NOMS DE PARENTE
Les inscriptions fournissent six principaux termes indiquant la parenté : clan, sekh, puia, thui, naper et un terme placé en désinence, thuras. Le sens de clan et de thuras est connu par de petits bilingues; celui des autres mots se déduit aisément de leur situation dans les inscriptions. Nous joignons à ces vocables celui de lautn, dont le sens, affranchi, est fourni par un bilingue.
Clan, fils; mot de la racine CAL indiquant ce qui croît, ce qui est en tas, en foule ; cf. la sémantique foule-pulluler. Le mot est le même que clan au sens de tribu ; cf. le latin clientela. — Clan paraît encore dans les inscriptions sous les formes densi, clenar, clenarasi.
Sekh, fille. Le sens de ce mot est déterminé par
son emploi dans les textes, où il occupe une situation analogue à celle de clan, mais en adjonction avec des noms féminins. Ce nom, qui se rencontre aussi sous la forme cekha, appartient à la racine SAK, cak, signifiant brillant, chaud : T. jak. sak, allumer le feu ; T. c'ag. et ait. cug, cog, tison, éclair. Cf. pour cette sémantique la racine ki%, signifiant la rougeur, la flamme et la jeune fille.
Puia, épouse. Le sens est fixé notamment par les inscriptions de Tarquinies (Fabretti, Supplément, I, nos437 et 438); dans l'inscription 437, Larthi Einanei est dite puia de Larth Cuclnie, et l'inscription 438 mentionne un Lartiu Cuclnie qui est fils de Larth Cuclnie et de Larthi Einanei ; ces deux personnages sont donc mariés ensemble. Le mot est de la racine boi, BUG, indiquant le lien, l'alliance ; à cette racine se rartache oj, ug, à quoi tient le mot uxor. Le vocable puia se retrouve en grec, avec le préfixe 0 : b^miù, être marié (homme); oxuioTuat, être mariée (femme).
Thui, fils ou fille. Le sens de ce mot est fixé notamment par l'inscription 427 de Fabretti :
Larth Vête Arnthalisa thui Larth Vête. Deux hommes portant le même nom Larth Vête, et distingués seulement l'un de l'autre par le nom maternel Arnthalisa, ne peuvent avoir entre eux qu'un rapport de filiation. Le mot appartient à la racine tuj, branche de TUT, indiquant ce qui est étroitement attaché ensemble. Cf. ulbq.
Naper, neveu, petit-fils, descendant. Mot de la racine nap, nep, forme nasalisée de la racine kep, KAB, indiquant l'amas, la foule, la quantité; même sémantique que clan. Le vocable est voisin du latin nepos; cf. la sémantique nepos-napœa, napœa, désignant le feuillage . Naper existe en persan : napîr, petit-fils, ainsi qu'en turc.
Thuras, descendants de : Velthinathuras , les descendants de Velthina ; Precuthurasi, les descendants de Precus. Quoique employé comme suffixe, ce terme est apparemment un mot de la racine TUR, qui indique la production, la génération : ait. et jak. torol, race.
Lautn, Lautni, libertus, affranchi, serviteur, dépendant de... Le sens est donné par des petits bilingues (Gamurrini, appendice, nos 559 et 719).
Mot de la racine JAT, lat, indiquant la faiblesse, la dépendance; cf. notre ancien mot leude, l'allemand leute, l'anglais lad. — Il est à remarquer que ce terme qui revient fort souvent dans les inscriptions funéraires, et qui paraît comme qualificatif des familles les plus riches, sur les tombes les plus magnifiques, ne doit vraisemblablement pas être pris toujours au propre ; nous verrons qu'il a une signification figurée et un emploi religieux.