‹ La langue de RabelaisChapitre 33 sur 223 · I. — Armure (i · texte numérisé non relu

I. — Armure (i

Le terme harnoys désignait aussi bien les munitions que les armes en général (2), et plus particulièrement l'armure qui protégeait les différentes parties du corps. Les pièces qui étaient destinées à préserver la tête étaient les plus nombreuses ;

Arniet, casque léger adopté dès la fin du Moyen Age (proprement petite arme ou armure). Le terme se lit déjà dans Froissart (t. III, p. 155): « Ce estoit une grant biauté que de veoir les armés (les hiaumes de quoi on s'armoit adont) resplendir au soleil (3) ».

A Varmet était attaché le gorgery ou gorgerin, collerette de mailles destinée à couvrir la gorge.

Capeline, autre nom de casque qui remonte au xv' siècle. Suivant l'Ordonnance royale de 1454 (voy. Gay), un archer bon et suffisant devait être armé de « brigandine, cappeline et gorgery ».

Salade, casque pointu, à couvre-nuque, importé d'Espagne en France sous Charles V. C'est le casque typique du xv" siècle, dont le nom se lit entre autres chez Commyneset Coquillart. Voici la description qu'en donne, en 1446, un traité anonjmie

(i) Voy. A. Maindron, Les armes, Paris, s. d. (Quantin).

(2) Cf. 1. IV, ch. V : « Ce disant [le marchant] desguainnoit son espée. Mais elle tenoit au fourreau. Comme vous sçavez que sur mers tous /iarMo;'5 facilement chargent rouille ».

(3) Henri Estienne et Pasquier confondent Varmet avec le heaume : « Ce que nos anciens appellerent /ze<3«me, on l'appelle sous F'rançois I" armet », affirme Pasquier, Recherches, 1. VIII, ch. m. Chez Brantôme, le terme est synonyme de salade: « Chevaux légers et gendarmes, tous Varmet en teste ou bourguignotte (variante : salades ou bourguignottes) », Œuvres, t. I, p. 45.

du costume militaire (v° armes, dans Gay) : « La tierce armeure et la plus commune et la meilleure à mon semblant est l'armeure de teste qui s'appelle sallades, car elles couvrent tout la pluspart du coul de derrière et toute la temple, Poreille et la plus part de la joue, et davant couvrent le fronc jusques au sourciz ».

A la visière de la salade était adaptée la bavière, pièce en usage dès le xiv' siècle et destinée à préserver le bas du visage.

Passons maintenant aux autres parties du corps:

Brigandiiie, cotte de mailles du xv" siècle, ainsi définie par Nicot : « Armure de fer dont les Origans (i) estoient armés, faite de lames estroites, qui cousent aux courbeures et plieures du corps de l'homme qui en est armé, ce que ne fait le corselet ».

Corselet, armure composée de plaques de métal formant corps de cuirasse. On portait en dessous des pourpoints de peau.

Grefves, grèves, armure destinée à préserver les jambes (1. 111, ch. xxiv) : « Breton estoit guorgiasement armé, mesmement de grefves et solleretz asserez... »

Haubert, cotte de mailles, à capuchon et à manches (xii^ siècle), et liaubergeon^ haubert d'un tissu plus léger, à courtes manches ou même sans manches (xiv' siècle).

Hoguines (1. II, ch. xii), pièce d'arme attachée à la cuirasse.

Jajseran, jaseran, tissu de mailles (xi* siècle). Vieux mot encore donné par Monet (1635) : « Carcan ou Jaseran^ chaîne tissue à annelets, couchés en guise de cotte de mailles ».

Soleret, soulier formé de lames de fer à recouvrement.

Tassette, prolongement de la cuirasse qui couvrait la cuisse, proprement petite bourse {tasse) et appendice en forme de bourse. Texte de 1400 (dans Godefroy).

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