‹ La lâegende d'un peupleChapitre 5 sur 67 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

pâle et déjà mourant sur son cheval ; et les femmes, en le voyant passer, livide, ensanglanté, disent en se signant : « Grand Dieu! le Marquis est mort!.,. » le marquis qu'on enterrera bientôt dans le trou creusé par une bombe anglaise. Chose plus inconnue : au siège de Québec, l'épée de La Pérouse a pu rencontrer celle du capitaine Gook. Ges deux artisans de civilisation se combattirent, et la destinée les rapprocha dans le péril comme elle devait les faire se ressembler dans la mort.

On connaît la fin de l'aventure : le Ganada perdu, le duc de Lévis arrachant une fois encore, dans les plaines d'Abraham, la victoire aux généraux anglais, puis tout un peuple livré à la conquête :

Et notre vieux drapeau, trempé de pleurs amers. Ferma son aile blanche et repassa les mersl...

G'est cette Légende, cette épopée que raconte eu beaux vers, vibrants et sincères, le poète canadien Louis Fréchette. Je ne doute pas de l'accueil que réserve à ce livre le public français. Voilà certes un volume de poésie d'une valeur toute spéciale. G'est une page d'histoire qui est en môme temps une œavre inspirée. Très érudit, connaissant notre langue comme un Français lettré du temps de Louis XIV, et nourri, en outre, des lyriques du xix^ siècle, M. Fréchette est un indépendant, c'est-à-dire qu'il osera volontiers, qu'il risquera tel hiatus ou telle rime voulue pour donner plus d'accent à un vers ou plus d'harmonie à

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