Lexicographes
Le Dictionnaire de Cotgrave (161 1) reste la source la plus abondante pour la langue du xvi' siècle et tout particulièrement pour celle de Rabelais. L'auteur anglais a largement tiré parti de ses devanciers français (Thierry, Saint-Liens, Nicot), mais il a augmenté leur apport dans une proportion notable, par des dépouillements personnels : « Sa curiosité, nous dit le Préfacier, a esté grande et exacte à lire toutes sortes de livres vieux et nouveaux, et tous nos dialectes... ». Son recueil est surtout précieux pour les termes qu'il attribue à la Normandie et à la Bretagne, au Poitou et à l'Orléanais.
S^s indications dialectales sont parfois sujettes à caution, et un contrôle rigoureux s'impose, comme pour les acceptions qu'il attribue à nombre de vocables de son vaste recueil (i).
C'est à Ménage que revient ensuite le mérite d'avoir repris, dans son Dictionnaire étymologique (1690), la recherche des mots rabelaisiens dérivant de l'Anjou, du Maine et du Poitou. Cet érudit, Angevin d'origine, séjourna en 1634 à Poitiers, d'où l'importance de ses témoignages encore accrus dans l'édition de 1694.
Dans l'édition définitive de son œuvre (1750), on trouve, à côté de renseignements complémentaires, des notes posthumes de Le Duchat sur certains mots de Rabelais propres à la Lorraine.
Tous ces renseignements ne présentent plus aujourd'hui qu'une valeur rétrospective. Une ère nouvelle fut ouverte, pour l'étude des éléments patois, par la publication au xix* siècle de nombreux glossaires provinciaux, notamment pour l'Anjou, le Poitou et le Bas-i\laine, ainsi que par l'apparition de quelques monographies spéciales touchant notre auteur. Nous examinerons, sous les rubriques correspondantes, la valeur inégale de ces nombreuses contributions.