‹ La langue de RabelaisChapitre 167 sur 218 · Hz en œuvrent comme de cire · texte numérisé non relu

Hz en œuvrent comme de cire

Au xvi" siècle, dans « Les sobres Sotz » (éd. Fournier, p. 429) : « Et moy fen fais comme de cire ».

Et chez Des Periers (nouv. xxiii) : « iMaistre Pierre se fait chausser celle de la jambe droite, qui lui estoit faicte comme un gant ou comme de cire, ou comme vous voudrez, car les botes ne seroyent pas bonnes de cire ».

Forgeron. — Cependant que le fer est chauld, il le fault battre (1. Il, ch. xxxi) (1).

Dicton ancien qu'on lit dans tous les recueils dès le xii^ siècle :

Proverbes de Fraunce (éd. Leroux de Lincy, t. II, p. 477) : « L'en deyt batre le fer tant qe soit chaut ».

Proverbes ruraux (n° 330) : « Kant li fers est chaus, sel doit on batre ».

Au XIV* siècle : « Quant li fers est ch luz, ferir le doit on » (2).

Proverbes communs (éd. Langlois, n" 487) : « On doibt batre le fer tant comme il est chault ».

Mielot le donne à la même époque sous cette forme (n° 28) : « Bâtez le fer quant il est chault » (3).

Notons ces trois variantes du xv® au svie siècle : Dans le Mystère de Saint-Quentin (v. 65o5) :

Lucifer. — Où sont ces puaas larronceaux ?

Sathan et Berich, qu'esse cy ?

Sathan. — Nous vecy deables, nous vecy,

Plus simples que fondeurs de clocques.

Dans le monologue Le Pèlerin passant : « Piteux comme fondeur de cloches » (Fournier, p. 274).

Et dans la moralité Marchebeau (Idem, p. 42): « Confus comme fondeurs de cloches ».

(i) Le jeune Gargantua, au contraire, le « battoit à froid » (1. I, ch. xi).

(2) Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t, XXXIV (iSjS), p. 41.

(3) En littérature, on le lit dans les Cent Nouv. nouv. (nouv. xiii): « L'aultre qui entendoit son latin, plus joyeux que jamais il n'avoit esté, s'advisa de battre le fer tandis qu'il estoit chaut ».

Villon, Ballade des proverbes :

Tant chauffe on le fer qu'il rougist.

Turnèbe, Les Contens (t. VII, p. 140 de l'Ancien Théâtre) : « J'ay appris dès mon jeune aage qu'il ne faut jamais laisser traisner une affaire, mais qu'il faut battre le fer tandis qu'il est chaud ».

Parflmeur. — La finesse, la tricherie, les petiz hanicrochemens sont cache\ soub:[ le pot aux roses (1. II, ch. xii). — En recerchant d'aventure, rencontrasmes un pot aux roses descouvert (1. V, ch. xiv).

Proverbe emprunté à l'industrie du parfumeur : « Il est probable que l'essence de roses était alors l'élément ordinaire des divers mélanges que ce genre de commerce préparait pour la toilette ; par suite, découorir le pot aux roses ^ c'était un acte de haute trahison, c'était livrer aux profanes les secrets et peut être les fourberies du métier » (i).

Les poètes du xv'' siècle s'en servent à propos des secrets ou des intrigues de l'amour (2).

Au xvi** siècle, le sens de notre dicton est ainsi précisé par V Essai de proverbes [v'^ pot) : « Si quelque fait fort caché vient en évidence par adresse ou confession, on dit de celuy qui l'a manifesté : // a descouvert le pot aux roses. On dit aussi qu'il a descouvert le pasté » (3).

Tavernier. — Cestuy là, dist Panurge, est d'un aultre tonneau (1. IV, ch. lu).

— Si le papier de mes schedules beuvoyt aussi bien que je foys, mes créditeurs auroyent bien leur vin (4), quand on viendroit à la formule de exhiber (1. I, ch. v).

(1) Guiffrey, Œuvres de Marot, t. III. p. 33o note.

(2) Charles d'Orléans, cxxiv épigramme :

De tes lèvres les portes closes Penses de saignement garder ; Que dehors n'eschappe Parler, Qui descouvre le pot aux roses.

Quand tu es courcé d'autres choses.

Guillaume Coquillart, après une énumération symbolique de la filcrie, fait ainsi allusion aux intrigues amoureuses, qui finiront par être découvertes (t. I, p. i8(j) :

Quelque vieille va commencer

A filer, qui empoignera

Sa quenouille de : Haut tencer.

Son fuseau de : Tout se dira.

Les estouppcs de : On le sçaura.

Le rouet de : J'ay bec ouvert.

Le vertillon de : On verra

Le pot aux roses découvert.

(3) On le lit dans le ii« Coq à-lâne de Marot (i535) et dans le Moyen d'j parvenir (ch. lxxxiv). Brantôme s'en sert souvent.

(4) Cf. 1, V, ch. xui : « Mais dirent les garsons, n'oubliez le vin des pauvres diables ».

C'est-à-dire, ironiquement, ils auroient bon pourboire, ils seront attrapés, conlondus.

Cette locution proverbiale est fréquente chez Rabelais. Vigneron. — Adieu paniers, vendanges sont faictes (1. 1, ch. xxvii). Dans la a Farce de Pernet » {Ane. Théâtre, t. I, p. 197) :

Mon ami, quant est faict, c'est faict :

On dit au panier, pour dessertes,

Adieu, quant vendanges sont faictes.

— O dives Decretales ! tant par vous est le vin bon bon trouvé. Ce n'est [d'xsx Panurge) pas le pis du ■panier {\. IV, ch. li).

— Souvent cuidans peter, ilz se concilient, dont sont nommez les cuideurs de vendanges (l. I. ch. xxv). — En autonne l'on vendangera, ou devant, ou après : ce m'est tout un, pourveu qu'ayons du piot à suffisance. Les cuide\ (i) seront de saison, car tel cuidera vessir, qui baudement fiantera [Pant. Progn., ch. viii).

Ce proverbe très vulgaire, dont l'origine est clairement indiquée par Rabelais, vise les actions qu'on croit de grande importance et qui entraînent de véritables désastres.

Proverbe commun du xv' siècle qu'un recueil de l'époque accompagne d'un commentaire (2). Gilles Nucérin explique ainsi notre proverbe (15 19) : « Reddit complures vindemia lasta putantes ». Et Gringore le cite dans La Coqueluche (cf. Œuvres,

J'ay assailly en Paris les jaloux

Et les jalouses par voyes aspres, estranges :

Tous les cuideurs ne sont pas en vandanges.

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