A. — PROVERBES GÉNÉRAUX
Armurier. — Gargantua vouloyt que maille à maille on feist les haubergeons (!. I, ch. xi). — Maille à maille est f ai et le aiibergeon (1. ni, ch. XLii).
Charles Bovelles rend ainsi ce proverSe (1531), fol. 27 r° : « Maille à maille faict on l'haulbergeon, Laminatim lorica fit ». Cf. Comédie des Proverbes (acte I, se. iv): « Petit à petit l'oiseau fait son nid, maiUe à maille fait-on Vhauhergeon ».
Boulanger. — Garjf.;antua en eut un aultre [précepteur]... qui luy leut Hugutio... Et quelques autres de semblable farine, à la lecture desquelz il devint aussi saige quoncques puys ne fourneasmes nous (1. 1, ch. xiv). — Par la response qu'il nous donne, je suys aussi saige que oncques puys ne fourneasmes nous (1. III, ch. xxn).
C'est-à-dire que jamais depuis nous n'enfournâmes (de meilleurs pains). Il s'a^i^it ici d'une double comparaison juxtaposée : devenir aussi sage que jamais, et jamais depuis nous n'avons enfourné de meilleurs p.iins.
Cette locution proverbiale se lit également dans la « Farce de tout ménage », où le fou parle ainsi (Ane. Théâtre, t. II, p. 412):
Ce fut autant de temps perdu.
Mais maintenant suis entendu
En médecine, et d'advantaige ; A ceste heure suis aussi saige Qu'oncques puis ne Journiasmes nous.
— Qui au soir ne laisse levain, ja ne fera au matin lever paste. (1. ni, ch. m).
— Et pour ce que selon... le proverbe commun, A Vinfourner faict on les pains cornue (l. IV, ch. m).
Dicton ancien donné par les Proverbes ruraux (n° 220) : « A l'enforner fait on les pains cornez », et par les Proverbes communs (éd. Langlois, n° 20) : « A l'enfourner fait on les pains cornus » (i).
Nicod en donne cette explication : « Ceste similitude est prise des fourniers, lesquels se gardent tant qu'ils peuvent, mettans le pain dans le four pour cuire, de heurter à chose qui puisse difïormer leur pain estant encore tendre: car, quand il est cuict et endurcy du feu, il ne se peut redresser. Ainsi est il de quelque faute faite dès le commencement d'une affaire, laquelle ne se peut pas après rabiller ».
Drapier — Au bout de l'aulne fault le drap (1. II, ch. xxxiii).
C'est-à-dire à la fin on voit ce qu'il manque ou la mesure est toute juste.
Fondeur. — Les moines de Seuillé tous estonnés comme fondeurs de cloches (1. I, ch. xxvii ). — ... dont il feut plus esionné qu'un fondeur de cloches (1. Il, ch. xxix).
Une fonte manquée peut obliger un fondeur de cloches à refaire sa coulée et la longueur de l'opération peut même le ruiner à plat ; mais on ne s'aperçoit du dommage qu'en brisant le moule. De là la stupeur du ioncieur devant l'insuccès.
Nous lisons ce proverbe chez plusieurs écrivains de l'époque (2).
— Il fut declairé hereticque. Nous les faisons comme de cire (1. I, ch. xix).
(i) Calvin le cite dans un de ses Sermons (t. xxxii, p. i55) : « Quand nous aurons ainsi commencé, poursuyvons : car, comme on dit en proverbe A l'enfourner on fait les pains cornus : et quand les hommes se sont desbauchez une fois, ils ne savent plus tenir nulle mesure ».
(2) Dans Henri Estienne {Apologie, t. II, p. 14) : t Demeura plus estonné qu'un fondeur de cloches ».
Chez du Fail, Discours d'Eutrapel (ch. xiv) : « La meilleure part s'entreregardans par pitié, frotans leur nez, et plus eslonne^, comme dit le Bas Breton, que fondeurs de cloches, jugoient qu'il s'estoit fait invisible ».
Dans la Comédie des Proverbes (acte I, se. iv) : « Nos gens sont e.ytonne:^ comme fondeurs de cloches de nous voir à ceste heure ».
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C'est-à-dire aussi facilement que si c'était cire molle, dont le sculpteur se sert pour ses maquettes. On lit cette expression dans la « Farce de Pathelin » :