BERTRAND, DENISE
DENISE
Bonjour, M. Bertrand Eli bien! comment va
M. Auguste?
BERTRAND
Le voilà bientôt en disponibilité....
DENISE
Vous le croyez donc tout-à-fait rétabli ?
BERTRAND
Dans huit jours, il ny paraîtra plus.
DENISE
Je l'examinais tout à l'heure, cl j'ai remarqué, en effet, que... nous... n'avions plus à craindre pour lui.
BERTRAND
Non , Mademoiselle , nous n'avons plus rien à craindre.
denise , soupirant.
Aussi je venais , M. Bertrand , vous faire mes adieux.
BERTRAND
Vos adieux?
DENISE
J'ai donné congé de ma petite chambre , et je retourne à Montfermeil.
BERTRAND
Quoi, mademoiselle Denise, vous nous quittez?
DENISE
Oui, M. Bertrand, je le dois. Tant qu'il y a eu du danger, je n'ai pas balancé un seul instant. La reconnaissance.... l'amitié m'en faisaient un devoir; et l'état désespéré du bienfaiteur de ce pauvre petit Girard empêchait qu'on trouvât à redire à ma conduite. Mais , aujourd'hui que M. Auguste se porte bien — c'est différent.... Ça serait mal de rester ici ; et la preuve, M. Bertrand, c'est que je n'oserais le dire à personne.
BERTRAND
Voilà une raison qui m'embarrasse.
DENISE
Mais si M. Auguste avait la moindre rechute, écrivez-moi, M. Bertrand, et je serai encore plus vite ici que ma réponse. Bon jeune homme! Il a en voua un ami..... Moi, je ne lui suis plus bonne à rien. Mais surtout ne lui dites pas que je suis Venue : ne lui parlez
(67) pas de la pauvre paysanne de Montfermeil , parce qu'enfin.... il a beau être..., ruiné, c'est toujours un monsieur— Mais si quelquefois par hasard , il voulait
voir — le petit Coco Girard, faites-le-moi dire, afin qu'au moins il soit bien reçu. (Elle étouffe. )
BERTRAND
Eh ! bon Dieu , mademoiselle Denise , à quoi sert de vous gêner, de vous chagriner? Mon maître sait tout.
DENISE
Quoi, M. Auguste?...
BERTRAND
Il sait que vous lui avez prodigué les soins les plus touchans, les poulets les plus gras Enfin.... et tenez, tenez, le voilà !