‹ La langue de RabelaisChapitre 192 sur 223 · THÉOPHILE FOLENGO · texte numérisé non relu

THÉOPHILE FOLENGO

(A PROPOS DE LA » Tempête »)

Un des épisodes les plus connus des navigations de Pantagruel — celui des moutons de Panurge (ch. vi à viii) — a été inspiré à Rabelais par les Macaronées de Théophile Folengo, dont l'édition définitive remonte à 1530. Notre auteur en a tiré le canevas, -^ur lequel il a broJ.é de brillantes improvisations, comme le dialogue entre Panurge et Dindenault.

On a également prétendu, mais à tort, que l'épisode capital du Quart liore, ia Tempête (ch. xviii à xxii) dérive de la même source, tandis qu'il s'agit d'un lieu commun qu'on rencontre clans toutes les littératures. Dans l'Antiquité, la description qu'en a donnée Virgile est célèbre, et Rabelais s'en est souvenu. Au Moyen Age, rappelons la tempête décrite par Wace et par l'auteur du Roman de Tristan (i) ; plus tard, celle qu'on lit dans une des branches du Roman de Renart (2) et dans le Mystère des Actes des Apôtres (3) de Bourges (1536).

A l'époque de la Renaissance, la description de Folengo, dans ses Macaronées, a fourni quelques traits secondaires, mais seulement quelques traits, à Rabelais. La « Tempête » du Pantagruel se distingue de toutes celles qui l'ont précédée par le réalisme des détails, la vie débordante de l'ensemble et surtout le vocabulaire nautique qui lui donne un relief puissant.

Les rapprochements de détails, qu'on a tenté d'établir pour cet épisode entre Folengo et Rabelais, sont ce qu'il y a de plus superficiel. Tel ce passage (ch. xviii) : « Le pilot... commanda tous estre à l'herte... fit mettre voiles bas, mejane, contremejane... », qu'on rapproche de ces vers des Macaronées, chant XI :

(i) Voy. Jal, Archéologie navale, t. I, p. 192 et suiv.

(2) Cf. Rev. Et., Rab., t. X, p. 891 à SgS.

(3) Ibidem, p. 397.

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