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La langue basque et les idiomes de l'Oural structure grammaticale et déclinaison

Différents mémoires publiés soit dans la Revue de l’Orient, soit dans les^n»ia/« de Philosophie chrétienne (1) ont déjà été consacrés par nous à la solution du problème si longtemps débattu des origines de la langue et de la nation Basque. Le but de nos efforts était de faire ressortir toute les affinités soit de grammaire, soit de vocabulaire, qui rattachent l’idiome des montagnards Pyrénéens aux nombreux dialectes de l’Oural, au Finnois, au Lapon ou au Magyar.

Plus d’une fois, malheureusement, nous nous trouvâmes arrêté dans le cours de nos travaux par les difficultés inhérentes au sujet même qu’il s’agis.sait de traiter. A beaucoup d’égards, en effet, la philologie Touranienne se trouve obligée de prendre une voie différente de celle qu’à suivie la linguistique Indo-Européenne. Diverses causes contribuèrent à faciliter singulièrement l’étude des dialectes d’origine Arienne, l’état de civilisation plus ou moins avancée dans lequel ont toujours vécu les peuples qui les parlaient, et grâce auquel ils ont dû de conserver presque intact, pendant une longue suite de siècles leur ancien système grammatical, l’époque relativement plus moderne de leurs premières migrations ; l’adoption, on pourrait presque dire la découverte faite par eux, bien des siècles avant notre ère, d’un système graphique merveilleusement propre à peindre et à fixer toutes les articulations de la voix humaine ; enfin l’existence au sein du rameau Japhétique le plus pur et le plus primitif, de monuments littéraires remontant à une prodigieuse antiquité. Par là, il nous a été donné de suivre ces langues jusque dans leur berceau, de retrouver condensées et réunies dans le Zend, le Sanskrit et l’idiome des Védas, les particularités qui aujourd’hui séparent les uns des autres, les groupes Celtique, Slave, ou Germanique.

Dès qu’il s’agit au contraire de passer à l’étude du Basque ou des dialectes Altaïques, de démontrer J’affinité qui peut rattacher ces diverses langues les unes aux autres, ces secours nous font immédiatement tous défaut. Disséminés depuis l’époque la plus reculée sur un espace immense, condamnés par la nature même du sol qu’ils occupent, à un genre de vie nomade, les pasteurs de la haute Asie n’ont pas tardé à se fractionner en une multitude de petites tribus dissemblables par

(1) Voyez les numéros de Juillet 1859 et de révrier 18C0,

nales, point de monuments antiques. Leur système grammatical lui-môme n’a guère suLi moins d’altérations que leur vocabulaire, et c’est en vain que l’on chercherait soit sur les rives de la Baltique, soit dans les steppes de la Sibérie, un seul dialecte oui fût vis-à-vis de ses congénères, dans le même rapport que le Zend ou le Lithuanien vis-à-vis des autres langues Indo-Européennes .

Quant au Basque ou Eskuara, si ses rapports de parenté avec la plupart des dialectes de l’antique Ibérie sont un fait aujourd’hui hors de doute (1), en revanche les intermédiaires ^ jadis le rattachaient à ses congénères de l’Oural, ont tous disparu sans laisser fie vestiges. D’ailleurs, longtemps dédaigné des poètes et des grammairiens, il a subi le sort commun aux idiomes qui ne vivent plus que par l’usage populaire. U s’est altéré insensiblement et a fini par se fractionner en de nombreux dialectes et sous-dialectes. L’infiuence constam-

ment exercée sur lui par des langues d’origine étrangère l’ont contraint à modifier plus d’une fois son système phonétique et jusqu’à sa grammaire. Son vocabulaire primitif a fini par disparaître presqu’en entier pour être remplacé par des mots de provenance Celtique, Latme, Germanique, Castillane, Provençale (2).

Veut-on se faire une idée des difficultés contre lesquelles il faudra lutter , pour établir l’affinité de l’Eskuara avec l’Ostyak ou le Suryène? Que l’on se figure un hnguiste s’efforçant de prouver la commune origine du bas Breton et du Lithuanien, sans avoir recours à aucune des langues mortes ni à aucun dialecte d’origine latine ou germanique.

On le concevra donc sans peine ; quelques articles de revues fort courts d’ailleurs et faits à la hâte ne pouvaient suffire à dissiper toutes les ténèbres dont la question était environnée. Tel est, précisément, le motif qui aujourd’hui nous met la plume à la main et nous engage à reprendre l’œuvre commencée depuis plusieurs années déjà. Dans une série de mémoires destinés à se succéder à peu d’intervalle l’un de l’autre, nous examinerons toutes les particularités que présente le système grammatical et phonétique de l’Eskuara, ainsi que celui des idiomes de l’Oural. Le présent travail offrira au lecteur un exposé aussi complet que possible de l’ensemble de leur structure grammaticale et des lorraes de leur décUnaison.

(1) Voyez U note I à la fin du volume.

(3) Voyez la note II à la Un du volume.

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