‹ La lampe obscureChapitre 1 sur 32 · A L'AUTEUR · texte numérisé non relu

A L'AUTEUR

Versailles, le 2 décembre 1919.

Mon cher enfant,

Votre envoi ainsi que la longue lettre qui l’accompagrie, m'ont fait le plus grand plaisir, et j’ai lu avec intérêt la plupart de vos textes. Je ne suis pas assez au fait des productions de l’art contemporain pour vous donner sur eux un avis compétent : les charges du ministère spirituel ne me laissent guère le temps d’aborder ces écrivains que vous admirez. Mais je puis en tous cas vous dire que, si la prudence sacerdotale

suggèrerait peut-être des réserves sur certaines

outrances que la jeunesse excuse sans les justifier, du moins l’amitié que je vous porte n’en est que plus à l'aise pour trouver fort légitime et fort louable votre souci d'adapter aux renouvellements incessants de l’expression littéraire l’éternelle actualité de la Purole divine, qui, elle, demeure identique au-delà de tous les changements.

D'ailleurs, pour répondre à votre question, Je crois que, malgré toute cette originalité, vos préoccupations essentielles sont centrées autour d’une vérité profondément traditionnelle et qui jaillit des sources mêmes de notre dogme catholique, à savoir que Dieu est au-dessus de toutes nos explications et de tous nos systèmes. Sans doute l'Eglise n’ignore-t-elle pas le secours indispensable que la raison humaine apporte à la philosophie et à la théologie : mais elle ne cesse pas moins de rappeler en face des prétentions du rationalisme contemporain, la: doctrine de lz transcendance du surnaturel.

Déjà. S. Paul l’enseignait aux Romains :

Quam incomprehensibilia sunt consilia ejus et

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