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CHAPITRE III

L'inscription de l'Orateur. — Inscriptions diverses. — Le Lampadaire de Cortone. — La coupe de Vétulonie. — Une inscription anormale.

Les inscriptions dédicatoires étrusques, gravées sur des statues, des statuettes, des lampes, des vases et autres objets d'art, sont très courtes. Elles ne peuvent contenir, en dehors du nom du donataire et de celui du donateur, que des termes désignant l'objet offert ou relatifs aux circonstances du don.

Nous étudierons quelques-unes de ces inscriptions, qui sont d'ailleurs en petit nombre.

l'inscription de l'orateur Elle est gravée sur la célèbre statue de Florence

qui représente un homme faisant le geste de haranguer.

Aulesi, metelis. ve. vesial. clensi

Cen. fleres. tece. sansl. tenine

lutines, yisulics

La première ligne est le nom du personnage.

La troisième comprend le nom tuQines, variante de suQina, qui signifie offrande funéraire. Près du mot lutines est un qualificatif : yisulics. Ce vocable appartient à la racine KIZ, ku%, et signifie beau. Cf. le T. or. ku%el, beau, et le nom de Cypsélos, type de la beauté chez l'enfant. Le mot yisulid est terminé par un suffixe ic, qui peut jouer en ce cas le rôle de suffixe du superlatif ; la finale ki ou gui a cet emploi en mongol.

La seconde ligne de l'inscription commence par deux mots qui signifient « cette statue » : cen fleres. Elle exprime évidemment une dédicace. Le dieu à qui l'œuvre est dédiée est tenine, qualifié de sansl; la désinence si indiquant que ce dernier mot doit être l'adjectif. Tenine est une forme du nom divin Tina, Ten ; sansl appartient à la racine san, sajn, (V. TEN, tang) qui rend l'idée de penser, d'esti-

mer, de faire attention; ce vocable correspond à l'italien san, saint, et qualifie le dieu comme protecteur.

Près du mot qui désigne la statue, fleres, est l'épithète tece, mot de la racine jak, SAK, qui signifie beau, bon, brillant.

L'ensemble de l'inscription doit se lire ainsi :

« A Aulus Metellus fils de Ve. par Vesi ; cette statue précieuse [dédiéej au saint Ten ; très belle offrande. »

On remarquera que cette formule rappelle celle d'inscriptions qu'Hérodote dit avoir vues à Thèbes sur des trépieds offerts à Apollon Isménien : {Hérodote, V, Go, éi) « N. (le nom), à Apollon (puis une épithète), a sacré ce trépied ; pour toi très belle offrande. ».

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