Méthode
Ces images et comparaisons ont récemment fait l'objet d'un travail spécial (i). C'est un inventaire très copieux, classé sous diverses rubriques, qui tend à embrasser l'ensemble du trésor métaphorique de Gargantua et Pantagruel. L'essai est méritoire et le relevé abondant et commode, mais ce catalogue n'est animé d'aucun sens historique. On n'y démêle ni ce qui est original ou emprunté, ni ce qui revient en propre à Rabelais et ce qu'il a tiré de ses devanciers. En outre, aucun rapprochement des xv-xvi' siècles ne vient donner quelque vie à ces listes interminables (2).
grande lai^e », image que nous rendrions aujourd'hui par « dans les grandes largeurs ».
(i) Pierre de la Juillière, Les Images dans Rabelais, Halle, 1912 (XXXVIP fascicule des Beihefle ^ur Zeitschrift fur romanische Philologie).
(2) Cf. Fritz Heinrich, Ueber den Stil von Guill. de Lorris et Jean de Meung, Marbourg, i885 (XXIX« fasc. des Aiisgaben und Abhandlungen aus dein Gebiete der romanischen Philologie).
Joseph Mensch, Das Tier in der Dichtung Marot's, Leipzig, 1906 (fascicule XXXVI des Munchener Beitr'àge ^ur romanischen und englischen Philologie).
Karl Schwerd, Vergleich, Metapher und Allégorie in den « Tragiques n des Agrippa d'Aubigné, Leipzig, 1909 (fasc, XLIV« du recueil précédemment cité).
E. Degenhardt, Die Metapher bei den Vorlâufern Molière's, Marbourg, 1886 (LXXIP fasc. des Ausgaben und Abhandlungen).
Nous avons pensé qu'ici, comme ailleurs, l'élément chronologique et comparatif devait jouer un rôle capital, qu'il était seul à même de faire ressortir l'originalité et la fécondité de la métaphore chez Rabelais, et que l'examen des sources multiples, où son imagination a puisé, devait nous permettre de constater que son bilan métaphorique diffère essentiellement de celui de ses contemporains et que, pour en trouver le pendant, il faut arriver à la fin du siècle, dans la diction imagée de Montaigne.