‹ La langue de RabelaisChapitre 205 sur 223 · II. — Géants mythologiques · texte numérisé non relu

II. — Géants mythologiques

La source de Rabelais pour cette partie de la n'.menciature est VOfJicitie ou Encyclopédie (2) de Ravisius Textor (1532), où les noms courants de la mythologie grecque se trouvent associés à des réminiscences d'Hérodote (Aiiacliée), de Pline {Etion, Gabbara, Goliath de Secundille) et à des appellations barbares, telles que Ojfotus et Gemmagoy ^ à qui Ravisius consacre des notices spéciales (p. 143) :

Saxo Grammaticus ait Ojfotum fuisse Cygantem et pastorem, cujus armenta tutabatur canis Biorvonis cujusdam.

Fuit et Gemagog Gygas cubitis duodecim procerus. Architrenius : Cubitis ter quatuor altum Gemagogo Herculea suspendit in aère lucta.

Idem : Gemagog arduitas Corinei fracta lacertis.

Veut-on savoir ce que Porus ou Pore (« contre lequel batailla Alexandre le Grand ») vient faire parmi les géants, c'est à Ravisius qu'il faut s'adresser : « Fuit et Paras rex in India quattuor cubitis et palmo procerus, quem Alex, bello vicit ».

Cet intrus a passé tel quel dans la généalogie de Pantagruel.

Une seule de ces appellations nous arrêtera, les autres étant

(1) Hist. Nat., 1. VU, ch. xvi. Les éditions du xvi« siècle donnent la leçon fautive Etion.

(2) Voy., à ce sujet, un article d'Abel Lefranc dans liev. Et. Rab., t. V, p. 193.

4So APPENDICES

généralement connues : c'est Aranthas, dont Textor se contente de dire : « Aranthas Bebrycius octonis cubitis longus fuisse traditur ». Ce géant de Bébrycie, haut de huit coudées, fut vaincu par un jeune homme Nicéphore, et Arrien de Nicomédie nous a transmis le récit quasi mythique de ce combat (i).

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