CHAPITRE IV
LES DÉSIGNATIFS
/P Partie du discours. — Quatrième classe des motides.
Cette quatrième partie du discours du B comprend les articles, tous les pronoms et les adjectifs que l'on trouve dans les grammaires des langues vivantes, sauf les sortes qualificative et numérative (1).
Les raisons qui ont déterminé ce groupement ont été exposées en détail dans la premiïire partie de ce volume qui traite de la Théorie de kl Lançjue Bleue \V. p. 205).
Définition.
Les DÉSIGNATIFS sout des motules (petits mots) ayant pour objet d'ex- ])iimer les divers rapports de détermination imprécise que l'on veut attribuer au substantif et parfois même (dans les pronoms personnels et dans les possessifs) de substituer à cette notion substantive une expression abrégée.
Aspect.
Ces mots faisant [tartie de la première catégorie du langage : les Motules, doivent avoir, comme caractéristique générale, l'aspect des vocables de cette catégorie, c'est-à-dire : être des mots d' au plus trois lettres , et. s'ils sont de trois lettres, être terminés par une voj'elle.
Suivant la théorie du B dans laquelle chaque classe doit avoir un aspect spécial, celui des désignatifs, sera :
Motules dans la composition desquels n'entreront que les voyelles» ou e ou ces deux voyelles (2j .
[1) Harris dans sou Hermès avait opéré uu groupement de mots presque similaire. Il l'appelait les Définitijls.
(2) On vient de voir que la classe précédente : les connecti/s, ont comme caractéristique d'aspert, comme symbole spécifique, la présence des deux autres voyelles i 'M o.
l.A LANGUE BLELE
On sait (jne le nombre théorique des moules dans les(|iicls pourraient se « couler » de tels mots est de 202 (V. p. 7G).
Dans la prati<[ue, environ 190 d'entre eux seront emi)loyés [ij.
Les désignatifs sont donc forcément compris dans ime des huit formes suivantes :
a se, — cl , — aca. — ace, — ece, — eca, — cae, — cea. \ r «*
Nous allons voir plus loin, à chatpie sorte de désignatifs d'autres CARACTÉRISTIQUES SLCOXDAïuES qui sorvirout à établir Y aspect spécial d»plusieurs de ces soi-tes.
Ex.: la consonne r réservée à la sorte des relatifs, la consonne k à la sorte des înterrogatifs, etc.
L'étude de la classe des Désignatifs exige, en elTel, une division des vocables qui la composent.
La théorie du B nous a appris (pie, dans cette classe, se trouvaient réunies six sortes de mots exprimant les notions suivantes :
1" Idées de relation apj)elées en B • • • • 'es relatifs.
2'5 Idées d'm/erro(/a^io)i et d'exclamation : les interrogatifs-exdanna-
tifs.
3*^ Idées de désignation vague les indéfinis.
4" Idées de désignation précise, de dé-
mo)istration les démonstratifs.
5" Idées de possession les possessifs.
6'^ Idées de personnalité les personnels.
Ces groupements d'idées sont, du reste, prescjuc conioiunes à ceux que l'on rencontre dans toutes les grammaires modernes avec ces petites différences :
Que, dans les 2®, 3", 4" et ô" soi-tes, sont groupées les divisions en adjectifs ou pronoms établies dans les langues vivantes,
Et que dans la 4" sorte, celle des démonstratifs, sont réunis les mois faisant fonction d'article, d'adjectifs ou de pronoms démonstratifs.
Règles générales des désignatifs.
Les significations spéciales des Désignatifs seront ex])liquées aux différents paragraphes concernant chacune de leurs six sortes.
(1) En observant toujours les lois de structure flu b. c'csl-à-dirc les interdictions <lo création de vocables avec les formes : vvc, vcc; et aussi les lois orthograplii- 'jucs du B, soit l'interdiction des mots de trois voyelles et, comme do juste, de troi', consonnes consécutives.
LA LAWi'K Hrj:ii': oW
Les règles ijénérales de cette classe sont les suivantes :
1° Le i.Kxm: n alîecte les Dêsignatifs ([ue dans deux sortes : les personnels et les possessifs; nièmc dans ers sortes, la variation du genr.n'est pas elïectnée par un changement opéré dans le mot mrme. CV'si vm terme dirf(''rent ([ui donne l'expression voulu<\
Ex.: se, il; lo, elle ; ne, il, cela meuttri. — sea, son; lea, sa ( 1 1.
2'^ Le NOMBUE est caractérisé isaul" pour les personnels) par la voyelle finale : « au singulier et e au i)luriel.
Dans les personnels, ce sont des vocables spéciaux (jui repn'sinilciit les pluriels des pronoms.
Ex.: me, je; ne, nous. — le, elle; fe, elles.
Le passade d'un dês'Ajnntif du singulier au pluriel se tait en gén<'-ral par la substitution de la voyelle e à la voyelle a.
Exemple : ra, (|ui, le<iuel, kufuelle ; re, ([ui, les({uels, lesquelles.
Cette transformation se l'ait aussi jjarfois par addition I dans la sorte : les démonstratifs et dans (paelques indéfinis).
Exemples : a«|, ce, i-et, cette; ai|e, ces;
at, tout, toute; ate, tous, toutes.
Rarement, la transformation se trouve à la voyelle initiale, Ex.: ak, quel! ([uelle!; eU, ipiels! (pielles!
Il y a enfin permutation entre les deux voyelles dans la sor.e des possessifs.
Exemple : niea, le mien, la mienne; iiiae, les miens, les mienlle^..
;io La DÉcLixAiso.v ne subsiste que dans trois sortes : les personnels, les relatifs et les intei-rogatifs.
[Voir aux paragraphes concernant ces sortes, p. '-iio, p. .317 et p. 3()3^.
Nous savons (F. p. 'lïï) que le génitif se forme toujours par la préfixation de la voyelle e et le datif par la préfixation delà voyelle a. Le cocatif est presque toujours le mot retourné (a?iag()"ajnîne du nominatif i.
Avant d'étudier chacune des sortes des Dêsignatifs, il faut rappeler ici t[u'il existe deux mots-cadres faisant l'office de dési'j^na^i/s générau.r, les vocables ea et ae.
Puisque nous venons de voir <pie l'a final est caractéristique d'nnilé
(1) r. pour tous (l('>tails tliéori((ue.s sur les Personacls vi les Possessifs, l'' I.ivr.i: PRKMiKR. p. 3'.?: consulter !•; Tahlemi çjt'ivJral p. ;Uil).
i!ii I.A LANGUE 13LEUK
et l'e final de plaraliti', on comprendra (ju'en cas d'oubli ou d'imprécision dans le désignatif à exprimer, on pourra au besoin employer :
ea pour remplacer tout désignatif avec idée de singulier; ce mot signifiera : un objet ou une personne (ou chose) que je vais désigner ;
»c pour remplacer tout désignatif avec idée de pluriel ; ce mot signifiera : plusieurs personnes ou plusieurs choses que je vais dt'signer.
En outre, comme l'article défini n'existe pas en B» si l'on veut appuyer sur la désignation précise du mot suiA'ant, on pourra se servir d'un mot-cadre, Itt, ([ui a pour signification : « désignation nette et précise ». Ce mot peut remplacer de nombreuses périphrases. Ex. : « voilà bien celui, celle, cette chose ; c'est bien celui, celle, cette chose dont je vais parler; celui, celle, cette chose en question » iV. p. 81).
Place des désignatifs.
Les désignatifs sont toujours placés immédiatement devant le mot <]u'ils veulent « désigner >>, et auquel ils se rapportent.
Les personnels ou relatifs régimes se placent seuls après les verbes.
L'étude de la construction (V. IIP PAUTit;, Syntaxe, p. 30Uj donnera tous exenq)les utiles à ce sujet.
Si plusieurs désignatifs sont nécessaires, le plus intéressant se place le plus près du mot.
Ex.: un d<> mes amis : an niea mik, un mien ami.'
Répétition des désignatifs. — Pour éviter toutes écjuivoques, il est prescrit de répéter tout mot français sous-entendu, compris dans cette classe.
Avantages des désignatifs.
Groupement dans une même classe de mots des idées vagues de rapports, de désignations de toutes sortes.
Aspect spécial à toute cette série de notions.
Réunion de tous les articles, pronoms et adjectifs (1) dans cette cla.sse unique.
(1) Toujours sauf adjectifs numéraux et cjualificatifs.
Les mots de nombre sont trop précis pour subsiste!' dans la faté;,'orie des mots vagues. Qu'y a-t-il de plus précis qu'un nombre?
Les f|ualilicatifs sont également trop p/'cci* pour être compris dans cette première partie du langage; ce sont des attributs l)ien distincts les ims des autres qui éveil- Icnt des idées précises de classification prescpie au même degré qu'un nom.
Les mots : «beau, méchant, gros », évoquent une notion bien déterminée, tout au moins par rapport à l'idée subjective que celui qui parle ou écoute, ou celui qui lit ou écrit, conçoit de la lieauté, de la n'.échanceté, de la grosseur.
LA LAMUE Bl.El E 34r>
Rejet de la variation du genre.
\'ariatioii du nombre exprimée par des sons vocaux différents.
Division rationnelle de cette classe en sortes.
Aspect secondaire de chacune des sortes, aidant encore à la compréhension.
Consonnes caractéristitpies symJjolisaat certaines notions.
Déclinaison presque supprimée, en tous les cas régularisée et très simple.
Enfin, comme avantages généraux :
Brièveté très grande dans leur expression ;
Position bien déterminée 'dans la phrase ;
Possibilité d'exprimer instantanément tout désignatif, grâce à deux mots-cadres destinés à suppléer à des défaillances de mémoire ou à des itrnorances partielles de la Langue Bhnie.
ÉTUDE DES SIX SORTES DE DÉSIGNATIFS I" Sorte. — LES RELATIFS
Définition. — Les relatifs du B >"n\ dt-s motules ayant pour objet d'exprimei' les idées de relation.
Ils com|)rennent les pronoms relatifs des langues vivantes.
Aspect. — Eu outre de leur Aspect général de motules i petits mots i, àf leur Aspect spécial de désignatifs fne contenant <{ue voyelles a et e, ) ces mots ont encore un Aspect caractéristique secondaire, qui est : la [u'ésence de la seule consonne r.
Ce seront donc forcément les vocables énmiiérés plus loin (1).
Significations des Relatifs. — D'après les principes de variations du iVomtire et de la Déclinaisoit, et en nous rappelant que le Genre n'influe pas sur les motules, nous aurons les relatifs simi)les :
ra au singulier et re au pluriel, avec la déclinaison suivante :
Sinf/ulier : Pluriel :
ra. qui, lequi'l, laiiui-llc. re, qui, lesquels, lesquelio-;.
cra, de qui, iiu(iu(.l. de laquelle ère. de qui, "desquels, desquelles
ou par qui, par quel, par quelle). lou par qui, par (fuels, par quelles .
ara, à qui, auqin-l, à laquelle. are, à qui. auxquels, auxquelb-s.
1) Il a été établi que d'après toutes ces règles, ces mots sont véritablement d<s expressions de langue philosophique, chacune de leurs lettres se trouvant forn-mcnt à une place déterminée {V. note. p. 79).
.•lie LA i.A.N»..Li-: i;lkue
Ia\s )nut> IVant^ais : i/, en, oà, dans le sens df rapports dv «vlatioii, -ont «•iraU'nitnt conijjris «lans cctt»' classe et ont l«s lormes suivantes :
Y dans le sens, de « à cela, sur cela », sr traduit par le mot »r.
Kx. : J'y e<jni])te, me koiito ar, je (-oniptc S)n- cria.
Par sa signitication y, étant réiiime, se place a])rès 1«- verbe.
>', advorbc. s.' tradiiil par laq V. p. •-^15). K.\. : J'y suis, iii«^ sero laq.
/•;\. — L<' mot en a quatre sii;nilicatii)us en i'ianrais :
1" Un sens di- (/e7t.'/7/i('/iafto/i de dal<.' ou de lieu; rVst vnio ))roposilioii qui se traduit cirak'nn'ut vn B par une prcpusiliou {V. aux i.'ûuncctifs), soit în, soit iiii.
2" In sons de c/i'siQnation ; c'est un adverbe signitiaiit « <!<■ n-t e>idr<iit » ; il ^<,' traduit alors par radverl)e B doi|. Kx. : J'en viens, me vciiko doi|.
:{• In sens de possession et dans ce cas en est tiaduit en B par le posscsyiij' > \ uu'? autre tournure de phrase. Ex. : En parlant d'une maison : « I,a situation iii >st airn-able » ; on traduira par : « sa situation est aj:rcable •>.
On vt-rra aux possessifs que, par suite de l'exaete dét<M-niination de yenri' <il)teime dans eette sort.', il ne résultera aueuin' eonfusioii df cite tournure.
1" En a yni sens de relation fi siiiuifie « de cela »; s;i place est alors parmi les Relatifs. Il si- tiadiiii;i jiar er.
Kx. : J'en veux, me vilo er, je veux de cela.
Dans ce cas, h- mot en se ]ilace, comme tout r»''iiime, a|)rès le verlx'.
OL . — Ce mot t'X))rime en franeais ou um- idé<' .-Kherbiale de situation ou une- id<'-<- d<- relation.
Adverijc, il signitir l'i.ii e.-l «-ndroit, et se traduira pailai|(r. Adverl)i>s, p. 2ir.i. < Duimi' « idée de ri-lalion ». où a de )iombi-<'Uses aeecjitions. Il |)eut prendre la place des expressions : vers quel, vers le<iuel, par (pu-1. dans (lucl, de quel, r>te. (ou les niênn's loeulions au féminin) ou les mêmes .'xpressions avec lesinots: qui, quoi. Dans ce dernii-i- eas, la véritabl-- iradiieti.iii ;'i .ircelnri- du franeais c>t 'l'où, par où.
I-".nlin. c mot ))eut avoir <'ncore toute une jsérie lU- sens intei-ro;/atiJ's; à quel rinlioitf vers quel emlroilf par quel endroit? de quel endroit? on en trouvera la traduction aux Iiiti^rrogatiCs (\''. )>. :}17).
Om, dans le sens de relation avec toittes ses sii.'-nilieaiious de dire<tion, sera simplement traduit par les mots :
rea, sïl se i-ap|»ort<-' à um: idée avec notion d'iitiité.
rae, s'il se réfère à une idée comprenant notion de j)luralité.
l'xémi)les :
Ex. : l-a maison où j'habite, doiii roîi lirbro. I,es villes d*où j'arrive, situ rac konio.
On ne Irailuira pas les prépositions françaises : « de, par, dans, cers»; le sons du \'.il>c ex]»rimrra siinisamm<nt ces idées dr direction prise par le .sujet.
LA LA.NdLK ULKLK 3^7
D'une maiii«'.iv facullaiivi', on pourra ain>.i traduire les locutions IVanijaisc»: ceis ou de loquol, laciuollo, lesqui-ls, les(iucllos (lorsqu'il y aidée do direction . Exemple : les villes d'oii je viens, iJe lesquelles je rien^ : ««itu om re koiiio mais la traduelioa par rexpressiou rao csi jdus eonii>e.
IV Sorte. — LES INTERROGATIFS-EXCLAMATIFS
Définition. — Le> Intkrhoi.atifs-Exilamatifs sont des DèsiQnatifH qui ont ])Oui- objet d'exiirimer les idées d'iiiterroiiatioii ou d"exclani;ition avec rapport à une notion j)fécis(.'.
Ils oomi)rennent les adjectifs <'t pronoms interrogatii's ou exclamatils de toutes les langues.
On remarquera que, dans })resque tous les idiomes, il n'existe qu'un seul et même vocable potn* exprimer l'interrogation n l'exclamation. \'<nremêine très souvent la relation. \a' to)i doit donner le seus du mot.
Dans une langue internationale, cette confusion ne pouvait subsister, aussi a-t-il fallu créer les mots que nous allons ('-tudier.
Aspect. — En outre de leur asjx'ct général de niotules (petits mots), de leur Aspect spécial de Désiyno.tifs, neconte-nant que les voyelles a ou e, ces mots ont eni^ore un .Ispec^ raractéristiqw sccondait-e qui est : la présence de la seule consonne k dans tous les vocables de cette sorte.
Ce seront donc forcément les vocables énumérés plus loin.
Significations. — D'après les prin<.ùpes de variations du Xombre et de la Déc/ùï'ff'soa, en se ra|»pelant que le Genre n'inilue pas sur les motules, nous aurons les interrogatifs simples :
k.a au singulier et fee au pluriel avec la déclinaison suivante (1) :
SiiiQulier : Plu.i-ie' :
ka, qui'.' quel ? quelle? quoi? l'-qU'/i? I»t'. qui? quels? quelles.' quelles cliolaquelle? ses? lesquels? lesquelles?
cka, de qui? duquel? de laquelle? ekc. de qui? desquels? di'squelles?
ou par qui? jiar quel? par ou par qui? par quels? par les-
quelle? q\ielles?
aka, à qui? auijuel? .-i laquelle? ake, à qui? aux<iuel-.? auxquelles?
Si l'on veut bien admettr*' que Y Eicclcanatif peut être considéré comme le vocatif d'une interrogation; si l'on se souvient de la règle de Déclinaison du vocatif (V. p. 4i), on obtient immédiatement pour les KxcLAMATiFS Ics mots :
ak, qui! ([uell quelle! quoi! ek, qui! quels! quelles!
(1) Remarqu«'r la similitude absolue do cotte déclinaison avec celle des Relatif s, Y. p. :3t.'.).
:m LA LAN»; LE OLEL K
Il ne rcstt" plus qu'à étudier !<- mot oh dans son sons intorrogatif signifiant « tU-, ynv, vers... quel endroit? ».
Bifii iim- C('tt<' signification conipivnuf un st^'n> plutôt adverbial, il v a pourtant à traduire parfois une idée de désignation qui a rapport à une notion précise. Il convient donc de l'exprimer par un désignatif.
Si l'on dit : » Je viens de telles villes », et que l'on réponde : « D'où viens-tu? •' cette interrogation comporte l'idée : « de quelles villes viens-tu?» et doit pouvoir se traduire j>ar un mot rentrant dans la classe des Désignatifs.
On traduira donc facultativement toutes les expressions contenant le mot où par les mots feea ou kae. Ce dernier mot sera ^employé plus i-arement et seulement lorsque l'idée à exprimer comprendra une idée (!<■ pluralitf'-.
Ex. : D'où viens-tu? Te du veiiko kea?
Par où arrives-tu? Te du konio kca?
Où te Irouves-tu? Te du trovo kea?
Les prépositions : •< pf(r, de » n'auront pas besoin d'être .exprimées; le sens ihi Verbe indiquera suffisamment l'idée de direction.
Voici quelques exemples qui montreront la clurté apportée en B p'i'" cette distinction entre la relation, l'interrogation et l'exclamation (1).
Quel homme? Ka uinn?
Quel amour! Ak lovî
Qui vient? Kakonio?
Qui vient! (qui vivel) .\k koinoî
L'homme qui vient. Man ra kouio.
L'hommi' de qui tu parh -.. Man era le spiko.
De qui parles-tu? Te du s|Mko eka?
On remarquera que dans l'interrogation, le mot régime est rejeté aprè^ If verbe, contrairement à l'usage de toutes les langues. Cette règUest imj)0séc pour l'observance du .système de construction unique ilY' Régie-Base).
(1) En ce qui concerne le choix des consonnes caractéristiques pour les deux sortes des Relatifs et des Jiiierrof/atif:-!, je crois avoir adopté celles qui indiquent !<• mieu.x ces notions.
La lettre r me .semble par sa qualité de demi-voyelle plus projn'e que toute autre ù exprimer la « relation » si fréquemment employée.
Quant à l'interrogation, il semble «ju'elle s'ex|)rimc par un son Ac et voyell<dans les langues indo-européennes. Aussi, en b la consonne k a-t-ellc été choi-sle.
Toutefois, il faut remarquer que les races latines ont laissé tomber le c médian ■ t les races anglo-saxonnes le /.■ initial.
On trouve en français : qui, que, quoi; on italien: c/œ (/.cj; en espagnol : quien (l.ien) ; en rus.se : /.co; en allemand ; n er (ver), icie (vi), was (vas) ; en anglais : If ho, ichen, irherc.
LA LANGUE LïLELK SM
Hxciiijde : Quel âse ii^-lu .' — Te du lago kaq?
Traduction tittci'ale : toi — intorroiratioii — es âgé de — coiiibiiii.
D'ailleurs, on sait que l'interrouatioa est toujours exprimée par le uiot -cadre du placé avant le verlie itim, pour rinieiTO(jntton nêyative).
REMARQ L'ES l 'AR TIC ULIÈRES Sur les Relatifs et les Interrogatifs.
A. — Les phrases : Qu'est-ce que; qu'est-ce qui, se traduisent [lar ka et riuleirogation.
Ex. : Qu'est-ce que Dieu? Ka du sero div?
Qu'est-ce que cela? Ka du sero i|a ?
Qu'est-ce qui a iKirlé"? Ka du uspiko?
Z). — La locution que de s'exprime par uu adverbe B signifiant combien, de, le mot kcï|.
Ex. : Que d'honuncs ! Kei| uianu?
Que de femmes I Keif feuiu!
Que d'eau ! Kei| vat î
<'. — Qui, dans le sens de celui, celle qui, au commencement des phrases se traduit par aq ra : dans le sens de ccu.r, celles gui, par aqe re.
Ih — La locution 7<? ne sais quoi se traduit par : « quelque chose ».
K. - La locution de quoi se traduit par son sens complet. Ex. : « Il a de <iU('i écrire », se traduira par : « ce qu'il faut, ce qui est nécessaire pour écrire ». La phi^ase : « Nous avons de quoi », se traduit par : « des choses pour », ou par : « de l'argent. », suivant le sens.
/•'. — Quoi que se traduit par : « quel<iue chose que» kva.
<<. — Si, à l'exemple de ijuelques g-rammairiens, on veut bien considérer les mois relatifs le, la, les comme des personnels, on verra qu'ils se traduisent en B également par les Personnels.
Exemples :
l-ltcs-vous Marie? Je la suis. 'i'raducliun in b : uie .sero la.
Etes-vous les héritiers? Nous les sommes. — ne sero da.
Par contre, le mot le « explétif » ne se traduit pas dans les phrases : Etes-vous marié? Je le suis. ïiaductiim en B : nie sei'o.
Etes-vous maîtresse de ce logis? Je le suis? — me sero.
Etes-vous héritiers du défunt? Nous /e sommes. — «c sero.
//. — Que, pronom relatif, se traduit en B jiar les sens qu'il remplace en français, c'est-à-dire, suivant le sens de la jihrase : Lequel ou laquelle ou lequel (neutre;., la traduction est ra. Lesquels ou lesquelles ou lesquels (^neutre), la traduction est re. Exemples : L'homme que je vois : inan ra nie niiro liomme, lequel, je vois! .
Les honmies c[ue je vois : manu re me uiiro. Da>;s les autres cas, traduire par la conjonction que : ko. à moins que le sens soit tellement clair <|u'il puisse se rendre instantanément par œ de " « qui ou a à qui »; dans ce cas on emploierait les cas de la déclinaison
avec les nombres différents suivant le sens. Exemples : C'est à toi que je parle : qe sero ata ara me spiko.
C'est à vous, messieurs, (juc je parle : ije sero aga. soru. are me si>iko.
LA LANGl'E lil.ELK
IIP Sorte. — LES INDEFINIS.
Définition. — Lfs Indi',i inis ."^lont des inotules dont la propriétr est (le désigner les ]>ersonnes ou les choses d'une manière indéterminée. Ils i-oMiprennent \e< ndjectifs et pronoms indé fini s de'^ langues vivantes; il> sont au nombre de TtO en\ iion.
Aspect. — Ils sont, prest|u<- tous (sauf ^), de la forme ccv.
Par consé((ucnt, suivant la rèale générale ])Our les désignatifs, ces mots auront au singulier la forme cca et au pluriel la forme cce.
Six d'entre eux îles plus usités') ont la forme vc au singulier et au jiluriel vcv, et par suite de la rèiile établie vce. Ce sont :
ab, tel: :uii, !<• la) môme, un im<-) pareille, un (iiiiê) semblable; ap, quelconqui'; as, oertairi, c<>rtaiiie, un certain, une certaine ; at, Imil, toute, toute personne i|ni, louti' c-jiose qui; av. autre, l'autre, un unej autre;
Au<-un indrjini n'a la locnie cv.
La Seule vaiiatiou (|ue ees mr>ts subissent est celle du nombre.
Significations des indéfinis. — On trouvera au Dictionnaire des Munîtes la liste complète de oes mots aussi bien à leur état naturel (pi'à leur forme « pluriel ».
Ceitains indéfinis ne possédant j)as de sens « singulier », d'autres n'ayant aucun sen> « pluriel », les formes de structure identicpie, sauf voyelle finale, ne seront pas usitées en B- (^ • p- ^0.)
K\. : spa, I /ifK un, n'avaut pas dr pluriel, le mot «pe n'existe pas.
fke, plu<ii('i(rs ne possédant ]'as de singuliei', le mot fka n'existe pas.
Un certain nond>re de lortdions françaises, qui remplissent la fonction d'adjectifs ou pronoms iud<'linis, seront ex|)i-imées en B par un si'ul mol, le plus souvent à l'exemple d'une langue vivante.
Ivxemplis : im peu de (etwas, en allemand) en b : ïsa. p.ii d"- ife/v, en anglais) >. : Ha.
(Jn comprendra l'avantage de pouvoir exjuimer de même en B d'une manièi'e concise des locutions aussi longues (jue : ni Viin ni Vautre ou lequel des deu.r, etc.
Des synonymes français sont, au eoutraire, traduits ]>ai' un seul mot en B-
l'',x.'mpl'- : « aueiin. nul, pas un " se dis.-nt uniformément inra.
LA LANGUE lîLElK S'A
Au contraire, <les sens différents coneentn's en IVanrais dans un seul mot sont rendus par plusieurs voi-aldes en B-
Lx.: rhaquCy dans le sens de répartitiuii, se traduit |>nr: spa, chacun.
c/iic/iic, dans le sens de <i toute personne », |iar:.... tl»', ttnU le uionilc.
UEMARQUES SUR LES IXDÉhlMS
ON, L'OX. te mot se traduit, en général, par le mot sla.
Les locutions : rc qu'on, ce que l'on se traduisent par ska.
— : tiiut ce qui, tout ce qu'on se traduiseid jiar . . . mna.
bans le sens de ^ queliprun de précis » on se traduit par le mot
« ijuel(|u"un >i kla.
Dans le cas de « sens iirécis » exprimé ]iar le iuot on. il laiii r' udre « on » par le pronom qu'il r.'présente (\'. jl .'(>S).
QUICONQUE, te mot dans le sens de « quelle que soit la i>ersonne qui », quel que soit le (ou la), ou « qui que ce soil qui » ; ainsi ((ue dans la locution « quchjue (pie » (qui signitie aussi « ipiel que soit le (la) » lors<|u'elle se rapporte à des personnes , se traduit par 1 ■ mot ksa.
Lorsque la notion à exprimer implique une « pluralité », la traduction est Use.
Ajouter le substantif sous-entendu pour indiquer le sexe, lorsqu'il peut y avoir doute dans le sens de la phrase.
QUELQU'UN^. Dans le sens d'indétermination absolue, quelqu'un >ignitie «on » et se traduit i)ar sta.
Au contraire, dans un sens de personne connue, quelqu'un, quelqu'une se traduit au singulier par kla.
et au pluriel « quelques-uns, quelques- inic>i •, i|Uidques-uns (neutre par kle.
SEUL. Lorsque le mot seul n'est pas un « qualificatif », il est
exprimé (également dans la locution « un seul ») par sla.
Lorsqu'il se rapi)orte à plusieurs personnes, il prend la forme. , slo.
AUTRUI, ly AUTRUI, A AUTRUf. tes mots se traduisent pai-. sfa. Le contexte di' la i)lirase indique suffisamment le sens exact d .
CHACUN— CHAQUE. Dans le sens de « toute personne » il faut traduire par le mot B « tout le monde » qui est le mot anglais ; eeeri/one Ile.
C/w'un et chaque avec signification de relation « distribulive » ont pour traduction un mot équivalent à l'anglais eacli of .... spa ;:?).
On emploie le même mot dans la locution commerciali' inro!'recte « tant de francs chaque » ^3 .
Les locutions « toute personne qui, toute c/iosc qui ». se uadui- >ent de même ; leur signification est, eu effet, équivalente .'i cell'lie chacun, chaque.
Cl) On trouve de nombreux exemples de traduction dans la maxime célèbre « Ne fais pas à autrui, ce que tu ne voudrais pas qu'on te fit à toi-mémi'. » J'raduction : Et nu maki sfa, ska te nu vili ku sla maki ai ete
(2) Lx.: Chaque âge a ses plaisirs. 8pa iag tenki sae plesu.
(:f) E.V.: Trois francs cha(|ue. Spa ter franku. t)n peut traduire aussi: Ter franku pro stak. Trois francs jionr la pièce, c'est-à-dire trois francs i ièce.
:S)i LA LANGUE BLELE
PERSONNE peut avoir un sens affirmalif ou ntjiatif.
Avec sens affirniatif, sa signification est « quelqu'un », et sa traduction peut être le mot B « quelqu'un » kla.
Avec sens négatif, sa signification est « aucun, nul », el su ira- <luction i)eut être le mot B '< aucun, nul >' mru.
Néanmoins, on pourra exprimer le mut a personne » ihins les «leux cas par un vocable spécial signifiant : « «jui que ce soit . . . kna.
TEE. '>'(.' traduit aux trois genres, au singulier, par sih (1).
■ 1 au pluriel, par alisv
La locution « un tel » se traduit par « ce monsieur, cette dame, » «-ii-.
La locution « tel que » est adverbiale et estexjirimée par b«M|(2).
Si tel est employé comme un véritable qualificatif, il se rend par les adjectifs « pareil, conqjarable ».
PLUSIEURS. — Ce mot est toujours traduit jiar sko.
11 ne peut être employé comme pronom. C)n ajoutera toujours le sul)stantif sous-entendu.
AUTRE. Ce mot de même que les locutions : l'autre; '<», une
autre, se rend par av {:î).
Autres, les autres, d'autres, ont la forme régulière ]iluriel. • . ave (.1).
L'un, ('o mot se confond avec l'article indofini un an.
Les uns a pour traduction ce même article au iiluriel. ane.
Son emploi et sa déclinaison seront étudiés aux Démonstratifs (V. i>. 318).
S'il veut (lire le «premier» il se traduira ])ar l'ordinal de rang vaneiii.
Er pressions contenant les mots: UN, AUTRE
L'u.N, L'AurnE. Se traduit j)ar mla.
Les uns, les autues. — Par le i)luriel régulier mlc (4).
Lorsque la préposition <pu sépare les deux loeutiuns est contenue dans le verbe elle ne se traduit juis.
Ex.: « Ils médisent l'un de l'autre, se traduirait si la préposition u de » est contenue dans le verbe pai- : » Ils médisent de — l'un l'autre. »
LorsqU'' la jnéposilion n'est ])as contenue dans le verbe, il Caul • •m|)loyer séparément les deux mots: l'un, l'autre.
L'un et i.'autke. — Bien <jue contenant une idée de pluralité, ce mot se traduit, par exception par un vocable terminé en a psa.
Cotte exception est nécessitée i)ar l'existence d'un pluriel de <•!■ sens même :
Les uns et les autkes, qui >'exiirime par !<■ même mot ;ivec finale o psc.
L'un ou i.'auti!E se traduit par un seul vocable fna.
Les uns ou les autues par le pluriel régulier fne.
(1) Ex.: Tel maître, tel serviteur. \h iiiefit, ab sari'. (2; Ex.: Vends-lui l'I (jue. Et .selo bcq asa.
f.3) Ex : Autres temps, autres mœurs ; ave llmii. avo nioru. — Un auti e que moi; av ko nie. — L'autre jour ; av ta(^.
(4) Ex.: .\imez-vous les uns les autres, ep lova mie. 'J"radue-iion : Nous! aimezvous à l'avenir, — les uns les autres.
Ni l'un m L'ALTiir se traduit par un seul vocable , tna
Mi les uns ni les autkes par le pluriel régulier tne.
Ainsi (juedans tous les Desiçjnatifs, le Genre n'est pas exprime, il faudra donc, si l'on viut indiquer le sexe, ajouter un substantif a tous ces vocables.
AL'CVX. Xl'L. PAS i'X. C<>s mots se traduisent à tous les .treiircs par mra.
Le mot Personne dans sa sigiuHcation négative est rendu par le même vocable. (V. p. 3')2.)
Xuii. Ce mot français peut aussi être un qualificatif et se traduit alors par VattriOutif H dérivé du mot « nullité » nal iialed.
Aucuns. D'aucuns. Ces mots du vieux français voulant dire n quelques-uns » sont rendus par cet indéfini kle.
QUELCOXQUE. — Ce mot signifie quel qu'il soit ou quel que. Par conséquent, pour toutes les expressions suivantes (et à tous les genres) :
Quelconque, quel qu'il soit, quel que, le mot b sera .... ap.
Les mêmes sens avec idée de pluriel se traduiront régulièrement par ape.
QUEL. — Ce mut i'ail ])nrtie d'une autre sorte de Désignatifs dans la Lanrjue Bleue. Nous l'avons étudié précédemment :
S'il a un sens interrogatif, il est traduit par les mots ka, ke
S'il a un sens exclamafif, par ces mots retournés ak. ck.
QUELQUE. — Ce mot n'a pas de traduction spéciale en b- Ses sens sont en effet :
1° •< Un ou plusieurs » ialiquis, latim, il se traduit par l'article an (1), s'il s'agit du singulier ou par l'indéfini « plusieurs », ske, si on veut exprimer le pluriel (2 .
2° Un adverbe avec signification de à peu près, environ {circiter, latin . Il se traduit par le modijlcatif. lîn.
3° La locution « si, aussi... que » et sa traduction est littérale (3i.
Quelque que se traduit par : quiconque ksa.
«xlUEL que — quelconque ap.
Qui (iUE CE soit — quiconque ksa.
En cas de négation ce dernier mot signifie : peisonne, aucun J);
.sa traduction est donc mra.
QUOI QUE. — ^'eut dire : quelque chose que et quoique ce soit que. Ces trois locutions sont traduites en b P«''r le mot kva.
Lorsque le sens comporte une idée de pluralité affirmative, « quelques choses que », la traduction est le pluriel régulier . . . kvc.
QUELQUE CHOSE. — Cette locution si utile doit pouvoir être exprimée en un seul « indéfini » comme en anglais; elle se traduit par kra.
Ex. : « Je vois (pielque chose, j- Me iniro kra.
(1) Ex. : a Quelque passion secrète enfanta le calvinisme ;>» traduire : « Une passion secrète, etc. »
(2^ Ex. : « Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes; traduire : « plusieurs crimes, etc. »
'3) Ex. : « Quelque grand poète que soit Delille; «traduire : « si (aussi) grand poète que soit Delille. »
(4' Ex. : « Il ne faut dire du mal de qui que ce soit » ; traduire par : « de personne, d'aucun. »
CERTAIN, UN CERTAIN. — Ces mots se traduisent en b pai' as. Ex. : Certain monsieur. As sor. — Certaine dame. A» dam. — Un certain jour. As tag.
Au pluriel, la forme est régulièrement asc.
MÊME, LE MÊME. — Ce mot est d'une étude plus dilHoile. Il faut dire tout d'abord que l'on trouvera aux Personnels (V. p. 366) une espèce nouvelle appelée personnels emphatiques, qui senent à traduire comme en toutes langues le « gonflement » de la personnalité. Ce seront des vocables spéciaux pour traduire li>s pronoms frani;ais : « moi-même, toi-même», etc. Ces mots auront une physionomie spéciale qui sera la consonne caractéristique de la personne entourée de deux c.
Ex. : Moi-même, cnie.
Ce sens est donc éliminé de l'étude du mot même, puisque la ti'aduction en est faite par les pronoms emphatiques.
Ex. : « Le roi même m'a dit. » Esc reks usago ama. Luimême, le roi... Pareillement dans la phrase : « Les Romains n'ont vaincu les Grecs que par les Grecs mômes, Mêmes ne veut pas dire autre chose que ; « eux-mêmes, » « par les Grecs (-uxmêmcs », cbe.
Il reste donc à traduire les significations suivantes de mkme :
1» MÊME adverbialement employé, pour modifier un verbe ou un qualificatif. .Dans ce sens il veut dire : et même, aussi, sans plus excepter.
C'est le mot etiam, latin; ecen, anglais. En B, il est traduit par volq.
2° Même, adjectif, ayant alors la signification de «pareil, .semblable » se rend e.-^: B par le qualificatif semed.
3» Enfin Même ou plutôt la locution: le même a ce sens de «similitude indéfinie », il veut dire « le semblable..., le pareil » et dans ce cas on le traduit par l'indéfini am.
Et au pluriel, formation régulière anic.
Ex. : La même langue sera parlée. Am lank spikiia.
Les mêmes vertus qui... Ame virtu rc...
De semblables crimes seraient impunis. .4mc krimii...
Il faut noter, vu la création d'un personnel de politesse, que :
Vous-même se traduit par cvo.
Vous-mêmes se traduit par cpc (au pluriel familier).
V0US-.MÊMES se traduit par cgc (au pluriel respectueux).
Soi-mê.me. Comme les pronoms emphatiques seront employés aussi bien au nominatif qu'à l'accusatif, il a fallu créer un mot spécial pour cxpiimer cette idée à la 3" personne où la formation régulière ne peut rendre «juc les mots : lui-même, elle-même., luimême (neutre) : esc, clc, ciic. Cette exception dans la liste des personnels emphatiques se traduit par le mot sma.
De même est une locution adverbiale que l'on trouvera traduite aux morfi^ca^iY* parle mot « pareillement " semo
A même de est un gallicisme que l'on traduira par : « être dans la possibilité de » ou « être capable de », suivant le sens attribué.
De même que est une locution prépositive dont la traduction es inscrite aux Connecti/s.
TOUT. — Les acceptions de ce mot sont assez nombreuses : 1* Tout, substantif, se traduira par un nom, expression de «
totalité » tôt
Employé sans l'article, il peut vouloir dire :
Toutes sortes de personnes ou de choses; dans ce cas sa traduction est il) ftc.
Tout le monde; dans ce cas sa traduction est [2) tic.
2' Tout dans le sens de tout entier est un pur (jualificatir {totus, oninis, latin; ail, anglais; gan^, allemand). Il se formera donc en b Jh mot tôt, totalité, et sera totod.
Ex. : Tu es tout mou esfioir. Te scro niea spes toted.
3" Tout a souvent la signification de choque et se traduira ]iar le mot B> cliaque, chacun spa.
Ex. : Tout citoyen doit servir son pays. Spa lantan eo sarfi
sea lant.
L'expression toute personne qui se traduit de même.
1° Tout est un adverbe signifiant : tout à fait, entièrement ! latin, omnino ; anglais, quite\. Dans ce cas, ce mot se traduira donc par un modijieatif en b toteq
Ex. : Nos vaisseaux sont tout prêts. ;\'ae sifu prasto totei|.
î)' Tou r signifie aussi : « universalité collective », sa traduction est at.
(C'est alors le mot latin, omnes; l'allemand, aile).
Il s'emploie surtout au pluriel dans ce cas et se traduit par . . ate.
Ex. : Un pour tous. Von pro ate.
Tous les hommes sont frères. Ate luanu seri rera.
Nous venons de voir qu'un certain nombre de locutions françaises sont traduites par un seul mot dans la Langue Bleue. Telles sont :
L'un ou l'autre, fna: toutes choses, fte; quelque c/iose que, kva; l'un l'autre, nila; l'un et l'autre, psa; soi-même, snia; tout le monde, tie; ni l'un ni l'autre, tua; ce que, ce qui, ska (3).
Dans la liste des indéfinis du B nous trouverons encore les traductions suivantes en un seul mot de :
Tous DEUX, TOUS LES DEUX (latin, uterque ; anglais, both ; espagnol, amhe; allemand, beide] tve.
Aucun des deu.x pfa.
Les QUAN nrÉs à désigner e.xigent en français de nombreux vocables, tandis que dans presque toutes les langues vivantes un seul mot y suffit. Aussi pour imiter cette concision très justifiée par l'emploi livquent de ces expressions, aurons-nous en B les mots suivants :
Pas, PAS DE [no, anglais ; /lX'i'/î , allemand sna.
Peu de (a:e/i/7/» allemand) fia.
Ux PEU DE [eticas, allemand; a little, so/?!e?, anglais tsa.
Un peu PLUS UE pie.
Plus de \mehr, allemand; more, anglais) • . . . . pre.
Beaucoup de, bien du, iuen des (mue/*, anglais; cit?^ allemand; tre.
Un grand nombre de, la plupart de \many, anglais). ... sre.
(1) Ex. : Tout meurt, fte inorti. Tout casse, tout lasse; fteprcki, ftcstaoki.
c'est ïeveryt/iinr/, anglais.
(2) Voir la devise de la Lamjue Bleue : Deuxième pour tous. Doveiu pro tle, c'est Yecerybodij, anglais.
(3) La traduction des phrases « (ju'est-ce ipii, ({u'est-ce que » sera effectuée en B par l'interrogatif ka.
Ex. : (Qu'est-ce que la Langue Bleue? ka du sero Bolak?
:!ÔC. LA LANGTE BLEUE
Ces gradations (lau> la quaiilitL- seront les suivantes, par Lxonijilc:
Ne tlunnc pas de pain ' siia pan.
Donne peu de pain 1 fia pan.
Donne un peu de pain I tsa pan.
Donne un peu plus de pain „^ . ' plo pan.
Donne plus de pain " pre pan.
Donne beaucoup (bien duj pain ... j Ire pan.
Donne du i>ain en grand nonibi'c, f
(en grande (luantité), sans conipter ... \ src pan.
Enfin le mot :
/{/£A' a le sens de « aucune chose « et se traduit jiar pna.
Ex. : Rica ne m'est plus. Pna sero plii| ania.
Lorsqu'une négation précède le mot i-icn, cette négation esl supprimée. Ex. : « on n'a r\rn à faire « se traduira en b pnr « ou a ri(Mi à faire, w Môme observation à noter pour la locution « ne., jamais. »
Il ne faut pas oublier que c'est surtout dans la sorte des « indéfinis », que l'on fera usage des Désignatifs générau.c ea et ac ; le jircmier, >i le sens est au singulier ; le second, si l'on veut rendre une i)ensée de pluralité.
L'acquisition des Indéfinis du B est, en effet, quel({uo peu difficile ])ar la similitude même des vocables em])loyés et, pour o])vier à cet inconvénient, les désignatifs généraux ea et ae seront certainement d'une grande utilité dans la pratique.
IV Sorte. — LES DEMONSTRATIFS.
Définition. — Les DÉMOxsTKATn-s du B sont des motules ayant iiouiol)jet de déterminer les noms (ou de prendre leur place i en y ajoutant une notion iVindication.
Ils comprennent les articles, les adjectifs et pronoms démonslraiifa des langues vivantes.
Ce groupement est assez logique, car il comprend toutes les nuances d'indication partant de l'imprécision absolue pour aboutir à la désignation précise (1).
(1) En effet, prenons le n<»ni « homme « avec toute la sTic di.>s Dk.monstiîatus. Voici la gradation olitenue :
l'homme, notion indéfinie, idée générale.
un homme quelconque, notion indéfinie, avec oppositiuu ù Tidér de pluralité. cet homme, notion définie, avec idée d<! sélection et indication.
cet homme-ci, ) notion définie, avec idée de sélection s])éciale et indi-
ce! homme-là, \ cation.
l'homme (un tel), notion définie, semblable à la j>récédente, avec dési-
gnation plus précise encore.
LA LANGUE BLEUE :)ôl
Aspect. — En outre de leur Aspect général de motules, ces vocables seront tous des Désignatifs de forme vc commençant par la voyelle a à l'état naturel.
La variation du nombre s'effectue par l'addition de la voyelle e au singulier du mot.
On sait qu'ils ne subissent jamais la variation du genre.
Le nombre de ces mots (i2), très minime, permet de les donner tous ici ;
.1 Té^aé naturel (singulier) : at| , a«l, af. ag , al. an. A Vétat formel (plurieri : aiie, ade, afe, âge, aie, anc.
Signification. — Ces 12 mots suffiront à exprimer tous articles et démonstratifs (adjectifs et pronoms) :
-lu sin<iuUer: Au pluriel:
le mot B : siguilie: h- mot B : signifie:
asi, un, une. aiie, des (sens partitifi.
ad, du, de la, d'un, d'une, ade, des (sens génitifj.
al, au, à la, à un, à une, aie, aux.
aq, ce, cet, cette, celui, celle. ««I«?, ces, ceux, celles.
agr, celui, celle-ci, ceci. ^S^, ceux-ci, celles-ci.
af, celui-là, celle-là, cela. afe, ceux-là, celles-là.
Les sens se rapportant au f/enre neutre (qui existe en B) se rendent par les mêmes mots.
Il n'y a aucune explication à donner au sujet des trois derniers mots (singulier et pluriel) qui sont les traductions de sens connus dans toutes les langues :
ai| est la désignation d'indication sans rapi)ort avec roiatcur et l'écrivain.
ag est la désignation de l'être ou de l'objet le plus rapprochii de l'orateur ou de l'écrivain, jiar oijposition à :
af désignation d'indication de l'être ou de l'objet le plus éloigné du même orateur ou du même érrivain.
Il faut, au contraire, remarquer la suppression dans la Langue Bleue de l'article défini nominatif : le, la, les et également expliquer le groupement ci-dessus effectué des cas génitif et datif des articles dé finis et indéfinis (du et d'un ; au et à un).
Une des fonctions de l'article : la désignation du genre (très utile dans
358 LA LANGUE DLELE
certains mots de nombreuses langues vivantes (l,i i disparaît par suite ilu rétablissement du genre neutre en B, surtout par le classement rationnel en genre suivant l'indication du sexe naturel ou celle de l'ù}sexuation.
La détermination apportée par lartirle défini au nominatif peut donc être contenue dans le mot lui-même à l'exemple de l'anglais (2). dt' l'espagnol et de l'italien.
Même en français, dans nombre de proverbes, l'article est supprimé (3).
La suppression de l'article défini constitue un très grand allégement dans le discours (4).
Si, suivant la définition de Tiiurot : « L'article n'est qu'un sim])le mouvement de lesjirit vers un objet particulier ; il faut admettre, ainsi qu'AppoLLOxius l'avait déjà remarcpié il y a des siècles, que pour cette émission « une connaissance antérieure indépendante est nécessaire ».
Avant d'émettre l'article il faut songer, en effet, à un nom au^jud cet article se rapportera, nom que l'on veut déterminer avec plus ou moins de précision dans la série des notions : le, un, cet, celui-ci, celui-là. (V. note, p. 356.)
La première de cette série de désignations , le mot le, étant la j)lus vague de toutes, peut être supprimée sans inconvénient, dans son sens de détermination imprécise: car il se confond avec le mot un si ce dernier n'est pas pris par distinction de deux (ou autre nombre;, mais bien dans le sens d'opposition au mot « des » (sens partitif).
L'article défini (au nominatifi n'existera pas en B-
Pour exprimer une indication précise, lors(|ue le veut dire « un tel », on emploiera le mot-cadie lu (5i.
(1) En français: le soloil, la lune, io j)ifrrt'; on allemand, la soleil, le lune, Ir pierre, etc. Ces genres masculins ou féminnis altribuant dos sens de personnification à dos notions matérielles sont des vestiges d'atavisme. Ces personnifications datent de temps antérieurs où l'homme polythéiste ■> animait la nature entière »; elles n'ont plus raison d'être aujourd'hui et sont un des obstacles les plus grands à la connaissance des langues.
(2) A noter, pourtant, l'expression métaphorique si curieuse des Anglais, a lo peuple maritime; par excellence », qui donne au mot « vaisseau : ship » le genre féminin.
(3j Ex.: Pauvreté n'est pas vice. Contentement passe richesse.
(4) Harris : « Ceux qui savent le latin ou l'anglais sont à même d'apprécici- tout ce que les langues gagm-nt on clarté et on précision par les seuls avantages de la suppression de l'article. »
(5; Voir page 82 les exemples: voilà l'hommi' en question, qo lu nian. (;'est li résultat d'une ou de plusieurs erreurs. i|o sero ncn of ven or fko mista.
Les Français auront une tendance niarquéf à enii)lo\er trop fiéquoinment le mot lu, par suii<- do l'usage absolu de l'article dans notre langue.
Ce mot (invariable en genre et en nombre) est le « geste oral x» de désignation et remplace les expressions : « celui, celle, ceux en question ; celui, celle, ceux dont il s'agit en ce moment ».
Pour simplifier notre raisonnement, il faut aussi noter maintenant que le mot « un » est traduit en B par le nombre « un, vem » lorsqu'il signifie : « un » et, non « deux... trois ou davantage ».
L'article indéfini : un, une, s'exprimera aux trois genres
au singulier par le mot .... an.
et au pluriel (sens : des) par le mot ane.
an m an. un homme ; an feni, une femme ; an bolni. un arbre; ane manu, des hommes; ane femu, des femmes; ane bolnin, des arbres;
Voici maintenant l'explication de la réunion de chacun des cas génitif et datif dans les deux articles défini et indéfini :
A l'exemple de nombreuses langues, il eut été facile d'employer pour ces manifestations certaines prépositions, telles que en français les mots à et de; mais, en réfléchissant à la fi-équence de ces situations, il m'a paru plus pratique d'adopter des vocables spéciaux pour désigner les deux cas les plus usités : « le génitif et le datif » : la petite déclinaison suivante en résulte.
Génitif singulier : ad. Datif singulier : al.
Génitif pluriel : ade. Datif pluriel : aie.
On constate, en français, un phénomène semblable avec les contractions obtenues dans les mots : du, des, au, aux.
Par contre^ je ne crois j^as qu'il soit nécessaire de créer deux mots pour exprimer l'article défini et l'indéfini à ces cas.
C'est pourquoi les expressions françaises : S'exprimeront en B par :
du, de la, d'un, d'une (singulier) et des (pluriel) ad (singulier;, ade (pluriel),
au, à la, ainsi que: à un, a une, et aux (pluriel; al (singulier), aie (pluriel).
Si on se souvient que un ne renferme pas une notion de numération et qu'il est simplement l'idée au singulier de « des » avec signification j)artitive ou de « quelques », on comprendra que des phrases telles que :
« La fille du roi » (sens de fille de roi et non pas fille de notre roi ou du roi de ce pays), et « la fille d'un roi » sont similaires, de même (|ue « le son du cor » et « le son d'un cor ».
On dira donc en B, indifféremment pour ces deux phrases (en supprimant l'article défini) : feç ad reks et sont ail lorn.
De même dans les phrases « donne au père » et « donne à un pauvre », les articles se traduiront par le seul mot al.
Et sivo al per. — Et @rtvo al pobr.
3rt0 LA LANGUE BLEUE
Le contexte de la phrase indiquera du reste sui'lisamnient s'il s'atiil d'une personne préalablement désignée.
Par suite de la ténuité des nuances à exprimer, ces explications sont l'orcément un peu confuses ; l'usage en montrera les applications dans la pratique.
Place des Démonstratifs. — Il n'y a aucune dit'licultéàcesujet. Les démonstratifs se placent toujours devant le mot (pi'ils déterminent ; pourtant si d'autres dèsùjnatijs intéressent un nom, les démonstrnti j s leur cèdent leur place auprès du nom.
Ex.: un de tes amis, ait tea luik (un tien amii.