ou l'étendue des lésions perçues. Extrême sensibilité du ukctum et des parois pelviennes, des attaches cocejanales du releveur (il est bien possible (]iie la coccygodynie n'ait pas tï'autre cause), du sphincter contracture sans hèmorrhoïdes ni fissures, de la base des ligaments larges et des ligaments utéro-sacrés, induration et contracture de ces mômes ligaments, quelquefois élévation île température, sensation de poids qui t'ait croire à un prolapsus, à l'entéroptose, et ordonner des pessaires et des ceintures au moins inutiles, quelquefois tènesme du sphincter vésical, quelquefois vagimsme, tels sont les principaux signes de cette affection qui me semble parente de ce que j'ai décrit sous le nom de panniculite (voyez le paragraphe suivant). Je suppose, comme je l'ai dil plus haut, que les extrémités nerveuses . sont comprimées par de petits noyaux. En tout cas les phénomènes douloureux sont en relation avec les troubles vaso-moteurs périodiques. Ils augmentent du 8° au 15" et du 20e au u2o° jour. Sous l'influence des molimens le noyau augmente sans doute ou s'indure et la compression est plus forte.

J'emploie la gymnastique décongestionnante et le massage abdominal (friction circulaire) contre les accidents pelviens douloureux que je viens de résumer. Je mobilise les organes tiraillés par les ligaments indurés qne j'assouplis peu à peu. L'effleurage des parois pelviennes par le rectum est incliqué lorsque celui-ci est douloureux, et c'est seulement par celle voie qu'on peut atteindre les ligaments utéro-sacrés où la douleur se confine en dernier lieu, alors que le plancher pelvien et l'intestin ont déjà recouvré l'insensibilité et la souplesse.

Il faut éviter l'eflleurage des parois pelviennes cbez les femmes qui ont de la redite et qui expulsent des peaux blanches (entérite pseudo-membraneuse).

Dans certains cas la contracture du plancher est telle que le doigt serré dans les sphincters comme dans un anneau de fer ne peut manœuvrer. On essaiera alors de la vibration mécanique, extra-anale (tampon sur l'anus) ou infra-rectale qui supprime promptement les contractures. Le doigt pénètre ensuite aisément. Mais sacbez que d'après mes expériences récentes quatre ou cinq séances de vibrations provoquent les règles. Choisissez donc le moment et abstenez-vous de la vibration cbez les ménorrbagiques ou conlrc-balancez-en l'effet par la gymnastique décongestionnante. Contre le lénesine vésical, Bra rn.lt employait la vibration digitale exécutée avec la pulpe de l'index de la main gauebe dont le poignet est saisi par la main d roi le. Ce procédé m'a donné de bons résultats. Les belles recherches de Keiffcr (Bruxelles) sur la vascularisalion du col vésical et l'influence que les vaso-constrictions ou dilatations exercent sur cet organe expliquent les lion- résultais du massage et ronlirmenl mes idées.

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