‹ La lâegende d'un peupleChapitre 47 sur 67 · DU CALVET · texte numérisé non relu

DU CALVET

Personne n'a connu ta tombe, ô Du Calvet ! Quand la mort te frappa, personne à ton chevet. Ni sur ton front penché, ni sur ta lèvre blême. N'a recueilli le mot du terrible problème Qui planera toujours sur tes derniers instants !

C'est à ton héroïsme, à tes efforts constants, C'est à ton dévoiiment, le plus pur, le plus ample Dont ces temps malheureux nous aient légué l'exemple.

Que tu dois cette fin mystérieuse ; et nous

Le devoir filial de bénir à genoux

Le premier champion de nos luttes civiques.

L'Histoire avait fermé ses registres épiques ;

Le soleil de la France à nos yeux s'éclipsait ;

Des guerres la rougeur sanglante s'effaçait;

L'orage dans la nue enrayait son tonnerre;

Mais, après les grands coups d'estoc, c'était une ère

De combats plus obscurs, qui, pour les oubliés,

Dans l'ombre préparait ses traits multipliés.

Un petit peuple encore à sa première enfance ! Quelques déshérités, désarmés, sans défense ! Nul danger du dehors, rien à craindre au dedans La persécution pouvait montrer les dents.

Elle montra ses crocs et toutes ses molaires.

Héritière en sous-main des anciennes colères,

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