‹ La lâegende d'un peupleChapitre 6 sur 67 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

une rime. Il tient à séduire rpreiUe-avant les yeux, -et fera, par exemple, rimer d'où avec doux. Il écrira ce vers :

On entendit partout ce cri : o A Notre-Dame! »

quand il lui serait très facile de mettre ces cris ; c'est que volontairement il cherche le mouvement, la vie, et ne s'astreint pas servilement à la règle, quand il croit que d'une émancipation quelconque doit résulter une beauté. Et en cela encore il est du libre pays qui fut une autre France.

Qui fut ! disons : qui est. Aux jours de la Saint-Jean, lorsqu'au soleil des fêtes nationales, dans son étui de soie, passe le vieux drapeau, le drapeau de Montcalm à la bataille de Carillon, le drapeau fleurdelisé troué de balles, le cœur des Canadiens bat au nom de la France. C'est la France encore que les Canadiens évoquent dans la vieille chanson sainlongeoise, Claire Fontaine, qui est leur air national :

Au bord d'une fontaine, Je me suis reposé!...

Lorsqu'ils parlent de notre patrie à un étranger qui débarque, ils disent : « Vous venez de chez nous? » Le temps passé, le temps de la France, c'est pour eux le temps du temps de nos gens. Dans leurs cérémonies publiques on voit flotter par les airs cent drapeaux tricolores pour un éten-

VI PIIÉFACE.

dard anglais, et quand, en 1870, sonna l'heure de la défaite, chaque malheur de la patrie était marqué, là-bas, par un plus grand nombre de volontaires qui demandaient à s'embarquer pour venir défendre la France, notre France et leur France !

Car elle continue, la Légende du Peuple que nous chante M. Louis Fréchelte. Elle a trouvé au Canada son poète inspiré, elle trouvera ici son historien. Toute une littérature française germe et grandit par delà les mers, et je suis des yeux plus d'un ami qui nous envoie, en bon français, des maîtres livres.

La Légende d'un Peuple est un de ces livres-là.

Ce noble volume n'est pas un banal recueil de vers qui se fane en une saison; ce livre est de ceux qui ajoutent une ligne, un chapitre à une histoire littéraire.

M. Louis Fréchelte ne me pardonnerait pas de le comparer à Victor Hugo ; mais sa dédicace pourtant, à la mère patrie, m'a fait songer à l'envoi du poète exilé :

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