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NOMS COMMUNS

Fier, fleres. Ce nom, qui se rencontre dans plusieurs inscriptions portées par des objets d'art, paraît isolément dans le dessin d'un miroir où il

désigne une idole. Il appartient à la racine BEL, bal, qui signifie trancher, tailler, et secondairement beauté, éclat. Il désigne les œuvres d'art; on le trouve en grec sous les* deux formes <paXapa, ornements en métal brillants et polis, et fiéXk&poç (V. BellérophonJ.

Fle^rUy nom écrit derrière une statue de Minerve ; ce n'est qu'un équivalent de Fier es avec métathèse à la finale. Le sens est : la belle.

Tinskvil, mot écrit sur plusieurs des objets les plus importants de l'art étrusque : le lampadaire de Cortone, la Chimère de Florence, le griffon de Leyde et les bases de Cortone. Sur ces trois dernières pièces, il paraît isolément. Ce mot est de la racine in, inc (V. JING) et signifie beau, objet d'art, merveille. Dans la forme T. oriental in%ke, fin, beau, on remarque le même groupement de lettres que dans le corps du mot étrusque : . . inskv . . .

Suthi, Suthlna; le mot Suthi paraît fréquemment dans des inscriptions funéraires, et il désigne le tombeau; le mot suthina se rencontre isolément sur des offrandes funéraires, des objets précieux

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déposés dans la tombe; nous le retrouverons sous la forme tuthines dans l'inscription de l'Orateur. Suthi appartient à la racine TUT, qui signifie ce qui retient, ce qui garde, et donne par suite l'idée dechose sacrée et celle de tombe. Cf. le latin in tuto. — Suthina fait fonction d'adjectif relatif et désigne ce qui est affecté au tombeau.

Hinthial', nom de personnages morts apparaissant dans les dessins; par exemple le spectre de Patrocle ou celui de Tirésias portent les mentions : hinthial patrukles ; hinthial terasias. Ce mot est de la racine inc, JING, signifiant une chose fine, légère, ici l'ombre, le corps subtil. Il existe en grec muni de la désinence m : ïv8aÀy.a, l'apparence, l'image.

Thuins . Ce mot est inscrit sur une sorte de rectangle dessiné en arrière de la composition, dans le miroir qui représente la construction du cheval de Troie. Le rectangle doit représenter soit une tour, soit une porte, symbolisant la ville de Troie. Le mot, de la racine Thun, TONG signifie : la forteresse, ce qui est entouré. Pour la sémantique ville — enceinte, cf. Villa à la racine il, et Ilion, article Elias.

Zipnà, mot inscrit sur un miroir ; la racine est sip, SEV, idée de chose polie.

Turuce. Ce mot paraît dans des inscriptions dédicatoires, seul avec des noms propres, et exprime l'idée du don. Il appartient à la racine TUR, ayant les sens de produire, présenter, et il correspond au grec Swpcv, don.

Kana. Ce mot suit le démonstratif mi dans de brèves inscriptions dédicatoires; par exemple sur unestatue de femme :mi kanaN. . ; sur une coupe mi kana, seul. Sur ce premier type d'inscriptions, il désigne la statue ; sur le second, il doit plutôt se rapporter à la personne à qui l'offrande s'adresse. Dans les deux cas, il a le sens de beau, inclus dans la racine KUN, kan; il exprime ou la beauté de l'objet d'art, ou celle de la personne : « Ceci [est] la belle statue d'une telle ; — ceci [est à ma] belle. »

AMI; mot qui paraît isolément à la suite d'un nom propre sur des objets funéraires. Il peut désigner soit l'idée de l'offrande, soit un qualificatif de la personne. Ce second sens est apparemment le vrai, et le mot doit être classé dans la racine AK, avec le sens de haut ou noble.

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LES NOMS DE NOMBRE DE I A é.

Les noms des six premiers nombres se trouvent inscrits sur les six faces des dés de Toscanella, et répartis ainsi qu'il suit :

sa à l'opposé de ci Xfd » makh

huth » thu.

D'après l'usage des anciens, les nombres sur les dés à jouer n'étaient répartis que de deux manières : ou bien i était opposé à 6, 3 à 4, 2 à 5 ; ou bien 1 était vis-à-vis de 2, 3 vis-à-vis de 4, et 5 vis-à-vis deé.

Les six noms de nombres fournis par ce document doivent donc satisfaire à ces deux conditions : de représenter ensemble les six premiers nombres, et d'être disposés de l'une des deux manières que nous venous d'indiquer. Nous trouvons qu'ils sont arrangés selon la seconde manière.

Il y a trois de ces noms dont le sens est évident : ci, huth et sa ; les trois autres peuvent être

aisément interprétés au moyen de la sémantique.

Ci est le turc iki, deux ; kirghiz, eki, ostiak ki, même sens. Rac. eg (V. EV), idée de duplicature.

Huth est le turc uc, trois; rac. ot (V. BUT), bois; la sémantique est celle de tresse ; cf. trestresse.

Sa est le turc a%, peu ; rac. KAS, as, idée de paucité, de pointe, puis d'unité. Cf. le latin as; ce mot est employé aussi en français dans le sens de un.

Thu se présente dans d'autres inscriptions sous les formes thun%, thunem, thunesi. Il appartient à la racine thun, indiquant ce qui entoure, l'enceinte, le fort, le carré. En numération le sens résultant est quatre. Turc or. deunum, un arpent, mesure de cent pieds carrés. Cette racine se retrouve en mongol, où elle fournit des mots ayant le sens de quatre : dunan, de quatre ans.

Makh se présente aussi sous la forme masu. La racine est MAG ou BAG, sens de beaucoup, de masse. T. c'ag. bek> beaucoup ; en mongol on a la forme masi, beaucoup. L'idée est celle de poignée, la quantité que contient la main, et correspond en

numération au chiffre cinq. Pour la sémantique cinq-poing, cf, xévxs — pugnus.

Zal paraît aussi avec un e prosthétique : esal. Ce mot appartient à la racine soi ou TAL, idée de socle, de support, de siège. L'application de cette idée aux formes géométriques donne le sens de cube ; talus, dé, os cubique. Le mot talus peut être l'étrusque %al. L'idée arithmétique correspondante est six, à cause des six faces du cube. Pour la sémantique siège-cube, cf. cubare — xugoç.

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