‹ La laitière de Montfermeil, vaudeville en cinq annéesChapitre 32 sur 44 · AUGUSTE, DENISE, BERTRAND · texte numérisé non relu

AUGUSTE, DENISE, BERTRAND

DENISE

Oh ! je m'en vais.

AUGUSTE

Air : De la Dame Blanche.

Restez encor, restez, je vous en prie.

DENISE

Pour mes champs laissez-moi partir.

AUGUSTE

Celle qui me sauva la vie Peut-elle chercher à me fuir ? Celle qui me sauva ht vie Doit consentir à l'embellir.

ENSEMBLE

Je sens, je sens que sa présence M'est plus chère (bis) , encor chaque jour. Je vois que la reconnaissance Va nous mener droit à l'amour.

AUGUSTE

Ah! Denise!

DENISE

Eh bien! Monsieur, qu'est-ce que vous faites donc?.., A peine convalescent...

Auguste.

C'est à vous seule que je veux consacrer cette existence que vous m'avez conservée.

DENISE

M. Auguste, ne parlez pas tant... Vous êtes encore faible \ un peu de raison.

AUGUSTE

Je n'en eus jamais autant qu'aujourd'hui.

BERTRAND

Ça , c'est vrai , mon lieutenant.

DENISE

Ménagez-vous.

Mais, avant de vous obtenir, Denise, je veux vous mériter ; je veux recouvrer cette fortune que j'ai perdue par ma faute, et dont j'aurais pu faire un si noble usage.

DENISE

Il en faut si peu pour être heureux!

AUGUSTE

Denise , il y a des convenances qu'on ne saurait braver. Je suis jeune, j'ai du courage... quelques talens... , et un an passé loin de Paris!...

DENISE

Un an !

AUGUSTE

Il le faut : j'ai besoin de perdre le souvenir de mes folies.

BERTRAND , à Denise.

Laissez-le faire.

\ AUGUSTE

J'ai besoin de me réconcilier avec moi-même.

BERTRAND

Eh ! qui sait si dans nos courses...

AUGUSTE

En cédant au sentiment que j'éprouve, en recevant aujourd'hui cette main , objet de tous mes vœux, je craindrais de n'offrir à celle qui ranima mon existence qu'une vie pleine d'amertume et de chagrins. Le monde, toujours sévère , souvent injuste , m'accuserait au moins d'imprudence , et me reprocherait de ne vous avoir point apporté en dot la paix et le bonheur... de vous avoir fait partager.... ma misère... Oui, Denise, c'est là le sort qu'un mariage précipité vous préparerait. Je dois être en garde contre moi-même , et plus je vous aime , plus j'attache de prix à voire possession , plus il importe que mon courage ait vaincu le sort , et assuré par mon travail le bonheur de votre vie entière.

V DENISE

Monsieur Auguste , vous savez mieux que moi tout ce qui est bien... Partez... partez, et rappelez-vous bien que Denise... Denise vous attend.

AUGU.STE.

Air : Vaudeville des Élèves du Conservatoire.

Vers le beau ciel de l'Italie

Je m'en vais diriger mes pas ;

Mais je n'oublîrai de ma vie

Vos soins si doux, si délicats.

Loin d'afficher une plainte iinporluue , Ne dois-je pas bénir mon infortune '!

Point de chagrin cjui ne soit oublié Entre l'amour et l'amitié.

ENSEMBLE

Point de chagrin , etc.

AUGUSTE

Bertrand , il faut , sans plus attendre 7 Partir au lever du soleil.

DENISE

Et Denise aussi va se rendre Sous l'humble toit de Montfermeil. Venez bientôt sous son modeste ombrage Faire redire aux échos du village :

Point de chagrin qui ne soit oublié Entre l'amour et l'amitié.

ENSEMBLE

Point de chagrin , etc.

tflN DU QUATRIÈME ACTE.

Archh/es de la Ville de Bruxelles Archief van de Stad Baisse]

(v ) ACTE CINQUIÈME.

Le Théâtre représente l'intérieur d'une jolie petite ferme donnant sur une grande route. D'un côté tous les bâtimens nécessaires à l'exploitation , de l'autre un joli pavillon.

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