‹ La kinésithérapie gynécologique [electronic resource]Chapitre 3 sur 19 · SS] HISTORIQUE ET CRITIQUE · texte numérisé non relu

SS] HISTORIQUE ET CRITIQUE

époque le mot massage. En 1874 il adopta ce terme français entré dans la langue suédoise pour désigner l'ensemble des manipulations extérieures en usage dans les instituts gymnas tiques ; mais il vit, malgré ses vives et continuelles protestations, les manœuvres que cet utile néologisme synthétisait prendre une place prépondérante dans l'esprit des médecins. Peu à peu massage se substitua à gymnastique. Celle-ci, incomprise, s'effaça, et on appela méthode de Brandt le massage gynécologique. Erreur qui s'est de plus en plus accréditée.

En 1876, un Suédois, Norslrôm, tenta d'acclimater en France une sorte de massage gynécologique Il omettait la gymnastique.

En 1884 Brandt publia son traité suédois 2, qui est exclusivement son œuvre.

En 1886, Scbullze et Profanler invitèrent Brandt à exercer sous leurs yeux à Iéna. Ce fut, pour sa méthode, le baptême officiel. L'Allemague s'est bonorée en l'accueillaut la première ; mais si d'importantes publications se répandirent il n'y eut ni travail critique, ni étude pbysiologique.

La méthode tronquée n'acquit aucune valeur scientifique. L'empirique même déchut d'abord par négligence de la gymnastique, ensuite parce que le massage lui-môme s'écartait souvent des principes du maître suédois. Cbacun le pratiquait à sa guise. On finit par le mêler à d'autres traitements gynécologiques répudiés par Brandi. La seule constatation originale qu'on puisse relever à l'actif des médecins est que le massage abdominal facilite le diagnostic; mais Theilaber, qui signala le fait, n'approfondit nullement la question.

En 1889, le Dr Goldspiegel-Sosnowka donna en français une description sommaire des manœuvres de Brandt, en omettant la gymnastique.

En 1890, Brandt publia un Traité des maladies des femmes en allemand 3. C'est son Gymnastiken suédois, mis au point par Lindblom, c'est-à-dire débarrassé de tout ce qui pouvait, par l'étrangeté des idées, par l'ignorance des doctrines médicales en cours, nuire à la vulgarisation de l'œuvre.

En 1891, Jentzer et Bourcart restituèrent à la méthode le nom de gymnastique gynécologique *.

En 1892, Stapfer la qualifia Kinésithérapie ggnécologique 5, et après un an de recherches cliniques lui accorda sans hésiter une valeur scientifique suffisante pour provoquer la revision de la science gynécologique et même de la médecine générale. Puis il se mit à l'œuvre avec ses élèves dans le petit service que lui confia le Professeur Pinard à Baudelocque.

En 1893, Stapfer, d'abord préoccupé de formuler les indications que ni

1. Traitement des maladies des femmes au moyen du massage. Les nombreuses publications de Norstrôm s'étendent jusqu'en 1893. Péan, dans le service duquel il pratiqua, s'exprimait à ce sujet en ces termes : « de tous les traitements gynécologiques médicaux, le massage est le plus remarquable ».

2. Gymnastiken, Stockholm, trad. allemande, de Reich (1888); française, de Stas d'Anvers (1891).

3. 1" édition, Berlin, 1890: 2° édition, Berlin, 1893, Fischer. ii. Genève et Paris, 1891, G. Carré.

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