‹ La lâegende d'un peupleChapitre 49 sur 67 · PAPINEAU · texte numérisé non relu

PAPINEAU

Dites-moi, n'est-il pas assez étrange comme

Un peuple entier parfois s'incarne dans un homme?'

Cet homme port^-voix, cet homme boulevard, Là-bas c'est Canaris, ailleurs c'est Bolivar, Ici c'est Washington écrivant sa légende, Plus loin c'est O'Connell en qui revit l'hlande...

Quarante ans, transformant la tribune en créneau, L'homme-type chez nous s'appela Papineau !

224 lA LÉGENDE D'UN PEUPLE.

Quarante ans il tonna contre la tyrannie ; Quarante ans de son peuple il fut le bon génie, L'inspirateur sublime et l'âpre défenseur; Quarante ans, sans faiblir, au joug de l'oppresseur 11 opposa ce poids immense, sa parole ; Il fut tout à la fois l'égide et la boussole ; Fallait-il résister ou fallait-il férir, Toujours au saint appel on le vit accourir ; Et toujours à l'affût, toujours sur le qui-vive, Du Canada français il fut la force vive!

La persécution, lasse de le traquer.

Cède un jour à l'appât le soin de l'attaquer. Alors du vieux lion l'indomptable courage Frémit sous la piqûre et bondit soug l'outrage. Vous savez tous, ô vous que sa verve cingla, Ce qu'il vous fit payer pour cette insulte-là !

0 les persécuteurs arrogants ou serviles, ^^ Fauteurs intéressés de discordes civiles. Comme il vous foudroyait de son verbe éclatant!

Page 1