‹ La laitière de MontfermeilChapitre 58 sur 102 · LIV. 299. — PAUL DE KOCK. — ÉD. J. ROLTP El C'«. LIV · texte numérisé non relu

LIV. 299. — PAUL DE KOCK. — ÉD. J. ROLTP El C'«. LIV

Dubourg ; ma, fortune est au-dessus de ce revers. Heureusement il me reste encore quinze mille francs dans mon portefeuille, pour subvenir aux premiers frais de mon voyage, mais c'est ma garde-robe que je regrette; c'est une énorme malle renfermant du linge et des habits, et qui était cachée sous la voiture.

— Il est certain, dit Frédéric en regardant malignement Dubourg et Goton, il est certain que vous avez maintenant besoin de changer de vêtements... car il parait que vous êtes tombé dans l'étable.

— À coup sûr je n'y suis pas entré de bonne volonté, répond Dubourg en regardant Frédéric d'un air qui signifie : Tu avais bien besoin de parler de ça! Demandez à Goton comme le drôle m'a poussé !...

— Oh! ça, oui, dit la servanle, il vous a fait tomber plus de quatre fois!...

— Au reste, mon ami, ma garde-robe est à votre service, dit Frédéric.

— Ainsi que la mienne, monsieur le baron, ajoute Ménard en saluant Dubourg, et en remontant dans sa chambre pour achever de s'habiller, pendant que le baron lui promet d'aller porter sa plainte chez le maire.

Le postillon aux gages de Frédéric vient enfin avertir les voyageurs que la chaise est en état.

Ménard descend de sa chambre en bénissant le ciel de ce qu'ils vont enfin quitter cette auberge, qui leur a été si fatale. Goton descend après lui, et «"approchant de l'oreille de Dubourg :

— Vous avez un compagnon qui est ben mal élevé, lui dit la servante ; à son âge!... faire des choses comme ça., si mon petit frère en faisait autant, on lui donnerait le fouet!...

Deux mots mettent Dubourg au fait ; il ne peut s'empêcher de rire d'un événement dont il a été cause, tandis que Ménard regarde avec colère la servante, qui lui fait la grimace, hausse les épaules, et le poursuit eu disant à demi voix :

— Fi!... que c'est vilain!... un petit homme de cinquante ans!... qui n'est pas encore propre!

Mais la chaise attend les voyageurs, et chacun y monte avec plaisir : Dubourg, enchanté d'être débarrassé de sa voiture; Ménard, impatient de s'éloigner de Goton et de l'auberge qu'il a prise en aversion ; et Frédéric, trouvant que l'on est beaucoup mieux dans sa chaise de poste, qui est large et bien suspendue, que dans la mauvaise berline de M. le baron.

Ménard donnait bien encore quelques soupirs à la place qu'avait occupée la princesse de Hongrie ; mais il lui restait, pour se consoler, la tabatière du roi de Prusse, et l'espérance de boire du tokay de la cave de Tékélv.

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