CHAPITRE II
DE EA DËCEINAISON
COHSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Ainsi que nous l’avons déjà vu. Il n’existe soit en Basque, soit dans les autres idiomes Touraniens qu’un seul paradigme de flexions, lequel est commun au nom, à l’adjectif, à la particule du pronom et même au verbe ; l’emploi de certaines désinences spéciales pour marquer le genre, soit animé soit inanimé ; la forme soit déterminée soit indéterminée ne suffit pas en effet à établir une véritable différence de déclinaison. C’est ainsi, en latin, que les mots soror et corpus sont considérés par les grammairiens comme appartenant à la même catégorie, bien qu’ils ne forment pas la totalité de leurs désinences casuelles d’une manière absolument identique.
Cette particularité qui est pour ainsi dire une conséquence naturelle de l’agglomération sépare nettement les idiomes dont nous nous occupons des dialectes Indo-Européens. Dans ces derniers en effet, les formes de déclinaison sont généralement très-variées. H y en a d’affectées spécialement au nom, d’autres à l’adjectif ou même au pronom.
Un autre trait qui à la fois rapproche le Basque du Suomi et l’éloigne du Sanscrit, du Grec et du Latin, c’est que dans les derniers de ces idiomes les flexions casuelles sont toujours simples et réservées à l’expression d’un rapport unique (sauf un petit nombre d’exceptions plus apparentes que réelles) et s’unissent à leur radical au moyen d’un fusion plus ou moins intime. Les relations secondaires sont marquées par la préposition Au contraire dans les idiomes de l’Oural (par conséquent aussi en Eskuara) la flexion casuelle résulté souvent de
la réunion de deux ou même trois éléments à sens tantôt abstrait tantôt concret facilement, séparables du mot principal. Citons p. ex. l’ablatif Suomi karhutta, ex urso ; la désinence Ita est formée du / lequel indique que le mouvement, l’être et la cause qui produit le même mouvement sont tous les trois extérieurs au régime et de la syllabe partitive fa. Le l ne semble être qu’une contraction de lu, le voisinage.
De même dans l’allatif intentif Basque menditaradino, la désinence taradino est formée de la flexion allative tara, de la particule den dès que et de l’adjectif on» tout, entier, contracté avec la syllabe précédente.
On pourrait jusqu’à un certain point rapprocher de ces formes, les particules postposées du Latin et du Grec dans vobiscum, oôjjiovoE La principale différence que l’on remarque entre elles, c’est que ces dernières ne s’emploient que d’une manière irrégulière et avec un certain nombre de mots déterminés.
Enfin, en Basque, en Ostyak, en Magyar, les mômes désinences servent généralement pour le singulier et le pluriel. En Ostyak, p. ex., (wet sera la marque de l’ablatif pour les deux nombres, et l’on dira kerabtwet, du char, et kerabediwet, des chars. — De même, en Basque, pour la finale en du génitif zamariaren, du cheval, et zamarien, des chevaux. En Latin, au contraire, presque toujours les désinences changent complètement en passant d’un nombre à l’autre, et la désinence orum dans dominorum, n’a plus rien de commun avec la finale I, du génitif singulier. Sous ce rapport, nous l’avons déjà dit, les dialectes du groupe Tehoudique se rapprochent un peu plus du système indo-européen que tous leurs congénères. Souvent chez eux, la terminative du pluriel ne ressemble que médiocrement à celle du singulier ; p. ex. en Lapon, ofyen, patris, et aliji, patrum ; — atljeb, patrem, et attjit, patres. — En Esthonien, illatif sing., silma, dans l’œil, vers le dedans de l’œil, et illat. plur., silmi in oculis, etc.
Enfin, si les idiomes Touraniens n’ont su joindre que d’une manière assez imparfaite la particule déclinable au radical,
Flo.inn, varl»I.I^,.
A. COKSONItK |<
Genre înaiilm<f. h
; Nominalif
CBujcl passif).
Actif
(sujet agissant).
Médialif ou translatif (de, par.).
Génitif.
Datif ou illatif.
^ Infinitif, indéfini on •| ; interrogatif.
èl * I
c j Positif, iiiessif ou J I locatif (d.-ins, avec ^ repos).
Modal ou instrumental
(par, à coups de).
Comiuuiro^/ socialir.
I® Avec mouvement.
2®Avec repos.
Caritif ou négatif
(sans).
; DeglinalifoKprolalil (pour, aûn de).
Approximatif un allatif (pour, vers).
i*Avec irsouveincuu
2* Avec repos,
I Cnntribulir(jusqu'â).
I® Aveciiiüuveincni,
1 2® Avec repos.
Ablatif ou elatif
(de, par).
Causaiif et dcspeciif j (pour, malgré),
llêdialif-allaiif.
. Génilir-prolalif
(pour),
' A!lalir-imen5if (Jusque vers, jusqu’à).
Comrilnitif-iuiensir.
Ail :Uir*pi'o1alir- j
inessit, i
Hun (Ijüu).
H une!*.
Humz, Hunen,
) Il Nominatif.
I Actif.
, I Médiatif.
' GénitiC
!l Datif.
Hunetan. ^ |j
Luriia, par lene.
,, Prolaiif,
Hundun,
Hiiiiefii, , iiio.jf
Hün-ba,je, Hun-^^ •
ÿitOe , Ezfivv-^fje ,
I ! Elatif.
(YoMif/A, ex qno.
B plnrlel.