AUGUSTE 3 COCO , BERTRAND
coco arrive en pleurant.
Air : De Bérat.
J'ai perdu mon chevreau , (bis.)
11 était le plus beau du hameau.
Il connaissait Coco Comm' le chien du troupeau. J'ai perdu mon chevreau. (bis.)
Ah! ah î ah ! ho! ho ! ho ï {bis.)
Quand j' vas rentrer à c soir , Que d' coups je vas r cevoir.
On va me dire sans doute , Tu t1 sïa t'amuse z'en route, Avec ça que queq' fois , Il m'arrive ben souvent De jouer dans le bois Avec 1' petit Gros-Jean.
Auguste , allant à lui.
Qu'as-tu donc, mon petit bonhomme?
Il l'emmène, s'assied, et le garde près de lui jusqu'au moment où Ton entend appeler : Coco !. . . Coco /. . . COCO.
J'ai perdu mon chevreau, etc.
auguste , à Coco qui pleure.
Il ne faut pas pleurer, Tout peut se reparer. [bis. )
COCO
Quand ell' se met en colère,
Si vous voyiez ma grand'mère *
Je ne Y dis qu à vous deux , Ell' vous fait de grands pas , EU' vous fait de grands yeux, E1P vous fait de grands bras....
J'ai perdu mon chevreau , etc.
BERTRAND
Ah ça! mais..., comment diable as-tu fait?... coco , pleurant.
C'est pas ma faute , c'est la fille à Simoneau qui m'a dit d'aller dire à Pierre-le-Doux qu'ail' amènerait ses vaches dans un coin du bois, ous que le pâturage était meilleur, parce qu'il n'y venait jamais personne
BERTRAND
Dites donc, mon lieutenant, parlant par respect... , si on faisait tambouriner son chevreau par les tambours du régiment?...
AUGUSTE
Non. Tiens, mon petit bonhomme , voilà de quoi acheter quatre chevreaux.
Il lui donne une pièce d'or.
COCO
Ça^n' se peut pas..., quatre..., nous aurions [pas de place pour les mettre...
BERTRAND
On les met à la broche.
AUGUSTE
Ton père est donc dans l'indigence ?
coco.
Oh! non , il n'a jamais d argent.
BERTRAND , à part.
Mon lieutenant qui croit que ce bambin à fait ses études.
AUGUSTE
Alors , il est donc malheureux ?
coco.
, Puisqu'il n'a pas d'argent. Mais il travaille tous les matins, et puis, le soir, je vas le trouver a la Grande- Pinte..., parce que c'est 'au cabaret ; et, comme on ne boit pas de vin cheux nous , mon grand-père , il lui en faut toujours un peu pour se soutenir , parce qu'il marche toujours de travers.
BERTRAND
Brave homme !.. .
coco.
Et je vas le chercher, pour qu'il ne se perde pas en chemin .
AUGUSTE
Et tu n'as pas d'autres parens ?
coco.
J'ai ma grand'mère Marguerite.
AUGUSTE
Ta bonne-maman ?
coco.
Non , elle n'est pas bonne -, elle me donne le fouet tous les jours.. . et les dimanches encore.
AUGUSTE
Si tu n'es pas sage ?...
coco.
Tiens ! je suis pas sage!... je connais mes lettres, et ma grand'mère les connaît pas... ( // chante. ) J'ai perdu...
AUGUSTE
Et les aimes-tu bien tes fparens ?
Puisque je n'en ai pas d'autres à aimer... Il y a bien quelqu'un dans le village que j'aime mieux; mais faut pas le dire..., c'est Denise..., la petite laitière.
AUGUSTE
Denise Fourcy!.. (se frottant la joue ) je la connais 5 je l'ai vue tout à l'heure.
coco.
C'est celle-là qu'est bonne... Elle me donne du lait en cachette , et elle n'y met pas d'eau , comme la fille à Robert. Ah ! en parlant de la fille à Robert, que je vous raconte :...
Air : Vaudeville du ballet des Pierrots. Figurez- vous qu' la s'main' dernière , Comme je m'en allais aux champs ?
Son pot au lait était par terre , Vlà qu' je laiss' tomber mon pain cTdans. Voilà qu' jusqu'au fond mon pain glisse, Mais en cherchant à P rattraper , Je F laissais r'tomber par malice Pour lui donner 1' temps de tremper.
AUGUSTE
Il met son bonnet.
Il est fort intéressant ce petit çarçon.
BERTRAND
Ça ferait un joli troupier , ce petit trapu...
On entend dans le lointain Coco!... Coco!... où est-il fourré?...
Ah ! Vlà ma grand'mère !.. je vas être battu !... Prètenioi ton grand sabre , que je me défende.
AUGUSTE
Rassure-toi... , nous te défendrons nous-mêmes.
coco.
Ah ! il ne faut pas lui faire de mal.