VI. — Livres de magie
Les traités de magie ont de tout temps passionné les gens du commun. Charles Nisard en donne plusieurs titres dans ses Livres populaires, tel que Le grand Grimoire ou l'Art de commander aux esprits célestes, aériens, terrestres, infernaux... imprimé sur un manuscrit de 1523 (Paris, 1845), en remarquant avec raison (t. I, p. 129): «Aucun grimoire ne parait avoir été imprimé en français au xvi" siècle ».
Rabelais en fait cependant mention à l'occasion de l'Ile des Papefigues (l. IV, ch. xlv): « En la chapelle entrez et prenens de l'eaue beniste, apperceusmes dedans le benoistier un home vestu d'estoUes, et tout dedans l'eaue caché, comme un canart au plonge, excepté un peu du nez pour respirer. Au tour de luy estoient troys presbtres bien ras et tonsurez, lisans le Grimoyre, et conjurans les Diables ».
Quant à la Claoicula Salomonis (i), autre livret populaire de magie, Rabelais l'a également pratiquée, car il lui a emprunté le nom d'un de ses géants, ancêtres de Pantagruel : Bruslefer, démon qu'on invoque quand on veut se faire aimer (2).