CONSTITUTION THEORIQUE D UN ALPHABET INTERNATIONAL
En négligeant provisoirement la question de la Prononciation, que Ton trouvera traitt-e au Chapitre IV, il est évident que, puisqu'il s'agit de créer un langage qui doit être « scriptible et parlable », la langue internationale, comme tout autre idiome, doit forcément être composée de voyelles et de consonnes.
Sans entrer dans les détails d'inutiles considérations philosophiques au sujet de la « théorie du son », deux citations suffiront ù démontrer c€tte nécessité.
Clairefond : « Tous les bruits et sons imprcssionnfiil partout les organes auditifs à peu prés do la même manière et se rendent par des articulations ù peu prés semblables que l'on appelle consonncê. De même les vibrations sonores imprimées aux molécules de Tair par ces articulations sont très sensiblement partout les mêmes et sont exprimées par les voyelles. Ces consonnes et ces voyelles forment la base de tout langage humain. »
G. PoucnET : " Les consonnes forment la charpente fondamentale et durable de tous les mots. Les voyelles sont comme des parures qui changent suivant le temps et la mode. »
Dans la création de notre alphabet international, il n'y a pas lieu de rechercher un phonétisme parfait, ainsi que semblerait l'exiger la citation ci-après :
La Lanuklle : « L'alphabet phonétique universel est indispensable de la phonot'iaphie qui exige la représentation identique des sons de toutes langues. »
L'objet de notre préoccupation est, au contraire, d'établir l'alphabet avec le minimum possible d'articulations et de sons différents. Nous savons que le but à atteindre est celui-ci :
Grammaike de Port-Roval : « Que toute Hgure marque quehjue son, c'est-àdire qu'on n'écrive rien qui ne se prononce et que chaque figure ne marque (ju'un son simple ou double. »
La Lam>ei.le : « Le même son doit servir de la même manière et aucun signe gra-
LA I.ANGLE BLEIK 2.S1
phiijuc no duit être employé ^ans ôtiv ia reproduction tliinc artioulaiioii du langage. »
VoLNKV : a II doit être de priiuiiie g/iicral et constant f^uc chaque voyelle, «•Ikujuo consonne ait pour sigmi représentatif une seule «t même lettre approprié»; invariable et i|u'une lettre ainsi appropriée ne puisse jamais servir à figurer un autre niodél<'. »
II convient donc de déterminer quel sera le no)nbre minimum de ces signes-sons nécessaires à un langage artificiel.
N'oublions pas dans cette étude que le but visé est la clarté et la précÀsion dans l'émission et dans Vérriture de la langue internationale ; qu'il faut essayer d'éviter les difticultés orthographiques, et les malentendus résultant de prononciations différentes, alin de tenter la conciliation des deux éléments ennemis signalés par Littrè : « L'écriture et la prononciation sont deux forces constamment en lutte. »
Aussi, reste-t-il seulement à établir quelles seront les voyelles et les consonnes qui devront constituer un tel alphabet.
§ -l. — Voyelles.
Keprésenter les sons des voyelles semble un problème des plus complexes, si Ton veut tenter la notation de toutes les nuances vocales exprimables par le gosier humain.
La Lanuelle : « Les sons du langage considérés sous le rapport de la durée se présentent à l'ouïe sous 5 mesures différentes : très brefs, brefs, moyens, longs et très longs. ;>
Ces divisions sont absolument arbitraires, car rien n'empêche, suivant l'accentuation plus ou moins lente ou plus ou moins vive, de supposer des « très très longues » ou des « demi-brèves <> .
La preuve même de l'incertitude de cette répartition est la diversité «l'opinion des savants au sujet des voyelles françaises.
La Laxdf.li.k : « Gre/uint ri Pujol signalent trois A. Il y en a davantage. Pujol admet trois O ; Lettre n'en reconnaît que deux; Gréhant admet trois « eu ».
<• Contrairement à Vuilli/, il nu reconnaît en français (ju'unc valeur plionéti<iue à IT et à 1'/; mais il signale deux «' ou »; Coudereau impose systématiquement trois valeurs distinctes à chacune des sept voyelles... Pujol n'admet que trois E; ('•tx'hant en distingue quatre; j'en ai déniché prés du double! i
Parmi les autres langues vivantes, l'anglais donne encore moins de précision à cet égard.
LiPTAV : a On peut citer en anglais l'exemple de 1'/ qui est prononcé de quatre manières différentes et de VU qui représente 7 articulations diverses. »
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Il existe poui-tant scientifiquement une série acoustique bien établie. L'émission de ses divere échelons produit des nombres de vibrations jouissant de rapports constants.
Cette série parfaite est constituée par les sons :