‹ La langue bleue - BolakChapitre 18 sur 136 · VOIX ACTIVE. VOIX PASSIVE · texte numérisé non relu

VOIX ACTIVE. VOIX PASSIVE

lovi, aimtT (toujoursl. lovui lovouii, être aimé (toujours).

lovo, aimer (en ce moment). lovuo lovouo), être aimé (en ce moments

love, avoir aimé (dans le passé). lovue , lovoue), avoir été aimé i dans le passé).

lova, devoir aimer (dans le futur). lovua(lo voua), devoir être aimé (dans le futur)

Et de même à tous les autres modes, à tous les autres temps de ces modes et à toutes les personnes de tous ces temps.

En ce qui concerne la voix impersonnelle, enverra (Cliapitie ^ II, page 185), qu'elle est supprimée par la seule interprétation du sens du verbe, par le bon sens.

Cette détermination des voix termine l'examen des -v ariations connues dans les langues modernes.

La variation nouvelle de graduation, La Régie de la Marguerite, va être étudiée dans le ^' J. Cette règle expliqueia toutes les notions de cette variation, que je baptise du nom de margueritation.

Pour résumer tout ce qui vient d'être dit au sujet des variations dans les mots précis, il convient de présenter ces remarques sous forme de Règles.

Ce seront les deux Régies spéciales de la Langue Bleue : la Règle de ru et la Règle de la Marguerite.

§ I. — Règle de l'U.

Règle de VU (prononcez: ou). — Cette règle est la seule qui présente quelques difficultés dans l'étude de la Langue Bleue. Il faut comprendre, en effet :

1** que ce signe w n'est pas une lettre ordinaire, mais bien un signe symbolique ;

2" Que ce symbole sert d'outil grammatical pour différents emplois et que, suivant la place quil occupe et même suivant le mot cp.iilmodifœ, cet U varie en sa signification symbolique

C'est une sorte de coefficient mathématiciue hiéroglyphique facilement prononçable (Ij.

(1) J'ai intentionnellement choisi ce son, parce qu'il exige le moindre effort d'émission parmi tous les sons des alphal)ets. Kœnig a prouvé (pie le son ou ne produisait que la moitié des vibrations du son o, le quart du son a, le huitième du son e, et le seizième de celles occasionnées par la prononciatien du son i.

:a LA LANGUE BLEUli

Je dis :

1" Que ce signe it n'est pas une lettre ordinaire, car on ne le trouvera jamais employé dans aucun mot précis. Il n'entre jamais dans la composition du vocabulaire (sauf dans 45 vocables, les mots-cadres) ;

2° Que c'est un outil grammatical, car sa seule présence indique une modification dans le sens des mots précis.

Bréai. : » Le lan.trage prélève un certain nombre d'expressions sur le stock héréditaire dont il fait des « outils grammaticaux ».

L'm est l'outil de la Langue Bleue.

Si l'on veut donc bien se rappeler que ce signe u est une lettre à part dans l'alphabet, qu'il possède une essence différente de celle des autres sons-signes, qu'il lui est théoriquement attribué des fonctions très spéciales et sans analogie avec celles des autres lettres (car je le répète encore : ïu ne contribue pas à la fabrication des mots euxmêmes à l'état naturel), on saisira plus aisément les divers emplois qui vont suivre :

Règle générale de V U (son : ou) . — Cette lettre est appelée voyelle-outil ou plus brièvement : outil de la Langue Bleue. Sa présence dans un mot indique que ce mot est à im état formel.

Il n'existe Jamais dans un mot à l'état naturel (1).

Ses diverses fonctions sont les suivantes :

1" Placé à la fin d'un mot (et ce mot ne peut êti'e qu'un nom), il exprime toujours le pluriel des noms {V. § A, iiombi-es);

2° Placé au commencement d'un mot, il peut avoir trois attributions différentes :

A. Devant un nom, il exprime le féminin de ce nom (V. ^B, genre) ;

B. Devant un verbe, il exprime l'idée d'antériorité, de perfection de l'acte, aux temps secondaires {V. § G, temps

G. Devant un attributif ou un modificatif, il exprime l'état d'égalité (V. § J, Marguerite).

Par cette simple règle sont partiellement résolues, la règle de variation des temps dans les verbes (temps composés) et complètement les règles des deux variations du irenre et du nombre dans les noms, seule

(1) Ou dans ce cas, sa fonction d'outil est d'être un simple « trait d'union oral » dans les noms composés. Exemple : vintumîlv, moulin à vent; de: vint, vent et milv, moulin, joints par ce trait d'union oral u.

classe dans le discours, en dehors des désignatifs, susceptible d'être modifiée par ces idées (F. § A et § B).

Cette règle de i'U paraît très ardue à comprendre ; mais, si je cite un seul exemple, toute difficulté s'évanouit, car la règle « crève les yeux ».

Si du mot «cheval», que j'appellerai liv«l,je veux créer les trois autres mots : « jument », « chevaux » et « juments », quelles sont les formes obtenues à l'instant par l'ajiplication de la règle de I'U ?

On aura :

kval. cheval (i) ukval, jument (cheval femelle) (2).

Bcvalif, chevaux iil*. valu juments (chevaux femelles).

Est-il rien de plus simple ?

Un corollaire évident est que tout mot commençant et finissant par U est toujours un nom au féminin pluriel..

De même pour la partie B de la 2™^ Règle de I'U (F. §' G, temps).

Si le mot : nie lovo veut dire : faime (en ce moment) ;

it»e ulovo sera : j'ai aim,é.

Si le mot : me lerna veut dire f apprendrai;

nie ulerna sera : j'aurai appris.

De même pour la partie C de la 2'"*' Règle de I'U {V, § J, Règle de la Marguerite).

Si le mot : loved veut dire aimé ;

wloved sera : aussi aimé, autant aimé.

Si le mot : lovaii veut dire aimablem,ent ;

ulovai[ sera : aussi aimablement.

Si le mot : sreii veut dire souvent ;

iisreii sera : aussi souvent.

On voit donc qu'en ce qui concerne I'U mïh'aZ, il faut, pour reconnaître quelle est sa fonction exacte parmi les trois que sa position lui donne, examiner attentivement la fnale du mot.

(1) On a vu (§ B) que, pour exprimer l'idée du cheval nuile (l'étalon), il faut mettre devant le nom le mot-cadre siw. «Etalon» en b» sera sta kval; les « étalons», stii kvulu; comme « taureau » sera stn bov; les taureaux, sla bo«u; le bœuf, eu général, étant bov; les bœufs, bovu; les vaches, ubovu, etc.

(^) On a vu (§ B) que le féminin s'exprime encore de deux autres manières :

1° Par des mots différents, s'il s'agit de l'homme et de ses relations. Ex. : père, pcr; mère, mer; frère, rcr; sœur, sar, etc.

'I' Par une terminaison secondaire in lorsque le féminin signifie la femme de... Kx. : Rcks, le roi; reksiu, la reine; tsar, le tsar; tsarin, la tsarine; c'est-àdire : la femme du roi, du tsar.

r.i LA LANGUE BLEUE

En effet, si ce mot se termine par une voyelle, ce mot est un verbe {Voir la loi générale de l'Aspecti, et alors U signifie temps antérieur.

En elTet, également, si ce mot se termine par la consonne d, ce mot est un attributif, et, si ce mot se termine par la consonne ii, ce mot est un modificatif (smva.nt la loi générale de l'Aspect; dans ces deux cas ru initial signifie : égalité.

En effet, encore, si ce mot se termine par une autre consonne que i| ou d, ce mot est un subs^anh'/ (également suivant la loi générale de TAspeet» et alors TU initial signifie : sexe femelle, féminité fl).

Par dérogation unique à l'interdiction d'employer l'outil n dans la composition des mots, ce signe se trouvera comme avant-dernière lettre des verbes pour indiquer la voix passive {V. § H, Voix).

Nous n'avons donc plus qu'à nous occuper de la réglementation de l'état formel nouveau, variation que j'ai introduite dans la Langue Bleue sous le nom de Margueritation. Dans toutes les langues, se trouvent des traces de cette variation : ce sont les mots à l'état augmentatif ou diminutif.

,^ J. — Régie de la Marguerite

La Langue Bleue est une langue artificielle volontairement pauvre ; il m'a donc paru nécessaire de fournir à l'esprit la faculté de fabriquer rapidement de nouveaux mots pour exprimer les différentes nuances de sensations, qui peuvent être conçues à l'évocation des idées évoquées par un seul mot.

Je m'explique plus clairement : Etant donné le mot : amour, par exemple, je voudrais procurer à chacun la faculté de nuancer ce terme et d'exprimer rapidement, avec la connaissance de ce mot unique amour, toute la série des mots dont le sens présente quelque analogie avec ce concept ; soit, des vocables tels que : passion, penchant, indifférence, idolâtrie, etc., etc.

11 est de toute évidence que, si une règle, d'ailleurs facile à acquérir, me permet d'obtenir ce résultat, j'aurai considérablement diminué le fardeau de la science nécessaire du dictionnaire, et qu'ainsi je porterai secours en maintes occasions à la mémoire en défaut.

Chaque mot connu deviendrait, de ce fait, une sorte de violon entre les mains d'un virtuose qui pourrait en faire vibrer tous les accents, si on lui mettait un archet entre les mains.

L'archet qui sert à cet usage est justement la règle de ce nouveau mode de variation qui peut ainsi graduer un mot, règle que j'appelle Règle de la Marguerite.

(1) D'après cette forme, le mot pourrait être aussi un nombre ; mais il est de pur bon sens qu'un nombre ne peut avoir de féminin.

De cette appellation, je créerai le vocable « margueritation » dont la traduction est : application de la Règle de la Marguerite pour le « nuançage » des mots.

Cette MARGUERITATION permettra d'économiser un temps précieux dans la conception et dans l'expression du langage. Elle remplacera de nombreuses périphrases nécessitées dans toutes les langues pour rendre dans cette gradation des sentiments. Elle autorisera l'emploi d'un mot pour un autre ; car, pour poursuivre ma comparaison du violoniste, elle fait donner par l'esprit des tours de clefs à chaque vocable et leur fait sonner une autre tonalité. Elle sera un des moyens les plus pratiques de ma langue pratique pour la rapidité de l'expression, puisqu'elle permet d'ignorer de nombreux vocables, tout en donnant le pouvoir de se faire comprendre aussi clairement qu'avec un dictionnaire nourri.

On peut encore comparer la Règle de la Marguerite à une puissance mathématique permettant de rendre les sensations de — .

On saisira encore mieux l'importance de cette règle de transformation, si l'on veut se reporter à l'idée même qui m'en a suggéré la création.

Le jeu de l'effeuillement de la Marguerite par les jeunes filles anxieuses de connaître leur destinée est l'origine de cette proposition grammaticale. « Pas du tout, un peu, beaucoup, passionnément » est le refrain monotone de ce passe-temps. Et les mêmes mots : pas du tout, un peu, beaucoup, passionnément », vont me servir en B aussi bien pour le mot « amour » que pour tout autre mot (collectif ou abstrait).

Afin de rendre pratique cette énumération, j'ai remplacé comme en algèbre par des lettres, la série des expressions : « pas du tout, un peu, beaucoup, passionnément. » Mes représentations algébriques seront, dans ce cas, des voyelles, représentant elles-mêmes les interjections mêmes du B-

Ces signes grammaticaux, de même que mes interjections, vont vouloir dire :

a (a privatif grec) pas du tout, et marque l'interjection (i)

symbolisant I'indifférence.

o un peu le doute.

e beaucoup I'exubéraxce.

i passionnément le paroxysme.

(Ij J'aurais préféré suivre la progression acoustique : o, a, e, i, aux vibrations de plus ou plus intenses, mais l'a (alpha) piuvatif grec, existant déjà dans presque toutes les langues modernes pour indiquer le «manque» m'a déterminé à modifier «luelque peu l'oi'dre régulier.

où LA LANGUE BLEUE

Le sentiment d'égalité reste seul à exprimer, mais il n'est nécessaire ni dans les noms ni clans les verbes ; son utilité se fait sentir uniquement dans les qualificatifs ou modificatifs. Je prendrai pour le manifester le son M qui me reste dans la série vocale. (V. Règle de l'U.)

Donc la Margueritation est complète comme règle de gradation de sentiments.

Je peux la définir :

Une règle de variation permettant de donner à tous les mots précis des sens d'intensité différents par la seule 'préfixation d'une voyelle, qui est elle-même une interjection de la Langue Bleue exprimant la même sensation (1).

De par cette définition même, la Margueritation est essentiellement facultative, sauf pour les degrés de comparaison des Attributifs et des Modificatifs.

On voit que la règle de la Marguerite est très facile à saisir ; mais, pour mieux la graver dans la mémoire, bien que la comparaison puisse paraître ridicule, je veux l'exposer par le dessin ci-contre sous forme de thermomètre, montrant la graduation morale des sentiments à leurs divers degrés (marqués en chiffres), et indiquant, comme sur un thermomètre ordinaire, l'échelle des sentiments par un mélange suJjtil des idées de chaleur solaire et sentimentale.

(Ij Si l'on voulait suivre l'idée de comparaison mathématiiiue de la Marguerite et si j'appelai s M un mot quelconque, nous pourrions poser les équations suivantes :

D'après les qualifications données aux divers degrés de Margueritation (voir cicontre) on peut dire que :

La graduation a maxinia ;= M -\- ^j La graduation augmentalive = M- La graduation diminutive = V ^I La graduation a minima ^ M-co

Or

Donc

La lettre i représente ou est = graduation a maxima,

— c ^ — =: — augmcntative,

— o — = — diminutive,

— a — =; — a minima.

i M = M -f ce ; e M = M- ;

A mes divers termes de gradation, je donne les qualifications ciaprès désignées dans la colonne de droite.

DESSIN DU THERMOMETRE

Termes de la Marguerite physiqae

moral

Passionnément

Beaucoup.

Un peu.

Pas du tout. . .

Tropical io.° — — Paroxysme

Exubiirancc

Chaud 30°. —

Normal lo" ^ Egalité,

Tempéré 10». j

Glace 0°.

— Restriction,

— Indiffcrence.

Représentation devant .tppellalions

les mois do la graduation

la voyelle i devant tous mots précis a ma.vima

la voyelle e devant tous mots précis aiiymentatuc

ror.lil u devant qualilicatifs et adverbes. . égalitaire[\)

la voyelle ©devant tous mots précis dimiiiutivc

la voyelle a devant tous mots précis a minima

■f '^" Bi

Enfin, des exemples étant encore le meilleur moyen d'asstm\lati(y^y je prends un mot de la Langue Bleue : lov, amour, pour, montrj^ sur un seul Tableau toutes les applications possibles de la RegWae la Marguerite dans tous les mots précis.

Ce talîleau donne en même temps une première idée de la Formation complète des mots précis en B-

(1) Les noms absti-aits ou collectifs étant tous neutres en B ne peuvent être féminisés ; c'est-à-dire avoir Vu préH.Ké.

Or, ce sont justement de ces noms seuls que l'on peut former des attributifs ou modificatifs susceptibles de margueritatiun. (On verra que les noms concrets prennent des terminaisons secondaires spéciales affectées à cet usage.)

Par conséquent l'emploi de I'h initial pour exprimer l'égalité dans les qualificatifs et adverbes ne pourra pas prêter à confusion.

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voir (en - (e -voii levo

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rt 1 ro -

<ij e

Remarques sur le Tableau des mots marguerites (1)

Après étude de ce tableau, il convient de dire :

1^"' que, étant donné que la # est une règle essentiellement facultative, sauf dans les degrés de comparaison des Attributifs et des Modificatifs ;

On peut, si on le désire, exprimer sa pensée par un mot avec adverbe ordinaire de quantité. Exemple : un peu aimé : poii loved aussi bien que oloved :

2'^ que, le même sens de gradation que l'on pourrait fabriquer par la Margueritation si on le désire, figurera parfois dans le dictionnaire comme expression spéciale et sera l'équivalent d'un autre mot #.

Exemple : elov, j)assion, amour violent, n'empêche pas au vocabulaire la présence du mot passton : passn que l'on peut « margueriter» à son tour.

Dans ce cas, il est toujours préférable d'employer le mot exact qu'un mot marguerite, la ^ aj-ant surtout pour but de remédier promptement à une défaillance de la mémoire ;

3'' que, vu le nombre considérable de formes que l'on peut extraire d'un seul mot # : 4 noms, IG formes de verbes, 20 attributifs (5 degrés de# multipliés par 4 formes que nous allons trouvera la grammaire), 20 modificatifs (même observation que pour attributifs) soit, un total de 72 formes provenant d'un seul nom-tige (2), il ne faut pas abuser de la #. Le goût naturel montrera tpi'une grande partie de ces formes n'est pas nécessaire, bien qu'exactes théoriquement.

Enfin, deux remarques spéciales pour finir :

4° On a pu observer que la Règle de la Marguerite dans sa gradation a mininm ne veut pas dire la négation, mais bien le manque. La négation est exprimée par le mot-cadre iiii.

il) A parth- de cette page, noter que l'expression: « Règle de la Marguerite » et la qualification « marguerite », soit : mot subissant cette Règle, seront représentées par le signe abréviatif: ^.

(2) 60 formes ^ plus 12 formes dérivés du nom-tige à Vétat naturel : 4 verbes, 1 attributifs, 1 modificatifs ( V. Première partie du Tableau delà Marguerite).

'Xn lov sera la « négation de l'amour » ; tandis que le mot «: alov »

exprime « l'indifférence », Ce n'est qu'une question de nuance en général peu importante,

ô° On peut aussi constater que la ^ ne comporte jamais l'idée de contraire. Cette idée de contraire pourra être exprimée par le mot cadre fku. Si l'on ne se rappelait pas le mot haine, lasl, on pourra dire f ku lov, mais ne jamais se servir de la ^ dans ce but.

En somme, la Règle de la Marguerite est une gradation partant de Vidée réduite à sa plus simple expression jusqu'au summum de cette même pensée.

Je fais encore remarquer que la Margueritation ne peut pas s'appliquer à des mots concrets, s'il ne renferment pas une idée de collectivité.

On peut se servir de cette règle pour tous les mots abstraits et pour tous les noms concrets collectifs. Exemple: nieiii, alimentation, niolt, foule, multitude.

On ne peut pas s'en servir pour des noms concrets tels que :

Pan, pain ; dos, chien ; fork, fourchette ; etc.

Il est évident que, pour de tels mots, les expressions: « passionnément, beaucoup, un peu, pas du tout, » ne voudraient rien dire.

Si l'on veut exprimer des idées m.atérielles d'agrandissement ou de diminution dans les mots concrets, on se servira des terminaisons secondaires (F, p, 104),

En résumé, la margueritation sert uniquement à l'indication des intensités morales de sens, mais jamais à celle des mesures matérielles.

§ K. — Résumé des variations des mots.

Après examen de ces règles du B, établies pour exprimer l'état formel, je peux résumer comme suit, les lois de structure des mots à Vétai formel:

1° Les variations d'un mot précis n'affectent pas la forme primitive à l'état naturel de ce mot.

Par conséquent, tout Granmot ayant au moins trois lettres et la modification s'elîectuant par l'addition d'une autre lettre :

2" Tout mot précis à l'état formel devra avoir au moins quatre lettres.

Et comme corollaire :

o^ Tout Granmot commençant par un son vocal est un mot à l'éiat formel.

Cette dernière règle sera très utile, lors de la consultation du vocabulaire. Il est évident que si l'on veut connaître le sens du mot précis à l'état naturel, il faudra supprimer la voyelle initiale de ce Granmot commençant par voyelle.

C'est ce que j'appelle la décapitation du mot ; ce terme énergique fait comprendre la manière d'employer le dictionnaire en présence d'un mot #.

Ex. ; On veut traduire le mot ilow. On voit qu'il a quatre lettres, qu'il commence par une voyelle. Il n'existe pas dans le dictionnaire B. Pour en rechercher la signification, il faut le décapiter, lui enlever sa première lettre, la lettre i ; il restera le mot * lov » que l'on trouvera à la lettre L du dictionnaire, traduction : « amour », Si l'on se rappelle alors que la voyelle i indique un mot ^ à maxinia, on aura donc « amour avec paroxysme », auti-ement dit : « idolâtrie ».

Pour faciliter l'acquisition de ces règles, je peux encore poser les axiomes suivants :

Si un mot d'au moins quatre lettres commence :

1° par a, c'est un mot marguerite avec idée de gradation a minima ; 2° e, — gradation augmentative ;

.3" i, — gradation a maxima ;

4° o, — gradation diminutive ;

~t° M, il faut consulter la terminaison de ce mot pour connaître ce sens. (F. Règle de l'U.)

Si un mot d'au moins quatre lettre finit:

1° par a, c'est un verbe avec idée de futur ;

2° e, — — de passé ;

.■J" î, — — d'éternité ;

'i° o, ■ — — de présent ;

."j° u, c'est un nom au pluriel.

Etant données les notions déjà acquises, et sans même avoir encore étudié kl Fornmtion des mots, je vais être à même de dresser des Tableaux-gaufriers (1) dans lesquels je peux montrer que, par la seule connaissance de la longueur des vocables, de la sonorité des « bouts des mots », les états naturels et formels, — classes et variations, — de tous les niots du B vont être établis définitivement, avant même de connaître le sens d^un seul vocable de la Langue Bleue I

(1 J'appelle a. Gaufrier » des tableaux composés de moules, — assemblages dé- (erminés de lettres, — dans lesi^uels les mots doivent se couler comme de la pàtc ;\ gaufres dans des « gaufriers ».

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