‹ La langue de RabelaisChapitre 8 sur 223 · EXPÉRIENCE DE LA VIE · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE DE LA VIE

Aux souvenirs indigènes, aux emprunts faits à l'Antiquité et à la Renaissance italienne, il faut ajouter, en dehors des éléments imciginatifs, les fruits d'une expérience personnelle, d'une insatiable curiosité, alimentée par de nombreux et perpétuels déplacements. L'œuvre de Rabelais ofïre, comme dans un kaléidoscope, les traces innombrables de ses voyages répétés à travers la France et hors de France. Sa vision sereine, son discernement et son penchant à l'universalité en tirent constamment parti.

Tout l'intéresse dans la nature et dans l'homme.

Ses enquêtes répétées auprès des matelots ponantais et levantins, sa nomenclature ichtyologique, sa terminologie militaire,

(1) Celui-ci, sous sa forme définitive, ne parut qu'en i532. Rabelais n'en prit connaissance qu'après son premier voyage en Italie. Aussi la mention de VOrlando manque-t-elle à l'édition princeps.

(2) Ce jugement rappelle celui de Montaigne, qui place le roman de Rabelais parmi les livres plaisants, c'est-à-dire amusants. Le côté instructif et universellement humain de l'épopée rabelaisienne a complètement échappé à l'auteur des Essais.

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