Emprunts accessoires
Une autre catégorie de ces termes nautiques isolés peut être rapprochée de ceux que nous venons d'étudier.
Aigneuillot, coquille pour aigueillot, aiguillot (1. IV, ch. xviii): « Je oy V ai g neul Ilot frémir. Est il cassé .^ ». C'est le poitevin aigueiHe, aiguille, dont la forme diminutive et le sens technique n'ont pas survécu. La variante moderne aiguillot est attestée ultérieurement.
Caoeche, sorte de poulie, appelée cap du mouton (1. W ,
ch. XVIII : « guare la caveche »), proprement tête de chevêche (diah caceche), sorte de chouette à grosse tête, appelée chavèche dans le Berrj' (i).
Coursoir, terme dont on ignore le sens précis (2), mais en tout cas différent de coursie (1. IV, ch. lxih : « Rhizotome estoit accropy sus le coursoir »), du poitevin coursoir, cour ou espace libre entourant les habitations (3) (Beauchet-Filleau).
Il est probable que Rabelais a entendu ce terme, comme plusieurs autres, aux ports des Sables-d'Olonne ou de la Rochelle qu'il mentionne iréquemment dans son roman, et qui se trouvaient dans le voisinage de Maillezais, où notre auteur fît des séjours répétés chez son protecteur et ami, l'évêque GeofFroi d'Estissac.
. Le sens spécial (chez Rabelais) du premier et du deuxième de ces termes poitevins n'a pas survécu, mais |leur réalité nautique reste hors de doute, comme celle de tous les termes analogues qu'il avait recueillis aux Sables-d'Olonne dès sa jeunesse et consignés, longtemps avant son « naviguaige», dans son Gargantua.