DU CALVET
Personne n'a connu ta tombe, ô Du Calvet ! Quand la mort te frappa, personne à ton chevet. Ni sur ton front penché, ni sur ta lèvre blême. N'a recueilli le mot du terrible problème Qui planera toujours sur tes derniers instants !
C'est à ton héroïsme, à tes efforts constants, C'est à ton dévoiiment, le plus pur, le plus ample Dont ces temps malheureux nous aient légué l'exemple.
Que tu dois cette fin mystérieuse ; et nous
Le devoir filial de bénir à genoux
Le premier champion de nos luttes civiques.
L'Histoire avait fermé ses registres épiques ;
Le soleil de la France à nos yeux s'éclipsait ;
Des guerres la rougeur sanglante s'effaçait;
L'orage dans la nue enrayait son tonnerre;
Mais, après les grands coups d'estoc, c'était une ère
De combats plus obscurs, qui, pour les oubliés,
Dans l'ombre préparait ses traits multipliés.
Un petit peuple encore à sa première enfance ! Quelques déshérités, désarmés, sans défense ! Nul danger du dehors, rien à craindre au dedans La persécution pouvait montrer les dents.
Elle montra ses crocs et toutes ses molaires.
Héritière en sous-main des anciennes colères,