‹ La lampe obscureChapitre 15 sur 32 · GENESE · texte numérisé non relu

GENESE

£ suis le Bon Apothicaire Qui exorcise la belladone, La nielle, la jusquiame,

Les pétales de molènes et les grains d’arnica

Sous les grands arbres noirs.

Des recoins s'apprêtent pour de gémissanies luxures et sur les hautes graminées se courbent les taches de soleil.

Mais dans cette débauche végétale

Qui s’acharne à éclore dans l’enclos,

Moi seul.

— Et je n’y puis donner rendez-vous qu’à moi-même.

La porte de fer rouillée

Vieille comme les os du monde,

——— ROSE MYSTIQUE Grinçante au vent du süd,

— est à jamais close.

Qui inviterai-je dans ses ombres

À sucer mes herbes douces-amères ?

L’impossible Autre reste dehors à palper le portail anxieux.

Le linteau froncé

Les barreaux thoraciques

Et les battants profonds comme un ventre

Simulent la pensée d’un cadavre.

Tu es claustré dans le symbole De la Solitude Incréée

Et l’unique Visitation

Sera celle de sa béante Tornade Qui dévastera ton âme viride

Et anéantira ses bosquets d’aurore

Dans le Feu du grand Midi !

ICHTHUS

Volucres caeli et pisces maris * qui perambulant semitas maris.

Page 1