‹ La laitière de MontfermeilChapitre 17 sur 102 · LIV. 264. — TAUL DE KOCK. — ÉD. J. ROl'FF ET C'e. LIV · texte numérisé non relu

LIV. 264. — TAUL DE KOCK. — ÉD. J. ROl'FF ET C'e. LIV

La paysanne s'arrête à cent pas de l'arbre qui cache Denise en disant à Auguste :

— Adieu, monsieur, moi j'vas par là; et vous, pisque vous allez à Montfermeil, vlà vot' chemin tout droit.

— Nous ne nous quitterons pas ainsi, ma belle enfant, dit Auguste en lâchant la bride de son cheval pour prendre la taille de la villageoise, il faut au moins nous dire adieu...

— Laissez donc, monsieur, laissez donc,., vous me serrez trop ::-«rt.

— Pas autant que vous me plaisez.

— Tiens! ça vous à donc pris comme ça, tout d'un coup, en descendant de cheval?

— Ga me prend toujours ainsi !

— C'est pis qu'un coup de tonnerre!... Ah çà ! voulez vous ben me laisser ?

— Quand je vous aurai embrassée.

— Non, pas de ça... Prenez donc garde; pendant que vous vous échauffez, vot' bidet va s'en aller.

— Je le retrouverai.

— Tenez, le voilà déjà qui piaffe dans les haricots de Nicolas.

— Laissons-le piaffer.

— Monsieur, si je vous dis que je vas crier, si...

Le bruit d'un baiser interrompit la paysanne, et rententit jusqu'au cœur de Denise, qui entendait tout et ne bougeait pas. Ce premier triomphe allait peut-être être suivi d'un second, lorsque la voix de Coco se lit entendre ; il accourait vers Auguste, qu'il venait d'apercevoir, en criant de toute ses forces :

— Vlà mon bon ami ! Bonjour, mon bon ami! Viens-tu jouer avec moi?

A la voix de l'enfant, Auguste quitte la villageoise pour aller au-devant de Coco, et la paysanne s'éloigne par un chemin de traverse en disant :

— C'est ben heureux que ce petit soit venu, quoique ça... car j'avais beau me défendre... c'est qu'il allait toujours!... Jarni ! queu farceur qu'ça fait !

Auguste prend l'enfant dans ses bras, il l'embrasse, et reçoit avec joie ses caresses en lui disant :

— Tu n'étais pas à la chaumière, Coco, je n'y ai trouvé personne; est-ce que tu n'y demeures plus?

— Non, je suis toujours avec ma petite Denise, à présent: depuis que grand'mamatf Madeleine est morte, je demeure avec Denise... Oh! je

LA LAITIÈRE DE MONTFE RMEIL 151

suis bien heureux ! elle m'aime tout plein, Denise ! elle m'aime autant que Jacqueleine.

La jeune, fille, après avoir essuyé ses yeux d'où sortaient quelques larmes, a quitté le gros arbre, et s'approche d'Auguste en tâchant de prendre un air riant.

• — Tiens... la vJà Denise3 dit l'enfant en apercevant la petite laitière qui vient à eux.

Aussitôt Auguste court au-devant de la jeune fille en s'écriant :

— Vous voilà donc, ma chère Denise ! Que je suis aise de vous revoir I...I1 y a si longtemps... Vraiment, vous êtes encore plus jolie.

Denise fait à Auguste une froide révérence, et lui répond d'un air contraint : — Vous êtes ben honnête, monsieur.

— Sans les occupations qui me retiennent à Paris, il y a longtemps que je serais revenu vous voir... J'en ai eu plus d'une fois le désir, car je pensais souvent à la petite laitière de Montfermeil; etvous... pensiez-vous quelquefois à moi ?

■ — Oh!... pas souvent, monsieur, dit Denise en roulant le coin de son tablier.

— Voilà ce qui s'appelle de la franchise, dit Auguste avec un peu d'humeur ; mais bientôt il reprend sa gaieté habituelle et s'écrie ; — Au fait, Denise, vous auriez eu bien tort de vous occuper de moi! Est-ce que je mérite d'intéresser un cœur si neuf, si pur?... Non, je me rends justice!... Décidément, Denise, je suis bien aise pour vous que vous n'avez pas d'amour pour moi; mais j'espère avoir votre amitié, et j'en serai digne malgré mes folies. N'est-ce pas, Denise?... Vous serez mon amie vous; et lorsque quelques-unes de ces dames de la ville m'auront fait de nouvelles perfidies, c'est auprès de vous que je viendrai les oublier. Votre vue me raccommodera avec votre sexe ; vous me ferez croire de nouveau à la vertu, à la fidélité... à toutes ces qualités que nous cherchons chez les femmes, et... Ah! Denise, je ne vous ai pas encore embrassée, et un ami ace droit-là.

Denise tend sa joue en rougissant, et Auguste y cueille un seul baiser, parce que l'air froid et contraint de la petite laitière lui fait croire que ce n'est que par complaisance qu'elle lui accorde celte faveur.

— Il est donc arrivé bien des événements ici? reprend Auguste. Coco m'a dit qu' il demeurait chez vous, que sa vieille grand'mère était morte ..

— Oui, monsieur; j'ai demandé au père Calleux à garder son fils avec nous, il y a consenti. J'ai pensé qu'auprès de nous Coco serait plus heureux. Ai-je mal fait, monsieur?

— Est-ce que vous pouvez jamais faire mal?

— Et puis, ma petite Denise a bien soin de Jacqueleine, dit Coco, et elle me laisse jouer tant que je veux... à condition que, tous les matins et tous les soirs, je prierai le bon Dieu pour mon bon ami.

Denise rougit et. baisse les yeux en disant :

— N'est-il pas bien naturel de prier pour son bienfaiteur? xVuguste se sent ému; il considère quelques instants la jeune fille et

l'enfant, tout étonné qu'un peu- d'or, donné pour faire du bien, lui procure un bonheur plus grand que celui qu'il répand à poignée pour payer des plaisirs. Puis, comme s'il eût été honteux de son attendrissement, il s'écrie :

— Me remercier pour une bagatelle!... Mais, maintenant que mon petit garçon est tout à fait chez vous, je n'entends pas qu'il soit à votre charge. Il ne doit rien vous rester de la misère que je vous avais remise ; aujourd'hui nous réparerons mon oubli. Je veux que Coco fasse quelque chose, qu'il s'instruise...

— Oh! Denise m'apprend déjà mes lettres, dit l'enfant.

— Comment, Denise, est-ce que vous savez lire? dit Auguste.

— Oui, monsieur, et écrire aussi, répond la petite d'un air important. Auguste sourit en disant :

— Mais, vraiment, cela est très beau pour une laitière, et je suis sûr que vous êtes plus savante que toutes vos compagnes. En ce cas, je vous abandonne pour quelques années l'éducation de Coco. Plus tard... nous verrons... Je le ferai venir à Paris...

— Avec Jacqueleine, n'est-ce pas, mon bon ami? dit le petit en prenant la main d'Auguste.

— Oui. mon garçon. Mais j'oublie ce pauvre Bertrand, qui m'attend dans quelque cabaret du village.

— Il est chez nous, monsieur... je l'ai laissé avec ma tante.

— En ce cas, allons le rejoindre, car je vous avouerai, ma chère Denise, que je meurs de soif et de faim.

— Ah ! mon Dieu ! monsieur, et moi qui ne pensais pas à vous offrir... Venez vite... Oh! nous serons bientôt arrivés.

On se met en marche ; Auguste offre son bras à la petite, qui l'accepte en rougissant, et ose à peine s'appuyer sur son compagnon de route, craignant que la plus légère pression de son bras ne fasse deviner au beau monsieur ce qu'elle voudrait se cacher à elle-même, et retenant jusqu'à sa respiration, parce qu'elle croit que tout doit la trahir. Heureux âge! heureuse innocence! où l'amour a toute sa pudeur, où celle qui l'éprouve, tout en cherchant à le cacher, le laisse paraître dans ses yeux,

dans sa voix, dans ses moindres actions! Certes, il eût été bien facile alors de lire dans le cœur de la jeune fille; mais l'homme habitué au manège des coquettes de la ville peut-il se connaître au véritable amour?

On arrive à la maisonnette; on trouve la' mère Fourcy assise près de Bertrand et ouvrant de grands yeux en écoutant des récits de bataille que l'ancien caporal arrose avec le petit vin du pays. La tante de Denise fait force révérences au monsieur de Paris; Denise court, va, vient, met tout en l'air pour offrir sur-le-champ un joli déjeuner à Auguste; et pendant qu'on le prépare. Coco mène son bon ami près de Jacqueleine, et la mère Fourcy le suit pour faire admirer au monsieur la beauté de ses coqs, la grosseur de ses œufs et la gentillesse de ses vaches. Après avoir visité la maisonnette, Auguste se rend dans le jardin, toujours guidé par la mère Fourcy et Coco ; on lui fait goûter des fruits, du raisin; on lui offre les plus belles fleurs. Auguste trouve tout admirable, et chacune de ses approbations, lui attire une nouvelle révérence.

Enfin le repas est préparé. Il est une heure après-midi : c'est l'instant où l'on dîne au village, Denise a tant fait, qu'elle offre à Auguste un repas complet. Les poulets, les canards, les lapins y ont passé. Envoyant une table si bien servie, Auguste exige que ses hôtes y prennent place à côté de lui. Les villageoises font quelques façons; mais le jeune homme déclare qu'il n'acceptera rien si on ne lui tient pas compagnie. On cède en faisant de nouvelles révérences ; Auguste se place entre Denise et son petit protégé, la mère Fourcy en face, et, sur l'invitation de son lieutenant, Bertrand prend place près de la tante.

Ce repas, égayé par les saillies d'Auguste, par les rasades de Bertrand, par la joie naïve de l'enfant, fait éprouver à chacun des convives un sentiment nouveau. La mère Fourcy, toute fière de dîner avec un beau monsieur, se tient à un pied de distance de la table, et ne prendrait pas son verre sans saluer la compagnie. Bertrand éprouve une vive satisfaction à être assis près de son lieutenant ; et voulant prouver qu il n'oublie point le respect qu'il lui doit, il conserve, tout en mangeant, la même tenue que s'il présentait les armes; il ne lève pas les yeux de dessus son assiette, même pour verser à boire à sa voisine, ce qui l'expose quelquefois à verser à côté. L'enfant rit, bavarde, joue avec Auguste ri donne à mangera sa chèvre. Denise parle peu; elle est embarrassée, elle ne mange pas, et cependant elle se trouve bien heureuse d'être assise près du jeune étourdi qui embrasse toutes les filles, et qui a le secret de se faire aimer même de celles qu'il ne courtise pas.

Auguste n'a jamais été si gai qu'à ce repas : il caresse l'enfant, il dit le petit mot pour rire à la mère Fourcy, il force Bertrand à trinquer

iv54 OEUVRE DE PAUL DE KOCK

avec lui; il semble que l'air pur et frais des champs le dégage de toutes les sujétions du grand monde, et qu'heureux d'être un moment débarrassé d'étiquette et de galanterie, il respire avec plus de liberté.

— Bertrand, dit le jeune homme en se versant à boire, je crois vraiment que je suis plus content ici qu'à une table somptueuse, entouré de jolies femmes surchargées de bijoux et de parures, et servi par une armée de valets.

— Ici, monsieur, vous ne voyez que des gens qui vous aiment et qui ne vous ruineront pas en vous faisant des compliments et des politesses.

— Eh bien, Bertrand, quand les autres m'auront ruiné, c'est ici que je viendrai me consoler de l'ingratitude des hommes et de la perfidie des femmes. Mais vous ne me dites rien, Denise, est-ce que vous n'approuvez point mon projet!

— Si, monsieur, répondit la petite à demi-voix, et la tante s'écrie :

— Mais, parle donc, mon enfant, tu ne manges plus et tu ne parles pas!... Décidément t'as queuque chose.

— En effet, dit Auguste, vous ne semblez pas partager notre gaieté. Qu'avez-vous donc, Denise?

— Moi, monsieur?... mais rien, je vous jure.

— El. moi, j'vous assure qu'aile a queuque chose, s'écrie la mère Fourcy. Pardi! depuis queuque temps elle est toute retournée, elle n'aime i>as la danse, elle n'aime pas les petits jeux, elle ne sait plus ce qu'elle aime. Oh! mais je m'y connais, voyez-vous : une jeune fille qui devient comme ça, c'est signe qu'aile pense à queuque chose. Eh ben, faut pas rougir pour ça, mon enfant; t'es honnête, on le sait ben; ça n'empêche pas de songer à se marier, et j'espère ben que monsieur nous fera l'honneur de venir à la noce.

— Oui, certainement, dit Auguste en faisant une légère grimace ; oui, Denise, je serai charmé d'être le témoin de votre bonheur... et puisque vous aimez quelqu'un... Ah! vous ne m'aviez pas dit que vous aviez fait un choix.

Denise ne répond rien; elle tient ses regards baissés et tâche de cacher son trouble en caressant la compagne fidèle de Coco.

Auguste se lève brusquement de table,, et, sans dire un mot aux convives, sort de la salle d'un air de mauvaise humeur, et va se promener dans le jardin. Il ne veut pas s'avouer à lui-même ce qu'il éprouve, mais ce que vient de dire la mère Fourcy lui a fait mal ; tout en répétant qu'il ne songeait pas à Denise, il sent au fond du cœur que l'image de la jeune villageoise lui cause une émotion plus douce que celle des coquettes de Paris.

Auguste se promène au hasard dans les détours du jardin; il fait ce qu il peut pour reprendre sa gaieté en se disant : — Je ne me conçois pas! prendre de l'humeur parce que cette petite aime quelqu'un, et que ce n'est moi. Moi! Mais pourquoi m'aimerait-elle? Moi ! qu'elle n'a vu que trois fois, qu'elle ne connaît pas! Il faut que j'aie bien de l'amour-propre pour penser que cette jeune fille pouvait m'aimer. Xon, je sens là que ce n'est pas la vanité qui me le faisait désirer. Allons, retournons à Paris, oublions cette petite laitière ! Ce ne sera pas difficile : qu'a-t-elle donc de si extraordinaire? Il y a dans Paris mille femmes plus jolies, plus piquantes, plus...

Auguste s'arrête, car en tournant la tète il vient d'apercevoir Denise à quelques pas de lui; ses yeux contemplent la jeune villageoise, qui semble craindre d'avancer et reste immobile contre un arbre : son embarras, sa rougeur, les regards furtifs qu'elle jette surle jeune homme, donnent à toute sa personne une grâce, un charme que l'art ne pent imiter, et Auguste se dit tout bas : Non, il n'y en a pas une qui puisse lui être comparée.

Etonnée de voir leur hôte quitter la table si brusquement. Denise l'a suivi de loin dans le jardin. Elle se rappelle ce que lui a dit Bertrand, et comme son plus grand désir est qu'Auguste vienne souvent au village, elle se promet de bien cacher ce qu'elle éprouve en secret.

Auguste s'est approché de Denise ; pendant quelque temps, ils restent en silence l'un devant l'autre; le jeune homme tâche de prendre un air indifférent, et lui dit :

— Vous aimez donc quelqu'un, Denise?

— Oui, monsieur, répond la petite en rougissant et en tenant ses yeux baissés.

— Il me semble que lorsque je vous ai rencontrée pour la première fois, dans le petit sentier du bois, vous m'aviez dit que vous n'aviez pas d'amoureux?

— C'est vrai, monsieur.

— C'est donc depuis ce temps que vous avez donné votre cœur? Denise soupire et se tait.

— ■ Je n'ai pas le droit de vous questionner, reprend Auguste avec dépit; mais c'est l'intérêt que vous m'inspirez, c'est... Tenez, Deni> i me trompais bien, car je croyais que vous m'aimiez un peu.

— Oh! non, monsieur, je ne vous aime pas!... pas d'amour... Il faut bien que je vous dise cela, puisque vous ne viendriez plus au vil'

s'il en était autrement. Mais venez-y monsieur; oh! venez souvent voir l'enfant que vous avez adopté! Je n'oublierai pas que je ne suis qu'il

pavsanne et que vous êtes un monsieur de la ville, et je vous assure bien que je n'aurai jamais d'amour pour vous.

En achevant ces mots, la jeune fille se retourne pour qu'Auguste ne voie pas les larmes qui s'échappent de ses yeux; mais celui-ci est déjà loin d'elle. Il marche à grands pas vers la maison, et entre dans la salle basse en disant :

— Allons, Bertrand, il faut retourner à Paris.

— Retournons à Paris, mon lieutenant; me voici disposé à faire quatre lieues par heure. Adieu, la maman; votre vin est gentil; un jour que Schlrack aura le temps, je J'amènerai jusqu'ici pousser une reconnaissance.

La petite revient; elle, voudrait lire dans les yeux d'Auguste, mais, sans la regarder, le jeune homme lui dit :

— Adieu, Denise ; nous partons.

— Déjà! s'écrie Denise; vous aviez l'air de vous trouver si bien ici!

— Oui, je m'y trouve très bien, en effet, mais des affaires m'appellent. Je vous reverrai, Denise; je reviendrai vous voir.

— Vous ne serez plus si longtemps sans venir embrasser Coco.

— Non, je vous le promets. Prenez ceci, c'est pour lui. Je n'ai pas besoin de vous le recommander, vous êtes si bonne!

— Oh! pour ça, monsieur, elle aime c't enfant comme si c'était son frère.

— Mais à quoi bon me laisser tant d'argent, monsieur?

— Sa chaumière tombe en ruine, vous la ferez réparer. Vous ferez clore le petit jardin qui est derrière; vous l'achèterez pour mon petit garçon.

— Mais, monsieur, ça fait mille écus que vous me donnez là, et il ne faut pas tant d'argent pour tout ça.

— Prenez, je le veux; et, si cela ne suffisait pas, tenez, voici mon adresse à Paris; écrivez-moi, Denise, et vous aurez sur-le-champ de mes nouvelles.

Auguste jette son adresse sur la table, et embrasse l'enfant.

— Adieu, mon bon ami ! dit le petit en passant ses bras autour du cou d'Auguste; la mère Fourcy fait au jeune homme une révérence qui dure le temps que l'on mettrait à compter les mille écus. Denise le regarde avec embarras, attendant qu'il vienne l'embrasser; mais il n'en fait rien. Après avoir dit adieu à l'enfant, il salue tout le monde, et remonte lestement à cheval, puis s'éloigne avec Bertrand, laissant la petite attristée de la froideur avec laquelle il vient de la quitter, et se disant :

— Qu'a-t-il donc? Il ne venait pas parce qu'il craignait de m'aimer;

io7

On met la maison sens dessus dessous. (P. 162.)

11 a L'air fâché parce qu'il sait que je ne l'aime pas. Comment faut-il donc

faire pour le voir souvent?

Tout en trottant près de son lieutenant, Bertrand se permettait,

suivant l'usage, quelques réflexions, et disait :

- Certainement, il est beau d'être généreux, et Ion ne doit pa regretter l'argent donné pour

UV. 265. - PAUL DE KOCK. - ÉD. J. ROOF* EF c'°

faire du bien. Cependant, monsieur, il me

liv. 2 Go

semble que mille écus... c'est beaucoup dans ce moment où notre caisse est peu garnie: vous auriez pu vous gêner moins en donnant cela à plusieurs fois, cela serait revenu au même.

— Il est probable que je ne retournerai pas au village de longtemps, dit Auguste d'un ton pensif.

— Ah ! alors, c'est différent, c'est moi qui ai tort.

Page 1