V : Voyelle
c : Consonne.
Margueritation : Ai>plioation de la règle de la Marguerite.
Voyelle-Outil ( Le son et signe u qui, dans la Langue lîleue, ne fonctionne pas ou } comme une lettre ordinaire, mais bien comme un outil gram-
Outil ( malical.
Aspect : Mot e.\istant déjà en fiançais, mais qui, dans cet ouvrage, a une
extension de sens importante à se raj)peler : UAaiiect d'un mot n'est pas uniquement le résultat de la sensation éprouvée par la vis-ion de ce mut, mais encore l'impression causée par l'audition de ce même mot.
h'Aspect d'un mot est donc à la fois sa contexturc et sa sonorité,
])ropriétés qui sont égales entre elles dans la Langue Hleue. UAfspect d'un mot veut dire : l'en^iemble des propriétés pliysi- <]Ues de ce mot.
Motules : Mots vagues formant la première catégorie des mots de la Langue
Hleue. Au point de vue de rAs])ect, ce sont des mots courts A'au plus trois lettres, et, s'ils .sont de trois lettres, terminés ]iar une voyelle.
Mots-cadres : Tioisièmc classe des Motules qui exiiriment des idées univer-
rselles; ils encadrent d'autres mots.
Granmots : M(j|s précis formant la deuxième catégorie des mots de la Langue
Hb'ue. Au point de vue de l'Aspect, ce sont des mots longs d'au moins trois lettres et, s'ils sont de trois lettres, terminés l)ar une consoime.
KEMARCjUKS
Les lecteurs qui ne désireraient pas connaître la théorie de la Langue Bleue, mais uni<iuement sa pratique, peuvent commencer la lecture de ce volume au Livre II : L.v Gr.vm-Maire (page )t~l).
A noter les caractères d'impression di/férents. Les caractères gras sont employés jHjur les mots de la Langue lîleui-. Les caractères plus petite pour les notes et citations.
(1) Ceci est l'explication du mot Bolak, imi)rimé sur la couverture de ce livre.
Sur cette môme jiage se trouvent différentes mentions :
Lib. I : signifie que ce livre est le iiremier ouvrage consacré à la Langue Bleue.
N' ... Cette indication sera complétée par un chiffre indiquant le numéro de l'exemplaire po«s;édé jiar chacun des détenteurs de cet ouvrage.
If:. La fleur <t la Marguerite Bleue •>, dans ma pensée, doit devenir l'emblème de la Langue Bleue elle-même et de .ses propagateurs.
Et la devise : Doveni pro tie, dont la traduction est : « La deuxième pour tous », fait comjH-endre que La Langue Bleue n'a aucune i)rétention à l'univcr-salité, qu'elle laisse subsister les langues maternelles; mais que, par contre, elle aspire à devenir la deuxième et même i;Ni<iLK.Mi:NT i,.v okuxikme langue connue par ciiacun.
La Langue Bleue est un idiome artificiel qui a pour but d'offrir un instrument de communication à des peuples différents, afin de leur permettre d'échanger les idées les plus usuelles d'une manière pratique, soit par la parole^ soit par Vêcriture.
Avant d'étudier en détail les avantages incontestables apportés par la Langue Bleue, je veux tout d'abord indiquer le principe de cette création, principe qui constitue un progrès indubitable vers la solution de ce problème du langage international.
Ce progrès consiste dans l'allégement apporté au travail nécessaire de l'acquisition d'un idiome grâce à l'intervention d'une aide tangible : V Aspect physique des mots eux-mêmes.
En effet, dans toutes les autres langues, un mot quelconque ne se distingue d'un autre que par son sens même; dans la Langue Bleue, au contraire, le seul Aspect d\m mot livre une notion première siir son individualité (1).
Et, puisque dans ma création, le son d'un mot évoque toujours une vision adéquate à ce son, — l'orthographe et la prononciation se moulant exactement l'une sur l'autre, — on comprendra, qu'en connaissant fjuelques règles, il sera possible de posséder la faculté absolue de percevoir instantanément la yiature grammaticale d'un vocable quelconque avant même d'en connaître le sens.
Cette divination en deux teinps du sens d'un mot apporte évidemment un grand secours à l'intelligence ; et, en dfl'rant comme échelon matériel de compréhension cette forme extérieure des mots, je n'ai fait que me conformer à la loi directrice de toute force naturelle : la loi du moindre effort (2).
On peut voir que, sur ce point, j'ai adopté le principe des langues pliilosophiques ; mais, soucieux avant tout de créer un idiome pratique,
(1,1 Dans toutes les langues artificiellement créées le même effort a été lente, mais aucune d'entre elles ne donne une classification aussi tangible des mots par l'Aspect.
(2) Brkal : a Les changements phonétiques s'effectuent toujours selon la loi du moindre eJTot-t. »
tout en prenant pour base le système de ces langues, je me suis gardé de les suivre dans leur chimérique programme, qui voudrait donner par la seule forme d'un mot une indication complète du sens de ce mot.
En présence de la confusion où vous jette la traduction d'un mot étranger, le seul résultat que j'ai voulu théoriquement obtenir est un premier dégrossissement de cette difficulté au moyen d'un procédé presque mécanique.
Ce procédé consiste en un classement grammatical tangible des mots par leur forme matérielle.
Dans la Langue Bleue, les mots sont, pour ainsi dire, passés à un crible classilicaieur, avant même que l'esprit cherche à en connaître le sens intrinsèque.
Je dois avouer, avant d'exposer mon travail, que je me suis servi de tous les matériaux qu'il m'a été possible d'utiliser, et que, ce faisant, j'ai dérobé de nombreuses idées à mes devanciers, en les appropriant à mon œuvre.
Il reste maintenant à expliquer la contexture de ce volume.
Il sera divisé en trois livres :
Le premier livre traitera de la Théorie du langage en général et de celle de la Langue Bleue en particulier ;
Le deuxième livre contiendra la Grammaire ;
Le troisième livre se composera delà théorie du Vocabulaire.
Les seules connaissances préalables nécessaires à la compréhension de la Langue Bleue sont au nombre de trois :
1° Savoir compter jusqu'à dix ;
2° Distinguer une voyelle d'une consonne ;
3° Connaître d'une manière superficielle la grammaire de son pays.
On voit que ces notions requises sont minimes !
Avant de commencer cet ouvrage, je demande que l'on en consulte la Préface en ce qui concerne la démonstration de la nécessité ci de la possibilité d'un langage international artificiel.
J'ajouterai que : pour qu'un tel idiome soit la langue étrangère immuable des nations futures, il doit posséder la nature quasi-algébrique attribuée par Renan aux langues sémitiques lorsqu'il les nomme : les langues d'acier.
Tout en se prêtant à tous les besoins auxquels doit répondre un tel instrument, il est nécessaire qu'une langue internationale ne soit pas susceptible de déformation'^ provenant de son usage même.
J'espère avoir obtenu ce résultat capital grâce à l'adoption de certains moules, de certains gaufriers dans lesquels on va voir se couler d'eux-mêmes et sous une forme inaltérable tous les mots de la Langue Bleue.