‹ La laitière de Montfermeil, vaudeville en cinq annéesChapitre 31 sur 44 · BERTRAND, DENISE · texte numérisé non relu

BERTRAND, DENISE

DENISE

Bonjour, M. Bertrand Eli bien! comment va

M. Auguste?

BERTRAND

Le voilà bientôt en disponibilité....

DENISE

Vous le croyez donc tout-à-fait rétabli ?

BERTRAND

Dans huit jours, il ny paraîtra plus.

DENISE

Je l'examinais tout à l'heure, cl j'ai remarqué, en effet, que... nous... n'avions plus à craindre pour lui.

BERTRAND

Non , Mademoiselle , nous n'avons plus rien à craindre.

denise , soupirant.

Aussi je venais , M. Bertrand , vous faire mes adieux.

BERTRAND

Vos adieux?

DENISE

J'ai donné congé de ma petite chambre , et je retourne à Montfermeil.

BERTRAND

Quoi, mademoiselle Denise, vous nous quittez?

DENISE

Oui, M. Bertrand, je le dois. Tant qu'il y a eu du danger, je n'ai pas balancé un seul instant. La reconnaissance.... l'amitié m'en faisaient un devoir; et l'état désespéré du bienfaiteur de ce pauvre petit Girard empêchait qu'on trouvât à redire à ma conduite. Mais , aujourd'hui que M. Auguste se porte bien — c'est différent.... Ça serait mal de rester ici ; et la preuve, M. Bertrand, c'est que je n'oserais le dire à personne.

BERTRAND

Voilà une raison qui m'embarrasse.

DENISE

Mais si M. Auguste avait la moindre rechute, écrivez-moi, M. Bertrand, et je serai encore plus vite ici que ma réponse. Bon jeune homme! Il a en voua un ami..... Moi, je ne lui suis plus bonne à rien. Mais surtout ne lui dites pas que je suis Venue : ne lui parlez

(67) pas de la pauvre paysanne de Montfermeil , parce qu'enfin.... il a beau être..., ruiné, c'est toujours un monsieur— Mais si quelquefois par hasard , il voulait

voir — le petit Coco Girard, faites-le-moi dire, afin qu'au moins il soit bien reçu. (Elle étouffe. )

BERTRAND

Eh ! bon Dieu , mademoiselle Denise , à quoi sert de vous gêner, de vous chagriner? Mon maître sait tout.

DENISE

Quoi, M. Auguste?...

BERTRAND

Il sait que vous lui avez prodigué les soins les plus touchans, les poulets les plus gras Enfin.... et tenez, tenez, le voilà !

Page 1