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LES NOMBRES ET NOMS

^''^ Partie du Discours. — Première ('lasse des (Iranmots.

Ces deux sortes de mots sont réunies pour des raisons pratiques de formation et de dérivation [V. p. 21 de la thkoriei.

Aspect. — Ce sont dt-s vocables d'au moins trois lettres commençant à l'état naturel par une consonne (ou deux) et finissant toujours par une consonne quelconque, sauf : i| et «1.

I'"" .SoWe. — LES AOMBKES (II.

Les xoMiiREs sont la première sorte de la />' partie du Discours et en même temps de la première classe des mots précis du langage.

Défiaition. — Les nombres sont des Granmots ayant pour objet de donner une notion précise de numération générale, ou de numération spéciale d'ordre, de rang, de division, de sorte, de fois.

Ils comprennent les adjectifs nuuK'raux de toutes les langues vivantes.

Ils sont de deux espèces : les eAIîDlXAUX et les OIIDIXAIX.

Le tableau de la page précédente donne toutes iudications: 1" pour former la numération, 2" pour dériver les ordinaux des cardinaux.

Les remarques suivantes peuvent être faites sur ce tableau :

NUMÉRATION. — 1" Les dizaines s'obtiennent par l'addition de la terminaison is aux unités; 2" les centaines se forment en ajoutant le mot cent, mont aux unités; 'l" les milliers, en y ajoutant le mot mille, mel ; 4" les chiffres de 10 à 20 sont établis en préfixant au chiffre de l'unité le mot dix, dis, dont la dernière lettre tombe; o" un nom de nombre se termine chaque fois qu'un des mots : ■iiel. «on, «lis est employé.

(Il Vuir [»our tous détails théoriques i>iu:.Mii:itr. I'auhk, juigcs 110 à 12(1.

LA LAXGUF, BLEUE .3"5

ORDIXALX. — On remarquera aus?i que, poui- donner à certaines expressions plus de précision qu'en français, il y a en B plus d'espèces d'ordinaux. On constatera en même temps les terminaisons absolues affectées à chacune de ces six espèces.

1» Ordinaux de collectivité vague avec terminaison am. Ex. : dizaine, desam.

i" — de rang — cm. Ex. : deuxième, doveni.

8° — de multiplication précise — ip. Ex. : triple, Icrîp.

1" — de division précise — op. Ex. : quaiH, farop.

5» — de nombre de sortes — erl. Ex. : de neuf .sortes, niferl.

(i» — de nombre <le fois — oit. Ex. : cinq fois, kelolt.

On voit donc que les ordinaux sont toujours dérivés des nombres cardinaux d'une manière absolument régulière.

Variations. — Les noms de nombre subissent la seule variation du pluriel et dans deux cas seulement :

1° Comme indication de l'heure (V. p. 120); 2" Lorsqu'ils sont employés substantivement (V. p. IK'i. Cette pluralisation s'elïectue, comme on le sait, par la suffixation de l'outil u au mot.

Place dans la phrase. — Les noms de Xombre se placent toujours devant le nom auqiK-l ils se rapportent.

f- Sorte. — LES xoîis il).

Définition. — Les noms sont la deuxième sorte de la .'f partie du Discours et en même temps de la première classe des Granmots (mots précis I, deuxième catégorie du langage.

Coinme dans toutes les langues, les Noms seront des mots ayant pour objet de désigner toute notion abstraite ou de nommer les personnes, It'S animaux et les choses.

Aspect. — Par suite de la théorie de la formation du B Jéjà étudiée ' V. p. 90 et 200 1, théorie qui va être également exposée à la Un de ce chapitre, les substantifs exprimant les notions les plus usuelles ou les idées les plus simples seront, pour la plupart, des monosyllabes dans la Langue Bleue.

Cette concision est nécessaire pour n'allonger outre mesure ni les autres mots précis de la langue tous dérivés des noms, ni ces noms eux-mêmes déjà exposés à subir, dans leurs modifications de sens, l'addition de terminaisons secondaires.

(1) Voir pour tous détails théoriques première partie, page 127 à 148.

Par conséquent, le vocabulaire de la plus grande partie des Noms sera couli'- dans les moules suivants, d'après les Ktiiles orthographiques et l'alphabet du B déjà connus.

1» : c < . ^ c ;>aur i| et d . Excmjjlcs : iiiaii. dog, lag. lov.

1 c f k"' : ce -. . > c isauf i| el d . Exemples : spo!»». kval. (sir. tlaT.

3" : c ' . / ce sauf lu. nu. i-ii . Exemples ; tant. sikl. vir(. mort.

(ôS

1° : ce ! . > ce sauf li|. mi. ri| . Exemples : ««purl. ki'tiiil. kraft, tuent.

Ces moules suffiront amplement à l'élaboration du dictionnaire, car avec ces quatre formes on pourrait établir déjà plus de 12,000 vocables difïf'-rents du

On verra dans le dictionnaire que, s'il existe quelques noms simples de deux syllabes, ce seront des vocables déjà connus internationalement sous cette forme, et à condition, bien entendu, que la deuxième syllabe soit une terminaison indifférente, c'est-à-dire qu'elle ne fasse pas partie de la liste des terminaisons absolues ou secondaires.

Ex. : un mot tel que mijsrar peut exister, car la finale ar n'a aucune signification en B-

Encore une fois, le nombre des noms simples de deux syllabes sera insignifiant, afin d'éviter le travail de mémoire nécessaire en ce cas pour savoir s'il y a lieu, ou non, d'éliminer la terminaison (2).

Quelques mots seront aussi formés par juxtaposition. Ce seront surtout des vocables concernant les relations de famille, ou des mots dont la première syllabe est constituée par un chiffre (V. p. 140j.

(1) Voici en effet le calcul : sachant que clans l'alphabet B on compte It consonnes simples, 31 consonnes doubles initiales, 59 finales, si l'on remplace ces lettres par (les chiffres, ou obtient (moins les consonnes doubles finales li|. ni|. rq).

!• : 11 X 4 X 1^ = (i~<'- — ^" : 31 / L X 1^ = 1 !««• — •<" 14 /, 1 X 56 = 313(3. — 4» : 31 X 4 X 56 = 6914. — Total = l^^ilO mots.

(2) C'est là justement l'effort surhumain imposé à l'esprit par la formation des mots des lanjrues artificielles composées uniquement j)ar aj^glutination.

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La plupart du temps, lorsqu'on verra un vocable de deux ou plusieurs syllabes commençant par une consonne et Unissant par un<' consonne (sauf ii et tli, ce mot sera un nom avec une terminaison secondaire lui donnant une signification particulière.

Comme on a appris, — par les règles de la lixation des syllabes \V. p. 93 1, — que la première syllabe se termine avant la deuxième A'oyelle du mot, la décomposition se fait alors facilement et le nomsouche est immédiatement retrouvé.

Exemples : S|»îlor. joueur; de spil. jeu, et or, terminaison indiquant « l'acteur ». — Paiiort, boulangerie, de i>an, pain, et or<. terminaison indiquant : « lieu où se trouve ».

Ces indications s'appliquentaux substantifs à l'état naturel; nous allons voir les transformations de l'aspect aux divers états formels. On veria alors ([ue, pour rétablirle nom à son état naturel, il suffira de le « d(''capiter » de sa voyelle initiale en cas de gyaduation i T', p. 91) ou de supprimer l'outil M initial ou final, — parfois initial et final.

Variations. — Par suite d'extensions diverses données à leur sens primitif, les noms peuvent subir des modifications « allongeantes » par l'adjonction de terminaisons secondaires ; ils sont en outre inlluencés dans leur contexture par les trois variations suivantes : genre, nombre, (jraduation. On sait que la iJécUnaison des noms n'existe pas en B-

Rappelons tout d'abord que le genre neutre étant établi en B, l'indication du sexe ou de l'insexuation est, sans exception, contenue dans le sens du mot lui-même.

Genre et nombre. — Les règles de ces variations sont réunies parciqu'elles s'effectuent toutes deux avec l'aide de l'outil u.

L'outil 11 placé avant le nom indique le féminin de ce nom. . L'outil u placé après le nom indique le pluriel de ce nom.

Ex.: H-val, cheval; u.kval, jument.

H.val, cheval; Kvalu. chevaux.

La réunion des deux règles donnent le féminin pliuiel.

Ex.: Uval, cheval; uKvailu, juments.

La règle du pluriel est sans exception; quant au genre, il peut s'exprimer parfois d'autres manières.

1° Lorsque l'indication du féminin provient de l'état de la femme résidtant de la situation sociale de son mari, on ajoute la terminaison in au nom. C'est le féminin de civilisation.

Ex.: Rcks, le roi; reksin, la rciae. Prins, le prince ; prinsin, la princesse.

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'!" Les noms dont le sens rentre dans les désignations familiales ou de relations sociales ont un mot spécial pour exprimer le féminin :

F.X.: P<T. leiiÏTo; uior. la iihtc. — Sor. inoiisiour; main. iiia(lanio( A', p. 13ii

Néanmoins la préfixation tl(> l'u dans ce cas pourrait être admise; si l'on ne connaissait pas, par exemple, le mot « tant, tante » et que le substantif c loiik. oncle » fui connu, on pourrait au besoin dire : iilonk, « oncle-femelle » pour exprimer l'idée de tante.

Un aura remarqué aussi que dans l'expression du nom lui-même, l'idée de » masculinité » n'était pas absolument exprimée.

Ainsi dans le mot kval, cheval, indique l'idée de « cheval » en général. Si l'on veut exprimer l'idée du « mâle de l'espèce », il faut se servir d'un mot cadre, le vocable «tu dont la signification est : le mâle de l'espèce (du mot qui va suivre) (1).

I']x.: Uval, ch<'val; stii kval, étalon. bov. bœuf; stu bov, taureau.

Il a été également constaté que d'autres mots-cadres (F. p. 135, 139j, peuvent influer sur le mot suivant pour indiquer des idées spéciales.

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