FORMATION GÉNÉRALE DE LA LANGUE BLEUE
l A. — Considérations générales.
Dans les chapitres précédents, nous avons étudié le programme d'un langage international, la théorie du langaire en général, celle de la Langue Bleue en particulier, ainsi que les variations théoriques des mots dans tous les idiomes.
Par l'apologue du Réveil d'Adam, j'ai montré de quelle manière j'interprétais l'évolution et la classification des idées en me basant sur cette définition :
Ammonius : « La nature aime à procéder des sujets confus et imparfaits aux sujets simples et i)lus parfaits; car les sujets complexes semblent nous être plus familiers, nous les saisissons plus facilement. »
J'ai également indiqué le but principal à atteindre dans un langage international : la facilité d'acquisition par l'Aspect, c'est-à-dire par le relief des mots logiquement classés.
Sur cette nécessité même, avant de traiter de la formation du B, je veux encore citer les auteurs suivants :
ScHLEicnER : « La notion de langue, pour être juste, veut que la fusion intime •lui existe dans la pensée entre l'idée et le rapport se retrouve également dans le mot. »
Bergson : « Chaque mot est une portion d'humanité. »
PoxcEL : « Si nous considérons avec (juelque attention les mots de notre langue, nous y reconnaîtrons facilement cette distinction importante de la notion et de la forme qui existe dans le travail de l'intelligence... Chaque mot forme un membre vivant de l'organisme de la langue. »
(1) Pour comprendre ce chapitre, il est nécessaire de connaître les matériaux du B : ks signes de l'alphabet, qui sont : quatre voyelles : a, e, i, o; UQ outil ; u] quatorze consonnes simj)les : 6, ?/, d, /, g. A', l, m, n, p, r, g, t, c.
W'hitnev : « Une lancue a.irit comme un moule qui serait appliqué à un corps en voie de croissance et l'on pourrait dire qu'il en a déterminé la l'orme interne. »
Dans mou programme de formation, je change le dernier mot de cette citation et je dis que j'aurai, en B, des moules qui détermineront les formes externes des mots et qui les détermineront d'une manière absolue.
Je désire, en effet, créer un langage immuable.
La Grasserie : « Il faut rendre la langue artificielle immobile pour qu'elle reste universelle. Une telle langue doit rester cristallisée pour se soustraire à l'évolution des langues. »
Cette lente mais incessante transformation est constatée par de nombreux auteurs, parmi lesquels :
Dau.mesteter : « Toute langue est dans une iierpéluelle évolution. »
WiiiTNEY : « Chaque langue vivante est en voie de formation et de changements continuels. Si l'on entendait Shakespeare lire une de ses œuvres, cette lecture serait inintelligible pour nous ! »
Mais comme, autant qu'il est possible de le faire pratiquement, je désire me conformer à la marche des langues, il convient donc d'examiner maintenant vers quelle direction elles tendent.
Thurot : a La méthode de la synthèse est plus embarrassante et moins précise (^ue l'analj'se. »
W'arrNEV : « I^ tendance générale des liommos est vers la création des signes pour servir d'instrument à la i)ensôe intime et de moyens de communication à cette même pensée. •>
Renan : « C'est le besoin d'un langage i)lus facile qui a porté les générations postérieures à analyser la langue des ancêtres. »
LiPTAY : « La tendance de l'évolution du langage humain n'est pas méconnaissable, elle est du compliqué au simple, de la multii'ormitc à ruiiifurniité. »
La Grasserie : « Les langues synthétiques seront toujours difficiles et longues à apprendre; les analytiques toujours faciles. La langue artificielle doit aller dans le sens de l'évolution des langues qui est l'analyse ; elle doit donc avoir une tournure analytique et développante. »
La conclusion de ces citations est qu'il me faudra chercher à douer cette nouvelle langue artificielle :
1° de moules bien déterminés où se couleront mes mots :
Dar.mesteter : <> La forme grammaticale qui se trouve dans le plus grand nombre de mots de même nature s'impose partout ».
2° D'une formation analytique développante, gonflante, ai je puis dire, pour suivre la tendance générale des langues modernes :
HovELACQUE : « Remarquons bien que dans toutes les langues indo-européennes, la dérivation a toujours lieu par suffixes et jamais par préfixes, cela est caractéristique. »
WniTNEY : « En gonjîant les mots de signifii;ations nouvelles, l'esprit crée le langage. »
La cause logique de cette formation me paraît uniquement provenir du désir intense d'expression première de l'idée principale ; c'est seulement ensuite que l'homme nuance cette idée première par des pensées de seconde importance dans son esprit.
Ici, précisément, se rencontre la difficulté principale dans la création d'un idiome artificiel : connaître le point exact où doivent commcmcer les formes dérivées d'un autre mot, et déterminer la part qu'il faut laisser aux manifestations sj'uthétiques du langage.
Il est évident que la création tout entière d'une langue ne peut reposer sur l'analyse. Le problème serait des plus embarrassants, si je n'avais présent à l'esprit ma théorie spéciale de l'origine du langage : le Récit du Réveil d'Adam, qui divise le langage en deux grandes catégories mieux définies encore par :
MoxTÉMONT : « Il est nécessaire de distinguer les mots en signes de sensation et signes de l'expression. »
Cette distinction va me permettre de resserrer le problème de mon système de Formation.
En effet, je Joornerai la recherche de Règles absolues de dérivation à la deuxième Catégorie du langage : les mots précis [Granmots), qui sont les « signes de Vexpression » ; tandis que pour les « signes de sensation », première Catégorie de la Langue Bleue, mots vagues (Motules), je me contenterai d'attribuer à chacune de leurs classes des Aspects différents (1).
§ B. — Dessin de l'Yeuse.
Afin de mieux montrer la croissance des mots précis, et, en même temps, la physionomie générale du B. je veux, par un dessin, que j'appelle « Dessin de l'Yeuse » à cause de sa configuration, montrer comment je comprends la formation générale du langage; cette formation sera étudiée en détail aux pages suivantes.
(1) Nous avons pourtant vu au chapitre v, que, même pour les motules, la sonorité donne non seulement des Aspects différents, mais parfois même la notion de (juclques variations (V. Classe des Désignatifs, p. 75).
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72 LA LANGUE DLELE
En me reportant aux péripéties du Réveil d'Adam, je considère les idées vagues, obscures, comme enfouies dans un sol imaginaire, n'ayant pas encore reçu la « lumière ». Puis, surgit de la terre, de l'humus où ont germé les motules, une tige. Cette tige deviendra la souche du reste du langage : les idées précises (Granmots) qui reçoivent la lumière du soleil, et qui, de ce fait, sont « claires ».
Cette « souche des noms » grossit pour former l'idée verbale, puis se divise en deux branches plus fortes encore qui vont contenir les deux dernières classes du langage : les Attrilmtifs et les Modificatif s, classes j)lus complexes et exigeant de plus en plus de... lumière.
La seule critique à faire à cette représentation graphique est la coupure du langage par la ligne du sol. On pourra dire que cet arbre est sans racines. Il est exact qu'aucune dérivation directe n'existe entre la deuxième catégorie au-dessus de la ligne du sol (sentiment de personnalité), et celle des mots obscurs enfouis en terre. On pourra dire que la poussée de l'esprit y est spontanée. Mais, sans les germes enfouis des idées confuses, la langue n'eut pu croître librement.
Ce Dessin de l'Yeuse donne par son graphisme tous les détails de la croissance et de la formation de la Langue Bleue. Comme il s'y trouve encore indiqué : et les noms des classes et leurs Aspects, et les variations de chacune des classes, et la division des classes en sortes et les caractéristiques secondaires de chacune de ces sortes, il est évident qu'une grande confus ion dans l'intelligence de ce dessin peut en résulter.
Pourtant, à l'étude attentive de cette ligure, une première observation peut être faite, c'est la différence essentielle entre les formations des mots du « sous-sol », mots de la première Catégorie du langage, mots vagues et courts : Motlles, et celles de la 2® Catégorie, les mots précis : Granmots, qui se trouvent dans l'Arbre de science « 1' Yeuse ».
On remarquera, en efîet, que les motules ont des aspects différents, suivant leur composition interne, tandis que les mots précis se différencient ])ar leurs formes extérieures et principalement par le gonflement du mot vers sa droite.
Ceci va nous permettre d'étudier en deux parties la moelle de la Grammaire de la Langue Bleue.
1" L'Aspect principal des Motules, avec leurs caractéristiques secondaires de sonorité de chacune des classes.
2" L'Aspect principal des classes des Granmots, avec leurs formations dérivées de la l""* de ces classes (les noms), par gonflement du motsouche.
§ C. — De la formation des Motules.
J'ai déjà dit (V. p. 39), qu'il n'y avait aucune règle complète de formation pour ces mots de la première catégorie du langage et que les sonorités de ces vocables les répartissaient seules dans leurs classes respectives (F. p. 29).
Par contre, certaines formes caractéristiques secondaires permettront d'avoir des signes de reeonnaissanee de diverses natures pour aider à cette classification.
Rappelons tout d'abord que trois voyelles, — (ou ii et 2 voyelles), — ne peuvent jamais se suivre dans un mot non plus que trois consonnes successives (un mot de deux ou trois consonnes sans voyelles est impossible). De plus, aucun mot de deux ou trois lettres ne peut commencer par l'outil m ; on sait aussi que les formes -vvc, vcc sont interdites.
Nous savons, en outre, que les motules se divisent en quatre classes :
1° Interjections; 2" Mots-cadres; 3" Connectifs; 4" Désignatifs.
Nous allons reprendre l'étude de chacune de ces classes ; on verra en même temps qu'on pourra théoriquement connaître le NOMBRE maximum (1) des mots dans chacune de ces classes.
1'"'^ Partie du discours. — Les Interjections. 1"= classe des Motules. — Ce sont les voyelles a, e, i, o, et l'outil m. — Soit : le moule v; ou encore les voyelles redoublées (qui indiquent un sentiment contraire), aa, ee, ii, oo, ini ; soit : — moule vv (semblables).
Donc, il n'y a que 10 interjections.
2* Partie du discours. — Les Mots-cadres. 2^ classe des Motules. — Expressions d'idées générales ou de groupes articulés grammaticaux. Ce sont des mots de deux ou trois lettres (au nombre de 61) des 4 formes suivantes :
Si de deux lettres : 1° voyelle et outil; 2° deux voyelles difféx'entes ; •j** consonne et outil.
Si de trois lettres : 4° consonne double et outil.
Ainsi, comme aspect caractéristique : deux voyelles différentes ou
(1) Je dis « maximum », car, étant donnés les moules dans lesquels les mots de chacune de ces classes doivent être coulés, il est évident ([u'on va pouvoir les dénombrer facilement.
Par contre, un certain nombre de ces moules ne sont oas utilisés. Ces moules « en blanc v seront des réserves pour l'avenir, afin qu'il soit possible de créer des mots théoriquement exacts pour exprimer un sens quelconque se rappoitant à ces classes, — (soit par suite d'omission dans ce travail, soit par nécessité nouvelle).
terminaison par outil ii, car on sait qu'aucun motule ne peut commencer i)ar ti ni avoir la forme ucu.
1° Le moule vu (voyelle-outil) possède des formes au nombre de quatre : au, eu, îu, ou.
On verra que leur emploi est très utile ; ce seront des abrévations d'une nature spéciale pour traduire rapidement quelques phrases très nécessaires en cas de défaillance de la mémoire {V. Grammaire, 11° Partie).
2° Le moule w, avec des voyelles différentes, peut être représenté par douze formes. Ce sont :
ae, ai, ao : ea, ei, eo : ia, ie, io; oa, oe, oi.
On constatera plus loin que les deux voyelles a et e sont la caractéristique des Désignatifs; que les deux voyelles ■ et osont la caractéristique des Connectifs.
Aussi, du second moule possible des Mots-cadres, je détache les quatre formes contenant les caractéristiques rassemblées de ces deux classes, soit ae et ea pour les Désignatifs et îo et oî pour les Connectifs, afin d'en faire des mots-cadres remplaçant au besoin tous les autres mots de ces classes dont ils exprimeront les sens généraux (V. p. 76).
Les huit formes restantes : ai, ao, ei*, eo, ia, ie, oa, oe forment un groupe que j'appelle « auxiliaires acccessoires généraux » qui serviront facultativement pour indiquer d'une manière rapide diverses modalités, surtout dans les verlîes (V'. p. 156).
3" Le moule eu, consonne et outil, comprendra quatorze mots-cadres d'idées universelles il4 consonnes du B + »>)•
4° Le moule ccu, double consonne et outil, comprendra trente et un mots-cadres de même sens (l).
Ces moules 3 et 4 comprendront des mots qui, d'une manière concise, engloberont les idées générales les plus fréquentes. La liste des significations de ces 15 vocables se trouve à la Cirammaire et au Dictionnaire des Motules.
Je citerai, comme exemples, les mots-cadres : nu, négation en général ; du, idée d'interrogation positive ; tnn, interrogation négative ; su, réflexe positif; «inu, réflexe négatif; bu, idée de supériorité; i|u, idée d'infériorité etc., etc.
On voit donc que le nombre des mots-cadres est exactement de :
Premier moule, i; deuxième moule, 12; troisième moule, 14 ; quatrième moule, 31 ; soit un total de 61 vocables différents.
(1) Pour avoir ce cliiffie 31, il faut savoir que dans l'alphabet de la Langue Bleue, il n'3' a que trente et une consonnes doubles initiales autorisées; ceci pour éviter la confusion de prononciation. {V. II' Livre : Alphabet.)
3" Partie du discours. — Les Coxxectifs. — Prépositions^ conjonctions, également adverbes de situation (V. p. 236),^^ classe des Motides, sont des mots de deux ou trois lettres et si de trois lettres, terminés par une voijellc. Ils contiennent exclusivement une ou les deux voyelles i et o. La présence de ces voyelles constitue l'Aspect caractéristique de cette classe.
Théoriquement (les moules wc et vcc étant interdits), nous pouvons donc avoir :
1- le moule vc (soit i ou o), soit : 2 voy. Xli cons.=: 28 vocables Ex : ik, ok.
2- le moule cv (soit i ou o), — 11 cons. X ~ voyelles. = 2S — — mi nio.
:Me moule ce V" (soit i ou o), — 31cons. doubl.X- voy. = 62 — — sli,sfo. 1- le moule vcv (soit î ou o , — 11 cons. médianes X -1
façons de placer les voy : ici, oco, l'co, oci. = 56 — — ode, îdo, ■y le moule c vv (soit i ou o), soit : 14 cons. simples suivies
de 10 ou de oi donc X2= 28 — — Ho, moi.
Soit un total théorique de : 202 vocables différents.
Il est évident que, dans la pratique, un aussi grand nombre de connectifs ne sera pas utile ; aussi ne me servirai-je pas du moule n° 5, cvv.
Donc vingt-huit formes sont momentanément non employées, tout d'abord parce qu'elles me sont inutiles, aussi parce que les mots en résultant ressembleraient à des mots français usuels (loi, moi, toi, soi, foi, etc.), et enfin que cet assemblage de lettres entraînerait à la prononciation d'une diphtongue, ce qui est interdit en B (^- Alphabet).
On verra dans la Liste complète des motules {V. Livre III, Vocabulaire), que toutes les formes restant ne sont pas employées et qu'au lieu de 202 connectifs théoriquement possibles, un nombre inférieur de ces mots (environ 150» sera seul utilisé.
Je ne peux donner aucune règle de formation dans les Connectifs, sauf l'indication suivante très importante. [V. Déclinaison, p. 46).
Lorsque la forme des connectifs pourra se couler dans le moule vcv, ces connectifs, en outre de leur sens propre, auront un sens de direction qui sera « la direction de » lorsque la 'I' voyelle sera i et « la direction hors » lorsque la 2® voyelle sera o. Ex : In, dedans; ini, de dedans; iito, par dedans. Ib, dessus; ibi, de dessus ; ibo, peu- dessus.
C'est une sorte de déclinaison très pratique à l'usage, mais qui ne s'applique pas à toutes les prépositions. En premier lieu, parce qu'elle n'a de raison d'être théoriquement que pour les idées de direction modifiées, et ensuite, parce que ce mode de variation ne peut s'appliquer pratiquement qu'à des vocables coulés primitivement dans le moule ■vc.
Je signale ici deux exceptions à la règle de l'A-spect : deux mots, si et MO, qui sont les deux vocables pour exprimer oiti et 7iOHen Bet qui
n'appartenant pas à cette classe, ne devraient pas posséder cet Aspect. Enfin je rappelle ici que les mots : îo (prononcez i-o) et oi (prononcez o-i), sont des mots-cadres {V. p. 74) et signifient :
io, rapport général de subordination ; oi, rapport général de coordination.
Ces mots seront des plus utiles pour les défaillances de mémoire, car Je vocable io pourra être employé ijoiir remplacer n'importe quelle préposition, si on ne se souvient pas du mot exact ou si le rapport de subordination n'est pas très distinct à l'esprit (1). De même oî, servira pour lier deux phrases ou deux membres de phrase quelconques, si la mémoire fait défaut dans l'emploi d'une conjonction.
Ces deux mots-cadres seront mes deux Connectifs généraux. Ils posséderont à la fois l'aspect théorique des Mots-cadres et les voyelles caractéristiques des Connectifs (2).
4* Partie du discours. — Les Désignatifs. 4" et dernière classe des Motules. — Ils comprennent tous articles, pronoms, adjectifs (sauf (|ualilicatifs et numéraux), des langues vivantes. Les Désignatifs sont des mots de deux ou trois lettres, et si de trois lettres, terminés par une voyelle. Ils contiennent exclusivement une ou les deux voijelles a et e. La présence de ces voyelles est V Aspect caractéristique de cette classe.
Je ne répéterai pas le dénombrement des vocables que l'on peut former dans cette classe.
11 est exactement le mêyne que celui des Connectifs, soit deux cent deux vocables différents puisque les moules de ces deux classes de mots sont pareils et que la seule différence consiste dans la présence des voyelles : a et e, au lieu des voyelles : i et o, existant dans les Connectifs.
Je ne me sers pas non plus de toutes les formes possibles, mais d'un nombre moindre (environ 180j, ainsi que l'on constatera au DiV-^/onnaiVe des motules iV. Livre III, Vocabulaire).
Par contre, dans cette classe de mots, il est d'assez nombreuses caractéristiques secondaires que je dois signaler ici. (V. §A, § B, § C, §E, Chapitre v.)
On se rappelle que cette classe est subdivisée en six sortes (voir
(1) J'ai trouvé cette idée d'une préposition frénérale dans la langue Espéranto. (Le docteur Samenhoi-i' s'était lui-même inspiré du grec). J'ai étendu cette idée aux conjonctions et aux Désignatifs en général.
(2) Je dois signaler encore rcm]>loi des connectifs (préiiositions) de situation à la place des adverbes de situation. Ex. ; je suis dans la maison, uic stiro in dom ; je suis dedans, me stiro iu. Ceci à l'exemple de l'Anglais. (Voir aux Mudificatifs, page 236, la théorie de cette a])j'lication).
Réveil cVAdam), qui sont : l*" les relatifs ; 2° les interrogatifs-exclamatifs ; ''^° les indéiinis ; 4° les démonstratifs ; 5° les possessifs ; G° les personnels.
Il faut signaler, tout d'abord, une règle de variation d'Aspect, qui s'étend à toutes les sortes de ces mots, sauf les personnels (qui ont une autre caractéristique pour indiquer le nombre).
La terminaison a indiquera toujours une idée dhinitê (singulierj, tandis que la terminaison e indiquera toujours une idée de pluralité.
Exemples pris dans plusieurs des sortes de Désignatifs :
Au singulier: Ra, qui, lequel; l*.a, qui? lequel"? ; eka, de qui? du quel?; niea, mon: k.la, quelqu'un.
Au pluriel : Re, qui, lesquels; Ue, qui? lesquels? eke, desquels?; mae, mes ; Ule, quelques-uns.
Même, dans certaines sortes de désignatifs, et ceci dans les vocables coulés dans le moule -vc, quelques-uns se distinguent en nombre par le changement de la voyelle. Ex : ak, quels ! ek, quels !
Mais ceci n'a pu être généralisé et je donne cette remarque dernière simplement à titre d'indication.
Donc, Te final est l'indice d'idée de pluriel des désignatifs (sauf personnels) et Ta final est l'indice du singulier.
A cette place, il faut rappeler que j'ai réservé deux mots-cadres ea et ae {V. p. 74), qui serviront lorsque la mémoire sera en défaut, ou aussi, lorsqu'un désignatif ne saurait être clairement indiqué.
Dans ces deux cas, on pourra, au besoin, exprimer par :
ea, toute notion de désignation quelconque avec idée d'unité ; ae, toute notion de désignation quelconque avec idée de pluralité.
Ces mots-cadres seront mes deux Désignatifs généraux. Ils posséderont à la fois, l'Aspect théorique des mots-cad,res et les voyelles caractéristiques des Désignatifs.
La question du Nombre est donc élucidée pour les Désignatifs, — sauf pour les personnels. Nous avons déjà vu (Chapitre v, § A) que, dans cette dernière sorte, une consonne, caractéi-istique de chaque personne, remplit cette fonction de variation, — cette consonne change suivant la personne et le nombre de cette personne.
Le Genre, ainsi qu'il est dit au Chapitre v, § B, ne produit jamais aucune variation dans les Désignatifs, sauf dans le cas suivant : dans deux sortes de Désignatifs : les personnels et les possessifs, certaines consonnes caractéristiques spéciales indiquent le genre d'une manière absolument précise.
J'ai laissé subsister la Déclinaison pour trois sortes de Désignatifs : les Relatifs, les Interrogatifs-Exclamatifs et les F^ersonnels.
78 LA LANGUE BLKUE
Haris : « Les pronoms personnels sont à peu près les seuls mots déclinables dans toutes les langues modernes. »
Ce dernier vestige de synthétisme doit être conservé, vu sa nécessité pratique (1). Les personnels à leurs divers régimes sont d'un usage trop fréquent pour qu'ils ne gai'dent pas en B des expressions casuelles concises. Par contre, il fallait rendre cette déclinaison régulière (2) et facile; ce résultat a été obtenu en édictant des règles absolues de déclinaison déjà étudiées (F. p. 42) et résumées ici à nouveau :
La forme datice des Désignatifs sera un mot du moule vcv, dont la première voyelle sera un a.
Ex : ata, à toi; ara, auquel, à laquelle; ake, auxquels, auxquelles.
Ou, pour mieux dire : le datif est obtenu par la préfixation d'un a devant le mot au nominatif.
La (orme génitive-ablative des Désignatifs sera un mot du même moule vcv, mais dont la première voyelle sera un e.
Ex : ena, de nous ; eka, duquel, de laquelle ; eke, desquels, desquelles.
Ou pour mieux dire : le gènitif-ahlatif est obtenu par la préfixation d'un c devant un mot au nominatif.
Nous avons vu (F. Chap. V, § C) que, pour les personnels, en outre des deux cas ci-dessus, nous aurons au nominatif ]a. forme: ce; à Vaccusatif la forme ca, et au vocatif la forme renversée du nominatif ec.
A noter ici que ni les jwssessifs ni les pronoms personnels emphatiques ne subissent une variation quelconque du fait de la déclinaison ; ils se déclinent comme les noms [V. Chap. V, § C), c'est à-dire que leurs deux régimes : génitif -ablatif et datif, se forment par les deux démonstratifs : ad, al.
Ex : du mien, ad inea ; des nôtres, ade iiae ; de ioi-meme, ad ete ; d'elles-mêmes, ade efe ; au tien, al tea ; aux tiens, aie tae ; à moi-même, al enie ; à nous-mêmes, aie eue. Ils ne varient ni à l'accusatif ni au vocatif.
(1) Même en français, où le genre neutre est officiellement proscrit de la grammaire, on rencontre des pronoms neutres !
(2) Dans la sorte des Relatifs, le vocatif, inutile, est fiuiiprimé. Par suite de « manque » de moules, j'ai été obligé de confondre le nominatif et l'accusatif dans la même expression.
Dans la sorte des InterroQatifi-EiccUimaiiJs, le vocatif de l'inlerrogatif est forcément l'Exclamatif.
Après avoir résumé ainsi, les variations générales possibles dans cette classe de mots, examinons maintenant leur répartition dans chaque sorte et les caractéiHstiques secondaires autres de chacune des sortes de Désignatifs du B-
l""^ Sorte. — Les Relatifs. — Comme caractéristique secondaire a été attribuée à cette sorte la propriété exclusive de la consonne R.
Cette sorte subit la variation du nombre et de la déclinaison (saul le vocatif qui est impossible à concevoir). L'accusatif s'exprime par le mot au nominatif (F. p. 78, note 2).
Le moule choisi pour cette sorte est de 2 lettres : c v ou vc et par conséquent forcément : rv ou vr, puisque la consonne caractéristique de cette sorte est R.
Les mots : en, y, où, Relatifs, sont compris dans cette sorte(F. Grammaire) .
2® Sorte. — Les Interrogatifs-Exclamatifs. — Adjectifs et pronoms interrogatifs et exclamatifs de toutes les langues. — Comme caractéristique secondaire a été attribuée à cette sorte la propriété exclusive de la consonne K.
Etant donnée la nature des Exclamatifs, on peut sans inconvénient supprimer les variations casuelles dans cette sorte. L'exclamatif n'est par lui-même qu'un vocatif. Dans les langues vivantes il n'existe même qu'une seule expression pour l'exclamation et l'interrogation.
En résumé : comme l'exclamatif n'est que le vocatif régulier de Vinterrogatif , le moule qu'il aura n'est autre que V interrogatif renversé.
Le moule choisi pour cette sorte de Désignatifs est de 2 lettres : cv ou vc, et, par conséquent, forcément k.v ou vk. il), puisque la con-
(1) Nous touchons ici à un jjoint très curieux ; la transformation de quelques sortes de Désir/natifs de la Langue Bleue en lan<ja(je philosophique si/mbolique.
En eftet, dans quatre sortes de ces Désignajifs, chacune des lettre? des mots se trouve forcément par les règles du langage à une place déterminée à Vacance.
Ces sortes sont : les relatifs, les interrogatifs-exclamatifs, les possessifs et les personnels.
\'oici, par exemple, pour les interrogatil;?, la preuve de cette assertion :
Puisque, dans toute la classe des désignatifs, les voyelles existantes ne peuvent être que e ou a : puisqu'il est attribué, dans la classe des désignatifs, une consonne unique k aux interrogatifs-exclamatifs, les seules 12 formes possibles en des mots de deux ou trois lettres seront forcément :
ka, kc, ek, ak, aka, cka, ake, cke, kea, kac, aek, eak.
Les formes 11 et 12 ne peuvent subsister, le moule vvc étant intci-dit :
80 LA LANGl'E BLEUK
sonne caractéristique de cette sorte est k. L'exclamatif sera donc forcément le vocatif forme vfc. {V. Déclinaison), soit ak, efc..
Le mot où interrogatif est compris dans cette sorte {V. Grammaire).
3* Sorte. — Les Indéfinis. — Adjectifs et pronoms indéfinis de toutes langues. — Cette sorte n'a pas un moule spécial, les vocables qui la composent étant trop nombreux.
On verra néanmoins qu'aucun de ces mots n'est coulé dans le moule cv. Le plus grand nombre des indéfinis est coulé dans le moule ccv, sauf quelques-uns (au nombre de six) qui ont les formes vc et "vcv.
Dans ce dernier cas, (moule vcv), ces mots sont tous les pluriels des mots du moule vc, par l'addition de la voyelle e.
On aura : ab, alie: ani. aine:nii,a|»e;as, ase; at, aie; av, ave.
Ex : at, tout, toute; ate, tous, toutes; am, même; ame, mêmes.
Dans l'éventualité du moule ccv (double consonne et voyelle), si l'indéfini exprime une idée d'unité, de singulier, cette voyelle finale est un a; si au contraire le sens de l'indéfini indique une idée de pluralité, la voyelle e terminera le mot.
Ils subissent l'unique variation du nombre ; ils sont invariables en genre.
La transformation du singulier au pluriel se fait par le changement de l'a en e, sauf les 6 exemples cités où le pluriel se forme par addition de l'e dans les mots : ab, ani. ap, as, at, av.
Dans certains indéfinis qui n'ont qu'un sens unique, soit de singulier soit de pluriel, la forme similaire n'existe pas avec l'autre voyelle.
Exemples :
iiira,a«cart n'ayant pas d'expression de pluriel, la forme mrc n'existe pas en b. spa, chacun — — — spc —
fke, plusieurs — de singulier — fka —
tpe. tous deux — — — tra —
reste donc dix formes et on aura forcément, suivant les règles de Déclinaison :
ka au nominatif singulier ke au nominatif pluriel.
cka — génitif — ckc — génitif —
aku — datif — ake — datif —
ak — vocatif (exclamatif). ek — vocatif (exclamatif).
Le même essai peut être fait avec les Relatifs, (sauf vocatif). Remplacer sinijjlement, à cet effet, la lettre k par la lettre r. On verra plus loin le même résultat d'expression symbolique se produire inéluctablement pour les possessifs et pour les personnels.
Dans les indéfinis, à noter le mot: snia, soi-même (en général), qui, par exception, sert dans la sorte des personnels.
Ex. : se tuer soi-même, su inntfo «ma.
4® Sorte. — Les Démonstratifs. — Articles, adjectifs et pronoms démonstratifs de toutes langues.
C'est leur petit nombre même qui ne permet pas de leur attribuer un moule spécial.
En effet, douze formes, y compris la variation de nombre, suffisent à leur représentation ; ils sont toujours invariables en genre.
Ils sont tous du moule vc, au pluriel vcv et par conséquent la voyelle finale est e d'après les règles de la classe des désignatifs. La liste complète de ces mots est la suivante :
Au singulier : ai|, afl, al', ajs:. al, an ; Au pluriel : ai|e, acle, afe, âge, aie, ane .
Il faut noter ici que l'article défini ix'existe pas au cas nôminalif, tandis qu'on le trouve au génitif et au datif.
Ex. : Vhomme, luan; de Vhomme, ad iiian; à l'homme, al iiiau ; les hommes, maiin ; des hoynmes, ade iiiaim; aux hommes, aie manu.
Au contraire, l'article indéfini existe au nominatif.
Ex. : un homme, an nian ; des hommes {quelques hommes), ane manu.
Le génitif et le datif de l'article indéfini se traduiront par l'article défini aux mêmes cas : ad, ade: al, aie, à moins que l'idée d'unité ne soit représentative d'un chiffre réel et alors le mot « un » se traduira par le no)nhre un lui-même précédé d'une préposition.
Exemple de cette différence de sens : « C'est le résultat d'une erreur » (quelconque) — tfe sero nen ad misit i résultat de l'erreur i. Et : « C'est le résultat d'une ou de plusieurs erreurs » — ife sero nen of ven [une) or ffae i plusieurs] niisstu.
Il faut noter également ici que, bien que l'article défini n'existe pas en B) on trouve dans les mots-cadres un vocable « lu » qui veut dire : '( désignation précise et nette d. Il est employé lorsqu'on veut désigner d'une manière spéciale le nom qui suit :
Exemple: « Voilà lliomme », i|o man. — Et: « Voilà lliomme en
8i LA LANGUE BLEUE
question », iio Iw niait iEcce homo). C'est-ù-dire : cet homme est bien « celui que je désigne et non un autre ».
5* Sorte. — Les Possessifs, — Adjectifs et pronoms possessifs de toutes les langues, — ont par contre une forme bien caractéinstique : moule cw, dans lequel ils sont tous coulés.
Et, comme les possessifs subissent la variation du nombre de l'objet désigné, on voit que forcément leurs formes deviendront : consonne -\-ea, avec idée de singulier et consonne -\~ ae, avec idée de pluriel.
Le genre, la personne et le nombre du possesseur sont indiqués dans les Possessifs par la consonne initiale caractéristique, qui sera celle du pronom personnel correspondant.
La difficulté du problème consistant à combiner la notion du singulier ou du pluriel appartenant en propre au possesseur avec ces mêmes notions, distinctes en nombre et en genre, appartenant à «l'objet» possédé, est ainsi résolue du même coup.
On voit donc ici que, comme pour les Relatifs et les Interrogatifs {V. Note, p. 79), les Possessifs sont des mots de langage philosophique, dont toutes les lettres sont rangées dans un ordre déterminé d'avance par des règles préétablies (Ij.
Leur déclinaison se fait au moyen des articles ad, al, au singulier; adr, aie, au pluriel.
G" Sorte. — Les Personnels, qui comprennent les pronoms personnels de toutes les langues, ont une nature bien spiéciale en B-
Ainsi qu'il a été dit au chapitre V, § A, § B, § C, § E, les personnels subissent les quatre variations : nombre, genre, personne, cas ; mais la seule variation qui influe sur une de leurs formes est la déclinaison.
En effet, les trois autres variations : nombre, genre et personne sont exprimées simultanément pjar un signe spécial, qui est une consonne caractéristique affectée à Venseynble de ces états et dont la présence constitue la caractéristique même de cette situation.
On peut dire que l'ensemble des états d'un pronom personnel (sauf
(Il En effet, je suppose le mot mes ou les miens à traduire, -soit: 1" personne singulier sujet avec idée de pluralité aftcctée à l'objet possédé.
Je dis que forcément ce mot sera inae, les lettres rejnéseiitant cette idée devant être m, a, e. En effet, le moule unique des possessifs étant cor, deux voyelles seni- Ijlables ne se suivant jamais en B, les seules vo\elles possibles dans la classe des Désif/nati/s étant a et c, la variation du nombre s'exeivant suivant la règle pour les motules (sauf jjersonnelsi par la iinale e, on voit que forcément la finale du mot : mes ou les miens sera ac précédée d'une consonne.
Or, la l" personne du singulier ayant pour consonne caractéristique la lettre m (voir personnels), on trouve ainsi (jue devant ae il faut i)lacer la consonne m, et que le mot mes ou les miens sera m-a-c, mae. Ce qu'il fallait démontrer.
LA LANGUE BLELE 83
déclinaison) est condensé dans la sonorité d'une seule consonne spéciale, différente pour chacun des personnels.
On a vu iChap, ^^ § E) que j'ai créé deux formes pour la seconde personne : forme familière et forme respectueuse « personnel de politesse ».
J'aurai donc à remplir les cadres suivants ou, pour mieux dire, à attribuer une consonne spéciale à chacune des situations suivantes :
1° : !'■'' personne; 2° : 2*= personne familière; 3° : 2'' personne respectueuse ; 4°: 3*= personne masculine ; 5*' : 3* personne féminine ; 6° : 3* personne neutre (vu les trois genres du B'-
Comme ces mêmes expressions avec idée de pluriel sont indispensables, on voit que ce sont deux fois G, soit 12 consonnes différentes dont je dois me servir.
Possédant quatorze consonnes en B, mais ayant réservé la consonne r aux relatifs et la consonne k. aux interroiratifs-exclamatifs, il me restera les douze consonnes suivantes pour remplir ce but :
Je les répartis comme suit (1; :
Singulier. PlurieL
1'*' personne ni n
2" — familière t p
2^ — respectueuse v g
3* — masculine s b
3* — féminine 1 f
3® — neutre i| d
Dans la déclinaison de chacune de ces personnes il n'entrera jamais une seide autre consonyie et, comme sons vocaux, nous n'aurons naturellement que les voyelles a et e, caractéristiques de V Aspect de la classe des désignatifs.
Si l'on se rappelle ce qui a été dit au sujet de la déclinaison \V. Chap. y, § Cl, on va voir la déclinaison des personnels s'effectuer d'elle-même, mécaniquement.
En effet, si je choisis le moule Ce pour le nominatif; il me restera pour l'accusatif le moule C'a.
Pour les régimes : génitif-ablatif et datif, j'apposerai devant l'accusatif régime direct, les voyelles e et a, suivant la règle établie.
(J) Un vient de voir aux possessils que ces mêmes consonnes sont les lettres initiales des vocables dans cette sorte.
J'obtiens donc forcément le schéma des formes suivantes pour déclinaison de n'importe quelle personne des personnels et, par conséquent, d'après notre précédente étude, en même temps les indications : de personne, de genre et de nombre.
Si C est une consonne «juelconque : Exemple de la déclinaison en B
de la 3° personne féminine :
Schéma de la déclinaison en
général :
Mots fr
ançais
: elle :
Sinj^ulier.
elles :
Pkuiel
Nominatif . . .
Ce
le
fe
Accusatif. . . .
Ca
la
fa
Génitif-ablatif .
eCa
ela
efa
Datif
aCa
ala
afa
Vocatif. . . .. .
, eC
el!
ef!
On peut opérer de même à n'importe ([uelle autre personne en substituant à la consonne hypothétique C la consonne caractéristique de chacun des personnels, et chaque fois on obtiendra la déclinaison régulière du pronom personnel de cette personne.
Cette formation donne une précision absolue au discours, car elle indique d'une manière absolument régulière et très aisée à comprendre les divers compléments personnels des verbes, qu'on ne peut jamais obtenir clairement dans aucune autre langue.
J'en donne la preuve par la liste ci-contre, qui démontre, mieux que toute explication théorique, la précision mathématique ol)tenue par la Langue Bleue.
LA LANGUE DLEUE
LISTE des trente-sLc manières différentes d'exprimer en B les formes françaises : le lui, la lui, le leur, la leur, les lui et les leurs.
En ajoutant par exemple, au verbe, je donne, me si'^'o, If^ traduction de ces pronoms, cette liste fait ressortir la clarté apportée par l'emploi des Personnels de la Langue Bleue.
-■1. — Régimes direct et indirect au singulier.
Tradw lions en b : 1° Je donne i un être masculin) à un masculin ;
je le lui donne me jçivo sa as»
2° Je donne (un être féminin ) à un masculin ;
je la lui donne — la a»«a
3° Je donne (une chose neutre) à un masculin ;.
je le lui donne — iia asa
4° Je donne i^un être masculin) à un féminin;
je le lui donne — sa al»
5** Je donne (un être féminin) à un féminin ;
je la lui donne — 1» »'**
6° Je donne (une chose neutre) à un féminin ;
je le lui donne — U» *•'**
7° Je donne (un être masculin) à un neutre ;
je le lui donne (mon fils à l'armée) .... — s» aifa
8° Je donne (un être féminin) à un neutre ;
je la lui donne (ma fille au couvent). ... — 1» aii»
9° Je donne (une chose neutre) à un neutre ;
je le lui donne (ma vie à la France^ . . . . ■ — U» »H«
D. — Régimes direct au singulier et indirect au pluriel.
1" Je donne (un être masculin) à des masculins;
je le leur donne «te givo sa aba
2° Je donne (un être féminin) à des masculins ;
je la leur donne — '» «•»»
3° Je donne (une chose neutre ) à des masculins ;
je le leur donne — H» aba
4"' Je donne (un être masculin) à des féminins ;
je le leur donne — •» »f**
5° Je donne (un être féminin) à des féminins;
je la leur donne me grlvo la afa
6° Je donne (une chose neutre ) à des féminins ;
je le leur donne — i|a afa
7" Je donne (un être masculin) à des neutres ;
je le leur donne — «a ada
8° Je donne (un être féminin) à des neutres ;
je la leur donne — la ada
9° Je donne (une chose neutre) à des neutres;
je le leur donne — »|a ada