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C. — Régimes direct au pluriel et indirect au sincjulier

1° Je donne (des êtres masculins) à un masculin ;

je les lui donne me gixo ba aea

2° Je donne (des êtres féminins) à un masculin ;

je les lui donne — fa asa

3° Je donne (des choses neutres) à un masculin ;

je les lui donne — da asa

4° Je donne (des êtres masculins) à un féminin;

je les lui donne — ba ala

5° Je donne (des êtres féminins) à un féminin ;

je les lui donne — fa ala

6° Je donne (des choses neutres) à un féminin ;

je les lui donne — da ala

7" Je donne (des êtres masculins) à un neutre;

je les lui donne — l»a aifa

8° Je donne (des êtres féminins) à un neutre;

je les lui donne . . . , — fa aiia

9° Je donne (des êtres neutres) à un neutre;

je les lui donne — da aqa

D. — Régimes direct et indirect au j)luriel.

i° Je donne (des êtres masculins) à des masculins ; je ies ieur don?ie me içivo ba aba

2° Je donne (des êtres féminins) à des masculins ; je les leur donne — fa aba

3° Je donne (des choses neutres) à des masculins ; j'e ies Zeitr donne — da aba

4° Je donne (des êtres masculins) à des féminins ; je les leur donne — ba afa

LA LANGUE BLEIE 87

5" Je donne (des êtres leminins) à des féminins ;

je les leur donne iwe givo f» afa

G° Je donne (des choses neuti'es) à des féminins ;

je les leur donne — da afa

7° Je donne (des êtres masculins) à des neutres ,

je les leur donne — l>a ada

8° Je donne i^des êtres féminins) à des neutres ;

je les leur donne — fa ada

9° Je donne (des choses neutres) à des neutres ;

je les leur donne — da ada

On voit donc que, tandis qu'en français il n'y a que six expressions qui engendrent la confusion la plus grande, en B les trente-six expressions régulières amènent la clarté la plus parfaite.

De plus, grâce à la distinction des personnels de politesse et de familiarité, on peut également exprimer claii-ement la même idée lorsqu'on s'adresse à une ou plusieurs personnes, que l'on tutoie ou non.

Traduction de la phrase française : je [te ou vous), le, la, les donne :

Si le régime direct est au singulier et qu'il représente :

Un masculin. l'n féminin. Un neutre.

1» Je m'adresse à une personne familièrement.... niegivosa ata; iiiegivo la ata; iiiegivo qa ata.

2° Je m'adresse à une personne respectueusement . — sa ava : — la ava ; — qa ava.

.3° Je m'adresse à plusieurs personnes familièrement. — sa apa ; — la apa; — qa apa.

1° Je m'adresse à plusieurs personnes respectueusement (1).-... — sa aga; — la aga: — qa aga.

Si le régime direct est au pluriel :

1» Je m'adresse à. une personne familièrement — ba ata; — fa ata; — da ata.

2° Je m'adi'esse à une personne respectueusement . — ba ava : — fa ava ; — da ava.

3° Je m'adresse à plusieurs personnes familièrement. — ba apa ; — fa apa ; — da apa.

1° Je m'adresse à plusieurs personnes respectueusement — ba aga; — fa aga; — da aga.

(1) Lorsque, parmi les personnes auxquelles on s'adresse, urc seule doit être traitée respectueusement, il faut employer le pluriel respectueux.

On voit qu'en B il y a vingt-quatre manières de dire la phrase française qui ne peut s'exprimer que de sur façons : je te le — je te la — je te les — je vous le — je vous la — je vous les... donne.

Mais en B» à la lecture de la phrase, on sait exactement à qui cette phrase est adressée et de quoi il s'agit, tandis qu'en français !...

En apercevant ces trente-six manières de s'exprimer d'une part, ces vingt-quatre manières d'une autre, on pourrait s'effrayer de la difficulté d'obtenir cette précision ; rien ne sera pourtant plus facile si l'on connaît seulement les douze consonnes caractéristiciiœs des personnes et le schéma de la déclinaison .

On constate, par ces exemples, que le régime direct est énoncé d'abord avant le régime indirect. En cas de plusieurs régimes indirects, on commencera toujours par exprimer celui qui olfrc le plus d'intérêt à la pensée {V. Grammaire, IIP Partie).

Une dernière remarque: les personnels emphatiques sont également obtenus à Vaide des consonnes caractéristiques ; mais alors les consonnes sont enclavées entre les deux voyelles e. Cette formation représente, pour ainsi dire, le vocatif eC et le nominatif Ce accolés ensemble, — avec suppression d'une des consonnes caractéristiques.

Ex. : Moi-même, eme ; nous-même, ene ; elles-mêmes, efe ; vousmêmes len s'adressant respectueusement à plusieurs personnes), ege.

Enfin il faut se rappeler les deux observations suivantes, qui ont été faites précédemment:

1° Au Chapitre V, § II, on a vu que la voix réflexe était figurée par deux Mots-cadres s» et siiii, et non par des personnels.

2° A la page 80, on a pu noter que l'indéfini siiia, soi-même, comblait une lacune existant dans la série régulière des personnels emphatiques.

Pour terminer cette étude de la formation des motules, il ne reste plus qu'à dénombrer les motules de la Langue Bleue.

Nous avons théoriquement établi le maximum des formes dans chaque classe au moyen des règles orthographiques et de structure du B •

Récapitulons ces nombres :

P° classe

IP classe

IIP classe

IV* classe

Soit un total théorique de 475 moules

Interjections

Mots-cadres

Connectifs

Désignatifs

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dans lesquels seront coulés tous les Motules, mots vagues constituant la première Catégorie des mots de la Langue Bleue (1).

§ D. — De la formation des Granmots en général.

Nous venons d'étudier la formation de la première catégorie du langage, les motules, mots courts représentant les idées vagues, « signes de sensation de la langue », suivant la définition de Montémont (V. p. 69).

Nous avons constaté que cette formation est plutôt une étude (V Aspects de sonorités caractéristiques, puisque les distinctions de chacune des classes des motules, malgré la précision qu'y apportent de nombreux groupements, sont faites surtout par la « forme spécifique interne sonore t) du vocable.

Au contraire, dans l'étude de la formation de la deuxième catégorie du langage, composée de mots longs appelés granmots représentant les notions précises, les « signes de V expression de la langue » (Montémont), nous allons observer que, non seulement chaque classe de ces Granmots aura son Aspect bien tranché, sa « forme spécifique » bien distincte, mais encore que grâce à une dérivation absolument régulière et croissante, la longueur même des moules de ces mots apportera la possibilité d'obtenir une distinction plus nette encore.

Et, pour me servir d'une expression vulgaire, nous allons voir «pousser les mots » .

Cette expression n'est pas exagérée, si l'on veut se reporter au Dessin de Vijeiise où cette « croissance » régulière est indiquée comme une « poussée tangible », semblable au développement d'un germe. Cet accroissement est « calqué » sur la théorie de la Langue Bleue, ellemême résumée en l'apologue du Réveil d^Adam.

On a constaté que c'est de la classe des « Noms et Nombres » que vont être dérivées toutes les autres classes des mots précis i2j : Verbes, Attributifs etModificatifs.

(1) Je répète que le nombre actuel des Motules est beaucoup moins grand que CCS 475 formes théoriquement possibles. Le nombre des motules employés en B sera d'environ 100, laissant environ 70 moules théoriquement exacts « en blanc». (\. IIP Livre, Vocabulaire.) Par exemple, on a déjà vu que dans la classe des désignatifs certaines formes ne pouvaient exister {Y. p. 75), que dans la classe des connectifs le Moule ew n'était pas employé, etc.

(2) Nous savons (V. p. 23) que la 2« Catégorie du langage (mots précis, les Granmots) est divisée en quatre classes :

5' partie du discours, 1" classe des Granmots : Noms et nombres ;

6« — 2» — ^'erbes ;

7" — 3* — Attributifs ;

S» — 4» — Modificatifs.

'v»0 LA LANGUE BLEUE

Avant d'étudier cette dérivation en général, îl convient de déterminer pourquoi j'ai choisi cette classe des « noms et nombres » comme « souche » des autres mots, de préférence à une autre.

En premier lieu, il faut dire que rien ne s'y opposait.

Max Muller : o II nous importe peu de délerniiner si le nom a été créé avant le verbe ou le verbe avant le nom. »

De plus, puisqu'il fallait choisir une classe, c'est plutôt celle adoptée en B plutôt que toute autre qui devait être élue. En eiïet, en laissant même de côié les résultats étonnants de clarté obtenus dans la pratique par ce choix, voici, au point de vue théorique, quelques opinions assez concluantes :

WiiiTNEV : « Chaque racine a commencé i)ar contenir une assertion entière. »

Hrkai. : a Les substantifs contiennent la part de vérité qui peut se trouver dans un mol. »

LoisEAU : « La première chose à faire est de dire de quoi l'on parle. »

Adam S.mith : « Le choix des mots spéciaux pour désigner des objets particuliers, c'est-à-dire la création des noms substantifs, a dû être une des premières actions par où l'homme a débuté au moment de la formation du langage. »

Clairefond : « La base, la substance du langage, c'est le nom de l'objet ou de l'être lui-même ; c'est là le point de départ obligé de tous les idiomes qui se pailent dans l'univers. »

Hegel : « Nous pensons en noms. »

Donc, la classe des noms (et nombres) étant adoptée comme touche (1), comme tige pour servir à la dérivation des autres mots précis de la Langue Bleue, je peux immédiatement édicter les règles générales de formation des mots du B à l'état naturel :

Régies générales de formation des mots précis (Granmots) :

P" Régie — : Quelle que soit, à Vètat naturel, la dérivation d'un mot précis, cette variation s'effectue toujours joar'un j)rocédéd'accroissement, de déveloirpement analytique, de gonflement du mot à son extrémité.

IV Régie — : En B) ^^ nom-tige reste toujours intact. Il subsiste et persiste toujours dans son intégralité, lorsque les mots passent à l'état formel.

(1) Au point de \ue psychologique, on peut encore rappeler ce que la Bible raconte.

Lorsque Moïse descendit du .Sinaï, rap])ortant à Israël les tal)les de la Loi que l'Eternel lui avait dictées, le premier cri du peuple à sa vue fut : « Quel est le nom du Seigneur Dieu ? »

Et dans la Genèse : « Le Seigneur Dieu ayant formé de la terre tous les animaux de la terre, les oiseaux de l'air, les mena vers l'homme pour que celui-ci vît comment il les appellerait, et tous les noms que l'homme leur doima, ce .sont leurs nom* ».

Iir- Règle — : Toutes les variations de Vétat formel suivent la même règle de forynation j)ar accroissement sauf les préfixations vocales prévues :

A. — Par la variation de graduation (a, e, i, o, u) de la Rcf/le de la Marguerite. D ij 1 • *• *' 1 D- 1 j i.iT i féminisation du nom.

B. - Par les variations apportées par la Règle de I U : j intériorisation des verbes.

Comme conséquences de ces règles, je peux poser les axiomes suivants :

Axiome I. — Tout mot précis du B à Vétat naturel commencera par une consonne (li. En ceci, je me conforme à l'avis suivant :

Clairefond : « On remarquera que presque tous les mots commençant par voyelle doivent être éliminés des mots-racines. »

Par conséquent, puisque le nom-tise commencera par une consonne, et que dans la dérivation développante, croissante du B, l'extrémité du nom est seule « élastique », il est évident que tout autre mot précis à l'état naturel devra également commencer par une consonne.

Axiome II. — Tout mot précis à l'état formel (sauf le pluriel des noms) commencera par une voyelle.

La pratique nous montre [V. Tableaux, p. 63-64i que la Langue Bleue se conforme à cet axiome.

En effet, tout mot précis commençant par un son vocal est soumis à l'une des variations de l'état formel apportées soit par la Règle de VU soit par la Margueritation.

Donc :

Corollaire : Si Von veut rétablir à son état naturel un mot quelconque qui est à Vétat formel, il suffit de « décapiter » le mot du son vocal initial ; autrement dit : en faire disparaître la première lettre.

J'ai déjà expliqué la commodité de cette règle i V. p. 01 au point de vue de la consultation du Dictionnaire B-

(1) Il faut noter ici qu'il y a une exception à cette règle : la coix passive des verbes {V. p. 51 et 181).

Pour transformer un verbe à l'état formel passif et lui rendre sa forme naturelle, il faut en extirper l'outil, avant-dernière lettre du mot. Ex. : lovui, être aime; lovî, aimer.

De ces axiomes et de ce corollaire il), je vais ici tirer une déduction des plus importantes au sujet de la composition des syllabes des mots et donner des règles presque absolues pour diviser les mots en syllabes bien déterminées. Ceci préviendra toute intrusion d'isomérisme dans le lan^rage et évitera toute confusion pour le scindement des mots.

En effet, si la dérivation s'opère ainsi que nous venons de la décrire, la séparation des syllabes est aisée, quelle que soit la longueur d'un mot 12).

Prenons, en effet, deux exemples avant de formuler la règle.

Je suppose le mot : grandeur (physique), krant (un substantif B d'une syllabe ne saurait être plus long).

Les règles de formation que nous allons étudier vont nous donner les vocables suivants à l'état naturel :

Du nom :

ous obtiendrons :

kranl. .

\evhes.

1 kranti j kranto 1 krantc ' kranta

Attributifs.

krantid krantod kranted krantad

Modificatifs,

krantiii krautoii kranteq krantai]

Ne voit-on pas immédiatement que la seconde syllabe cormnence à

UNE VOVIiLLE ?

Si même des sens secondaires sont formés par adjonction de terminaisons secondaires (suffixes modificateurs indiquant des groupements d'idées, \'. p. i(J9), les mots produits deviendront, par exemple :

Noms.

krantor, acteur de la grandeur : (le) grandissant. kraiitef, résultat de la grandeur : accroissement. krantis, action de rendre ou faire grand : agrandissement.

Dans ces noms nouveaux les mêmes dérivations vont pouvoir se faire et nous aurons :

Comme verbes . krniitori. kraiitcfi. krantig^i, etc., et de

(1) Il arrive que la « décapitation » peut être double. On peut trouver, en effet, des formes telles que : me uilovo, fui aimé passionnément, j'ai idolâtré.

.Si l'on a voulu donner l'antériorité à un verbe déjà mar;,^uerité a maœima, c'est en effet u, et i, qu'il a fallu préfixer. Aussi, afin d'éviter ce double son vocal initial, est-il i"ecommandéde ne pas se servir de verbes marguerites aux temps composés; cet emploi est, du reste, peu nécessaiie dans la pratique.

(2j On verra plus tard que, sauf les noms composés, aucun mot ne devra avoir plus de dix lettres et encore ces mots sont-ils très rares. La plupart des mots précis de la Lan-rue Bleue auront de trois à huit lettres.

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même aux autres classes : krantorid. krantefid. ki*antigi«i ou kraiitorii[. krantefii|, kraiitij^i<|, etc., si nécessaire.

Là encore, la troisième syllabe sera commencée jDar une voyelle et la coupe du mot sera forcément dans krantefid ('accroissant toujoursi, par exemple : l"'^ syllabe : kraiit, — 2' syllabe : ef. — S'^ syllabe : id. Donc les 2*= et 3* syllabes commencent par voyelle.

Au Contraire, à l'état formel, si l'on préfixe d'un son vocal quelconque un de ces mots quelconques, on peut obtenir un mot tbéoriquement formé tel que : ikraiitisri, soit : « agrandir avec une graduation a maxima », c'est-à-dire le verbe « agrandir» poussé au paroxysme.

La coupe de ce mot sera, évidemment, d'après le corollaire de l'Axiome II iloi de décapitation) : 1" syllabe, i; 2^ syllabe, kraiit: 3^ syllabe, is; 4" syllabe, i.

Donc, àVétat formel, la l""^ syllabe est uniquement le son vocal initial.

De ces exemples je déduis les deux règles suivantes 1 1 1 :

Régies de la fixation des syllabes.

P*" Régie — : Dans tout mot précis à Vétat naturel, la I'^ syllabe est comptée du commencement du mot jusqu'à la 2'^ voyelle du tnot. — Il n'y a jamais deux voyelles se suivant dans les mots pi'écis de la Langue Bleue d'après les règles orthographiques (F. p. 28).

La 2" syllabe commence à cette voyelle jusqu'à la prochaine voyelle et ainsi de suite (2i.

Exemple donné : krantefid, ainsi décomposé : kraiit — ef — id.

IP Régie — : Dans tout mot précis à Vétat foittiel, la 1'"^ syllabe du mot est composée du seul son vocal, qui est à la tête du mot. La 2'^ syllabe commence à la P" consonne et va jusqu'à la 3* voyelle du mot (la 2® voyelle étant incluse dans la 2® syllabe) ; pour les autres syllabes, il faut suivre la Règle I ci-dessus énoncée.

Exemple donné : ikrantigi, ainsi décomposé : i — krant — ig — i.

Je crois ces règles faciles à saisir, bien que paraissant un peu ardues en théorie ; la pratique fera comprendre leur fonctionnement.

(1) Ces règles ne s'appliquent naturellement qu'à des mots précis déricés, car il existe en B quelques mots simples de j)lusieurs syllabes (V. Vocabulaire, Livre III).

l2j De plus, il faut noter que dans les motules de forme cvv, la seconde syllabe est formée par la dernière voyelle, puisqu'il n'y a pas de diiiluonjrues en B.

Ces règles posées, la formation générale des mots précis des diverses classes de la 2' catégorie du langage n'est plus qu'un jeu.

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