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LA LAXGLE BLEUE 29

On sait par la Règle de structure que deux formes de mots w c et ■v ce n'existent pas en B i ^'- P- -7) \i).

On peut maintenant créer théoriquement les moules parmi lesquels il va falloir choisir les Aspects des divers motules.

Ce seront forcément les formes suivantes:

Mots d-'une lettre : une forme. .

Mots de deux lettres : trois formes.

Mots de trois lettres : trois formes .

(La forme c v- c étant réservée aux Granmots. i

Soit un total de sept moules dans lesquels je dois couler les mots des <]uatre classes de motules en leur donnant un Aspect spécial caractéristique.

J'obtiens ce résultat grâce à la sonorité^ par des attributions de voyelles spéciales à certaines classes et voici comment je répartis ces sonorités :

MOTULES. — P" Catcijorie du B- Tableau des Aspects des quatre classes des mots confus.

La Règle de structure et les cinq rè.ules d'ortho-jraphe sont supposées connues. On remarquera que les moules sont inscrits en face de chaque forme jjossible. La seconde colonne donne des exemples de mots de la Langue Bleue.

!'■' Classe. — Interjecllons, 2 formes :

Mots d'une lettre, une voyelle v a

— de 2 lettres, même voyelle répétée w aa

Donc, la caractéristiiiue de l'Aspect des Interjections est la présence d'une seule sonorité.

2^ Classl;. — Mots-cadres, li formes :

Mots de 2 lettres, voyelles dissemblables •vv(2i io

— de 2 lettres, consonne et lettre u eu «lu

— de 3 lettres, deux consonnes et la lettre u . . . . ccu stu

Donc, la caractéristique de l'aspect des Mots-cadres est : ou la double sonorité différente w laltendu (^u'il n'y a pas de diphtongues en B), ou la terininai-son u.

{V\ De plus, avec l'a, sont prohibées également les 5 formes : -vcn. cvh. cav. ucv, uvc ; les formes vvu, vhv, ucc, vue sont interdites par les régies orthograjdiiques du B. On voit donc, que dans tout mot de 3 lettres, la forme ccu peut seule subsister.

(2) On verra aux Mots-cadres,, que la forme vti est employée.

•iO

LA LAXGUE BLEUE

3" Classe. — Connectifs^ ') formes:

Mots de '2 lettres commençant par consonne,

finissant par ï ou o ^ o \ *'' **"•

Mots de 2 l(^ttres commençant par i ou o et . , l .

finissant par consonne n \ ^ '•'> ®^-

Mots de 3 lettres commençant par consonne ,

double et finissant par i ou o ce \ . i pli.

Mots de '{lettres commençant par con-, . , , .

sonne et unissant par , . c ] . »■"•

^ ( 0 et « ( 01 )

Mots de .j lettres commençant par voyelle i . . , ou o et finissant par voyelle / ou o . c • . ***•

Doue, Li faractôrislique de l'aspect des conncclifs est la présence dans un motule de In sonorité vocale d'une des voyelles i ou o (1).

'k" Classe. — Désignatifs, 5 formes:

Mots de lettres commençant par consonne et finissant par a ou e c

Mots de 'I lettres commençant par a ou e et finissant par consonne

Mots de '.j lettres commençant par consonne double et finissant par a ou e ce

Mots de 3 lettres commençant par con-, , ^ r ■ *. \ a et c

sonne et unissant par , c

^ ( e et a

Mots de .'J lettres commençant par a ou e et , , , unissant ])ai- a ou e | |c .

ea ae

la, le.

ai», ein.

sta, ste.

nae, nea.

ania, anie'

Un constate que les formes des DésLçjnatifi sont les mêmes que celks delà troisième classe : les ConnecliJ's, et (jue la seule différence consiste dans la substitution du ^Moupe de voyelles a et e à celui des voyelles i et o.

Donc, la caractéristique de l'Aspect des désignatifs est la présence dans v.n motulc de la sonorité vocale d'une des voyelles a ou c.

(Ij L'avant-derniére forme: consonne plus i et o (ou o et i) n'existe pas dans !'• vocabulaiie des connectifs de La Lanyue Bleue, mais elle est théoriquement exacte.

Toutes les classes de la première catégorie du langage : les Motules, sont clairement réparties; car la sonorité indiquera immédiatement à quelle classe un motule appartient.

Lois de sonorité des inotules.

Dans tous les mots de deux lettres l'où se trouve une consonnei et dans tous les mots de trois lettres (terminés par une voyelle) :

Le moi B est un:

Si on entend ou voit la lettre u: Mot-cadre ;

Si on entend ou voit la lettre / ou o : Connectif ; Si on entend ou voit la lettre a ou e : Désîgnalif.

Dans les mots de deux lettres qui ne contiennent pas de consonnes :

Si la même voyelle est répétée, le mot est une Interjection; Si les voyelles sont différentes, le mot est un Mot-cadre .

Enfin, les mots d'une lettre sont des interjections.

On voit que la forme spécifique de chaque classe est bien délimitée et qu'à première vue comme à première audition, — ces deux sensations étant égales en B, — par le seul aspect physique de tout Motule I mot vague I, on doit pouvoir déterminer instantanément à laquelle des quatre classes de cette catégorie ce motule appartient.

L'Aspect des quatre classes de la P^ Catégorie du langage étant établi, je passe à la 2" Catégorie : les Mots précis, les Granmots.

Ici j'abandonne la distinction des mots par la sonorité; dans des mots de certaine longueur, le classement par la sonorité ne serait pas "pratique.

On va constater que, à l'é^o^ naturel de ces mots, la terminaison .•ieule suffira pour permettre de distinguer l'une de l'autre les quatre classes de la 2'' Catégorie.

Sans entrer dans le détail de la formation des mots que l'on trouvera au Chapitre VII, je dis que l'Aspect de chacune de mes quatre classes de Granmots (mots précis) de la Langue Bleue sera le suivant à l'état naturel :

GRANMOTS. — Ib Catégorie du B- Tableau des Aspects des quatre classes des mots précis.

E.\eni]>les

/"■■^ Classe. — Les Nombres et les Noms seront des mots d'au lov

moins trois lettres; et s'ils sont de trois lettres, ce part

sont des syllabes closes (cvc), qui commenceront plas

par une consonne quelconque et finiront par toute s|ioi*t consonne, snu/'iesdeux consonnes i| (son te/iei et «1.

//•= Classe. — Les Verbes seront des mots d'au moins quatre lova

lettres let de deux syllabes), commençant par i»arte

une consonne quelconque et finissant par une plasi

voijclle. sporto

lit Classe. — Les Attributils seront des mots d'au moins lovail

cinq lettres (et de deux syllabes), commençant par partod

une consonne quelconque et finissant toujours par plasid

la coyisonne A (Ij. sportoiS

IV^ Classe. — Les Modificatifs seront des mots, d'au moins lovai|

cinq lettres, si adverbes de qualité ou gérondifs pai*tei|

(donc de deux syllabes), et d'au moins trois lettres plai^îii

et d'au plus quatre lettres (d'une seule syllabe), si sportoii adverbes simples, commençant par une consonne

quelcon({ue et finissant toujours par la consonne anoii

i| (tchûi. kvaif

On voit donc que la [orme spôcifuiue de chaf[ue classe de cette Catégorie est également bien délimitée et qu'à première audition, comme à première vue, — ces deux sensations étant égales en B> — ou doit pouvoir déterminer instantanément par le seul aspect physiiiue de tout Granmot (mot précis) à laquelle des quatre classes de cette catégorie ce Granmot appartient.

Et ceci du se\d fuit de la lettre finale, en effet :

Tout mot d'au, moins trois lettres terminé par une consonne quelconque (sauf «I et d) est un nom ou nombre.

(1) On voit par ce tableau qu'il n'existe pas en B, de mots de trois ou quatre lettres terminé en d. Cela s'expli(|ueia au fiiai)itre de la lurniation.

Tout mot cVau moins quatre lettres terminé par une voyelle quelconque (sauf 11) est un verbe.

Tout mot cVau moins cinq lettres terminé par la consonne cl est un attributif.

Tout mot cVau moins trois lettres terminé par la consonne n est un modificatif.

J'ai terminé la description des Aspects de mes huit parties du discours à l'état naturel. On voit que j'ai fait la preuve de la possibilité de réaliser la troisième Règle-hase : une classe, un aspect.

Je soutiens que ce « physique » spécial à chacune de ces classes donne à la Langue Bleue une facilité incomparable d'acquisition. Voici pourquoi :

Tandis que, dans toute autre langue vivante ou artificielle, il faut que l'esprit, soit à l'audition, soit à la vision d'un mot, aille cVun seul bond à la compréhension du mot, par mon système, le même résultat s'obtient par un raisonnement en deux temps.

Etant donnée la connaissance de l'Aspect ci-dessus établi des parties du discours, le travail sera décomposé ainsi :

l*''" temps : Classification presque involontaire et instantanée du mot dans une classe.

2™^ temps : Recherche exacte du sens du mot dans cette classe.

N'est-il pas évident qu'une réflexion circonscrite par une première classification est un soulagement considérable pour la compréhension?

Si, presque instantanément, je peux classer le mot cherché dans une de mes huit parties du discours, n'ai-je pas le droit de dire que, par ce premier temps de réflexion, je diminue de huit fois l'effort nécessité, et que, grâce à cette Règle-base de l'Aspect, l'acquisition de la Lamiue Bleue nécessitera un effort huit fois moins grand que l'acquisition de tout autre langage.

Que se passe-t-il, en effet, à l'heure actuelle, lorsqu'on se trouve en présence d'un mot d'une langue étrangère? Le son ou la vision (souvent môme différents l'un de l'autre i donnent seuls à l'intelliçrence un point de repère pour comprendre ce mot (1). Plus clairement, on peut dire que chaque mot des langues mortes ou vivantes en général possède un cachet différent^ dont la forme physique n'offre aucun point d'appui pour arriver à reconnaître le sens de ce mot.

(1) Darmesti£Teu . «On ne part du mot pour annver à l'idje que quand il s'agit d'apprendie une langue. »

ai LA LANGUI-: liLLL K

Au contraire, dans la Langue Bleue, le cachet, le faciès, l'Aspect, le physique du mot, dont Vauditio7i est égale à la vision, offre à l'esprit une sorte d'échelon matériel, sur lequel il peut se reposer avant de continuer son ascension vers la compréhension complète.

Cette facilité devient encore plus grande lorsqu'il s'agit non plus d'un mot seul, mais de touie une phrase. On comprendra aisément que VAspi.'ct distinctif de chacune des classes de mots dans une i^hrasc permet une divination beaucoup plus rapide du sens d'un vocable quelconque inconnu, si on connaît le sens d'auires mots dans cette phrase il).

Enfin, s'il est vrai, comme le dit L. Adam, que Steintiial « se propose de classer les langues d'après le dcyro de précision et de netteté auquel elles sont parvenues dans la distinction sensible des catégories », il me semble que, par l'Aspect bien caractéristique de ses classes, la Langue Bleue peut revendiquer la première place.

Sans conteste, mieux qu'aucune autre langue, elle obtient une classification rationnelle, nette et précise, tout en suivant la Loi du moindre effort.

Son principe fondamental est, en effet, de c donner la faculté absolue d'une distinction rapide entre les classes des mots du langage ».

Par une sorte de divination facilement acquise en apprenant quelques règles, chacun pourra exactement déterminer la nature d'un mot quelconque avant d'en connaître le sens exact.

Et je considère la possibilité de cette exacte détermination préalable comme la condition sine qua non de la réussite d'un idiome artificiel qui aspire au titre de langue internationale.

(1) Surtout si, comme on h vjira plus tard, la phrase est construite sur un plan toujours uniforme.

Supposons, en uflfet, un mot terminé parla consonne il, placé après un sulistanfif. tljntlcsens est connu; la présence de cette lettre finale d indiquera qu'il s'agit d'un qualificatif et la position du mol» que ce qualificatif sj rapporte au nom précédenl. La recherche du s^ns exact du mot sera donc facilitée et par sa /or/ne même et par sa position dans la phrase.

la lon<juev.i' des mots avec

§ B. — Résumé synoptique du Chapitre IV.

Avant de passer à l'étude de l'aspect des mots à Vétat fonnel, je veux résumer par un taljleau les connaissances déjà acquises.

Tableau

MONTRANT LA CLASSIFICATION DES MOTS A LEUR ÉTAT NATUREL EN B, EN CONSIDÉRANT UNIQUEMENT LA COMBINAISON DE :

\ dans les Motules : la sonorité.

I dans les Granmots : la terminaison.

J" Catégorie. — Motules.

(Mots vagues, mots courts, cVau jjIus trois lettres.)

Mots d'une lettre Interjections.

ideux voyelles semblables . . . Interjections,

deux voyelles différentes . . . Mots-cadres,

la lettre w Mots-cadres,

une des voyelles i ou o . . . . Connectifs.

une des voyelles a ou e. . . . Désignatifs.

Mots de trois i' par la lettre ii Mots-cadres.

lettres < par une des voyelles i ou o . . Connectifs.

si terminés ( par une des voyelles a ou e . . Désignatifs.

Il" catégorie. — Granmots.

(Mots précis, mots longs, d'au moins trois lettres.) Mots de trois [ par consonne quelconque, sauf

•I ou «1 Noms ou Nombres.

par consonne i| Modificatifsi'simplesi.

par consonne quelconque autre

que i| ou tl Noms ou Nombres.

par consonne i| Modificatifs(simplesi.

par voyelle a, e, i, o, (le mot

est de deux syllabes*. . . . A'erbes. par consonne autre que n ou d Noms ou Nombres. ice mot peut être d'une syllabe ou de deuxi.

Les suivants sont toujours de deux syllabes :

par voyelle a, e, i, o Verbes.

[ par consonne «| Modificatifs.

l par consonne d Attributifs.

Les mots de G, 1,^ lettres et au-dessus possédant les terminaisons des mots de cinq lettres sont répartis dans les mêmes parties du discours.

lettres si terminés

Mots de quatre)

lettres

si terminés

Mots de cinq

lettres

si terminés

Remarques sur le Tableau précédent. — 1° Un peut voir qu'il n'est pas fait mention de granmots de quatre ou cinq lettres terminés par it.

Nous retrouverons cette forme au tableau-gaufrier (p. 61 1, car elle fait partie des étals for)nels des mots.

2° Ne pas oublier qu'il existe cinq règles orthographiques (V". p. 28), et que, par la Règle de structure, les formes de mots de deux ou trois lettres commençant par ti sont interdites.

Les formes de structure l't'c et vcc, vcu et cvu n'existent pas en B- On verra au chapitre VII par les règles de formation (pie les mots de trois ou quatre lettres terminés par fl ne peuvent se rencontrer en B»

§ C. — Comparaison de la Langue Bleue arec les langues vivantes.

Pour mieux faire apprécier le système de création de la Langue Bleue, je crois nécessaire d'étal)lir immédiatement par des exemples une comparaison entre la lucidité obtenue par cette méthode et la confusion résultant de l'état actuel de nos connaissances en présence des vocables des langues vivantes .

Je prends comme termes comparatifs des mots choisis dans les cinq langues les plus répandues : français, anglais, espagnol, allemand et italien.

En français : mais, frais (nom), (je) vais, vrais.

En anglais: from (de), town (ville), drown (noyer), own (propre).

En allemand : seit (depuis), zeit (temps), (er) hcist (il nomme) l)reit (largei.

En espagnol : pero (mais), pcrro (cliiea), (jo) pcrdo(jcpoidsi, ])revio (prorodentl,

En italien : sino (jusque), sonno (sommciU, amo (j'aime), sito (situé).

J'ai choisi intentionnellement ces mots, pour montrer ([u'à la lecture de chacun de ces vocables dans chaque langue, aucun indice dans leurconformation ne peut permettre une classilication quelconque.

Il faut donc connaîtreleur. sens exact; car, pour aider à leur compréhension, il n'existe pas le moindre point de repère physique. Ces mots appartiennent tous à des parties du discours différentes, et ils ont l)0urtant une apparence semblable.

Au point de vue de la grammaire comparée, la situation est encore plus embrouillée. En effet, si on lit verticalement toutes les colonnes de ces mots (qui alors apjsartiennent à la même partie du discours), on constate qu'aucune similitude n'existe entre un mot d'une langue et celui d'une autre. En tous les cas, aucune règle absolue ne peut être déduite de cette comparaison.

Prenons au contraire tous ces mômes mots ; rangeons-les dans

l'ordre de leurs parties du discours et traduisons-les en Langue Bleue. Nous allons obtenir le tableau suivant :

Prépositions et Conjonctions

Substantifs

Verbes

Qualificatifs

Frangeais : mais

frais

(je) vais

Vivais

Anglais : from

town

(to) drown

own

Allemand : seit

zeit

(er) heist

breit

Espagnol : pcro

perro

(yo) perdo

previo

Italien : sino

sonno

amo

sito

Traductions en B

bo

freg

(me) govo

verod

om

sit

treuki

proped

do

tini

(se) nomo

stensed

bo

dog

(me) losto

letsed

dorni

(me) lovo

dorted

On peut constater :

Que les Prépositions et Conjonctions sont toutes des motules (mots courts I contenant la voyelle i ou o ;

Que les Xoms sont des mots d'au moins trois lettres, formés de syllabes closes, commençant par une consonne quelconque et finissant par une consonne autre que n et «l ;

Que les \'erbes sont des mots d'au moins deux syllabes iGranmots) finissant tous par voyelle ;

Que les Qualificatifs sont des mots d'au moins deux syllabes commençant tous par consonne et finissant tous par consonne d.

Par conséquent V Aspect de chacun de ces groupements est bien caractéristique et donne une notion première de classification par le seul puYSiQL'E des mots.

Cela est d'une exactitude théorique telle, qu'en écrivant ce chapitre je n'avais pas encore commencé mon vocabulaire ; mais comme ma méthode était achevée, je savais néanmoins, à l'avance, que ces mots auraient lorcément ces Aspects, sinon dans leur contexture complète, tout au moins dans leur physionomie c^ui devait posséder soit une sonorité déterminée, soit une des lettres finales dans les exemples donnés ci-dessus.

On verra plus loin comment cette structure des Mots Précis devait fatalement être obtenue par suite de la méthode de Formation des mots dans la Langue Bleue.

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