La langue des femmes
Le succès des Femmes du Monde nous encourage hautement à présenter au public un nouveau volume de nos conférences.
Il nesi pas la suite logique du premier qui devait avoir pour successeur immédiaty promis à nos lectrices , Les Soucis d’une Femme du Monde. Des circonstances locales , indépendantes de notre volonté , en retardent V apparition pour quelques mois encore.
Nous espérons trouver crédit , et faire prendre patience à des solliciteuses empressées , en leur offrant entre temps La Langue des Femmes.
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AVANT-PROPOS
Ce fut le sujet de la cinquième année de nos conférences morales mensuelles aux dames de Chartres. Il a piqué plus d'une fois leur curiosité. Peut-être occupera-t-il presque autaixt les critiques que les pensées de nos lectrices!
Il est de nature , si elles sont sages , à les faire réfléchir sur des imperfections ignoréesy et à leur faire du bien.
Nous y avons mis nous-même quelques malins coups de langue , mais à coup sûr aucune méchanceté. L'intérêt seul des âmes nous a guidé dans nos tableaux.
Ils sembleront chargés à quelques-unes , car ils rassemblent en une seule femme , assez rare sans doute telle que je la dépeins , les défauts épars en beaucoup. Nos lectrices feront ellesmêmes leur part , et elles seront forcées d'avouer que nous ne disons malheureusement rien qui ne soit vécu quelque part.
Si on nous objecte que nombre d'hommes sont tout autant tributaires des péchés de la langue que les femmes , nous n'en disconviendrons pas, bien qu'avec des nuances très diverses que nous n'avions pas à noter ici , puisque nous ne nous adressons pas à eux.
Nous devons avouer aussi que le sujet parfois
AVANT-PROPOS
nous a entraîné dans notre étude plus loin que les fautes de la langue des femmes , jusqu à celles de leur cœur , dont la bouche exprime toujours d'une façon ou de Vautre V abondance.
C'est toute une psychologie féminine , en somme , que nous avons esquissée , en lui donnant un organe.
Nous l'avons prise ordinairement dans un sens péjoratif , c'est-à-dire du côté où elle a besoin de conversion , parce que nous ne sommes pas un académicien , préoccupé surtout de faire des panégyriques, mais un moraliste soucieux d'abord d'améliorer les âmes.
Pourtant la femme idéale , celle qui sait faire de sa langue et de son cœur un usage chrétien , ressort de nos portraits , non seulement par l'opposition des vertus qu'ils appellent , maïs par des traits positifs et précis qu'habituellement nous avons pris soin de tirer , au moins dans une brève conclusion.
Puissent les femmes du monde , auxquelles seules nous parlons dans ces conférences , trouver autant die profit à nous lire que nous avons mis de zèle à écrire pour elles!
Nous ne leur demandons qu'une chose , c'est de nous écouter jusqu'au bout de ces pages , sans
AVANT-PROPOS
colère ni lassitude , avec le désir d'en retirer tout le fruit de conversion qui s'y cache , comme celles qui , à Chartres , furent nos auditrices si sympathiques et si persévérantes.
t Joseph-Marie, Evêque de Châlons--sur-Marne.
Châlons-sur-Marne, le n février igr4,
on la fête de l’Apparition de N.-D. de Lourd et en l ’anniversaire de la prise de possession de notre siège épiscopal.
L'Indiscrétion